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graines de paroles

Photo de demoiselumbrella

demoiselumbrella

Description :

Vous êtes ici sur la parcelle d'un Moi, celui de mon Autre, celui que personne ne voit mais tout le monde ressent.

Je voulais mettre à la disposition du monde ce que j'écris dans le but d'avoir des retours sur mon travail... Honnêtement, je crois pas que ce soit un journal intime mais plutôt des paroles qui sont sorties de mon personnage, de cette mystérieuse demoiselle Umbrella cet autre qui souffre qui se fait souffrir qui hurle même parfois de trop se taire...
Apprivoisez juste ces Graines de Paroles qui sont venus à moi pour faire avancer mes lecteur et avant tout, moi-même, pour avancer dans cette vie, car l'écriture est quelque chose innée chez moi et je souhaite, bien que rongée par la peur de décevoir, partager mes mots...

Umbrella.

Deux autres Blogs réalisés par ma personne sont disponibles, ils offrent d'autres horizons de moi...
-http://spaces.msn.com/members/demoiselleumbrella/
-http://eoliaumbrella.skyblog.com/

Bon Voyage.

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  • Création : 06/04/2005 à 10:29
  • Mise à jour : 27/07/2007 à 15:29
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Ses archives (17)

  • des nouvelles de mes mots
    Pardon de vous avoir abandonné d'avoir...
  • Janvier, amour qui endort et émulsionne
  • Décembre, poupée de verre et glissades ébouriffantes
  • Novembre, le vice de la rechute...

» Suite

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des nouvelles de mes mots

Pardon de vous avoir abandonné d'avoir abandonné les mots, mais parfois la vie nous abandonne aussi et l'émotion est trop forte pour la transmettre à autrui...
Je n'ai pas cessé d'écrire, seulement je me suis modérée, ils se sont dispersés, égrainés...
En attendant que je vous transmette les lisibles, les offrables au monde... Nourrissez-vous du temps et des jours qui nous mange lentement...

Merci pour votre fidélité...

Umbrella .
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#Posté le vendredi 27 juillet 2007 15:34

Janvier, amour qui endort et émulsionne

Je suis une boule de crème qui déborde. Je suis chantilly et Paris, je suis le retour dans la ville qui doit me faire rencontrer le rêve d'une séduction qui ne doit jamais se finir. À l'Aube de mes sentiments je parcoure une Terre encore recouverte d'un magma de verre... Se couler dans le fond d'un trou noir soulever d'éclosions étranges. J'ai envie de manger une étoile couleur crème fouettée... S'acheminer dans le restant d'un monde que l'on ne connaît pas encore. Avoir des battons dans les roues que l'on s'inflige soit même, croustillant qui irrite et en même temps, piquant qui écorche une proximité qui nous est du. Dinosaure à l'accent et au rythme sympathique que l'on a acquis dans nos habitudes, s'accommoder d'un poids qui n'a jamais gêné jusque là...
Se retourner vers quelque chose qui vise à la réussite. Se devoir à soi-même de ne pas échouer cette année. Mais ne pas se donner les moyens, se haïr de ne pas se respecter à ce point, de trop s'interroger, et ne pas penser que les voies toutes tracées ont le bonheur de ne pas être difficile si on arrive à s'en convaincre !
Je veux poursuivre, mais avant tout écrire des livres. Je veux devenir une femme à livre bien que mon talent de jongle avec les mots et surtout mon imagination en matière d'histoire soit si peu probant, ne pas s'illusionner, redescendre sur la Terre de l'avenir, ne jamais penser que les mots seront un jour un gagne-pain, chute du Niagara à la clef...
Dans le sourire de la Joconde il y a le mystère mélangé à la positive négativité du temps... Je suis le souvenir qui guette les arpèges d'un silence pré-modeler. Je veux colorer des paysages déjà fushia d'exister. « J'ai envie. », déjà moteur de créativité, ensuite l'imagination détournera les barrière et le vent terminera en douceur le travail soulevant avec effort ce corps pour qu'il termine la route... L'Aube vagabonde en moi, elle est l'apesanteur qui manquait à ma vie, elle est cette pensée qui complémente ce corps. Je suis le néant des souffles qui endorment. J'ai envie de tout éclairer de cette Aube, mais la fusion de nos deux chemins est-il pas dangereux dans une surélévation des doses que nous avons envie de nous prescrire, j'ai envie qu'elle ait accès à ces mots si tel est son désir de me connaître mais en même temps doit-elle suivre mes évolutions, mes questionnements avec une telle intimité, l'envie n'est-elle pas dangereuse ?... L'envie n'enlèverait-elle pas quelque chose à mes secrets intérieurs ?
Déposer des mots sur tout, est-ce trop dur pour ma voix ? C'est pourtant si facile pour mes doigts... J'ai envie de déguiser mon corps pour qu'elle l'adore... Je sais que ce corps est la prison de tant de sensations, ne pas se laisser détourner par mes visées comme dit l'Amérique...
S'ouvrir dans le néant d'un avenir qu'on veut construit de romantisme enrubanné dans une douceur enivrante vouloir s'adonner au jeu de l'amour et du hasard...
Je repense à ses mots que j'ai déposé avec douceur, rictus sur le papier... cette histoire d'horloge blotti au creux d'une femme... Cela me donne envie de devenir « Dicteuse de Temps »...
L'aube est proche, je vais sommeiller dans une expectative en attendant de retrouver ma lumière, celle qui va me confier sa douceur...




-3 janvier 2006-



Gloutonnerie de la vie. Se mouvoir dans un espace, dans un ventre. Ne pas travailler, ne pas avoir des remords visibles mais les sentir vous transpercer le foie. Se déplacer, attendre qu'elle arrive, cette Aube qui se prépare à surgir. Se laisser aller en attendant la pluie, les rires, les petits clapotis de la vie. Sourire, en attendant de se dévêtir enfin, pour montrer de soi ce qu'on aime le plus, même si ce sera dur de choisir quelle partie mérite plus de regard qu'une autre. Je suis Dieu et vous ?
Silence dans le sourire de Madame Joconde qui se fige là-bas au loin... Souvenir goût acre dans la bouche. Sang. Se tordre de silence trop lentement absorber. Trouver un objet qui lui correspond. Qui correspond à l'Amérique. Je suis pour lui un morceau de France, il est pour moi un morceau d'ailleurs, de douceur, de splendeur, quelque chose d'unique qui respire à l'autre bout de l'univers et que j'entends malgré moi dans mon monde si clos de ne pas comprendre ce détachement qui doit se faire en moi. Mes yeux ne s'embuent plus à l'idée qu'il m'a quitté, les yeux se remettent si vite des choses qu'il faudrait les frapper, les exploser avec mépris pour cela. Se souvenir de rien, de tout, de pendant, de pourquoi, de maintenant aussi...
S'apprivoiser, se mutiler, chose indécise qui survient parfois malgré le Moi qui lutte sans cesse pour ne jamais tomber dans une non reconnaissance de certaine souffrance inédite en moi. Pas de réponse, les jeux s'emmêlent, j'ai envie de sourire.
En attendant l'Aube il fait froid, aucune neige ne nous a réuni dans un Paris si entortillé qu'il nous aurait gâché la fête ? Peut-être...
Paris, La vie. Nantes, Ma vie. Souvenir d'outre tombe. Se départager d'exister dans un titillement de rire, de justesse, d'allégresse... se démantibuler d'aimer.
En attendant le temps qui passe éternellement et moi, qui je gis dedans, nous parcourons nos mémoires qui scintillent dans le souffle d'un vent pas assez glacé pour l'univers de la Terre.
Miaulement de frissonnement, j'ai envie d'entrer en moi, de faire sortir le plaisir de ma chair endormie, alors je déambule dans les bulles de mes entrailles, je déguste mes sécrétions sentimentales, et mes soupirs immémoriales. Délicatesse entre mes jambes qui se déchaînent dans le vide d'un silence trop plein de cris lentement abandonné sans absolution possible...
Je ne comprends pas mes mots, et les votre sont-ils beaux ?
Racontez-moi des histoires que je ne fasse jamais semblant de croire, que je les vive simplement. Écrire des livres c'est aimer. Aimer le noir et le blanc, aimer le crissement de ses doigts sous la plume ou le clavier... s'accoutumer à soi-même, aux autres, au délice d'outre-mer...
Nager à l'envers, se redresser vers la Terre, et saliver sur l'Univers qui défèque sa mère dans un gloussement planétaire, j'insurger de ses vers...
Pas de mérite à écrire dans un automatisme dégueulasse, qui vomit des absurdités. Écrire c'est penser, faire ce que je fais c'est se détester, ne pas se respecter. Écrire c'est donner une vision esthétique de part des mots choisit dans un instant plein d'une poésie marquée de ressentis. Je ne veux pas être abjection, je veux juste être MOTS. Je veux aimer mes mots car ils sont Moi, dans une homosexualité déclarée, je veux me comprendre et que mes mots, et moi-même nous fassions l'amour dans un élan de beauté dévoilé dans un instant mélancoliquement violent. Je veux que des corps comme le mien dispersent en moi la justesse qui éclos dans le jour des anniversaires perdus. Je veux le silence et ta voix, madame la neige, longuement désirée. Se toucher, s'enflammer...





-4 janvier 2006-




Avoir le c½ur au bord de mes lèvres, gouffre béant où se confond le souffle et le néant. Des mots beaux. Se détacher de soi pour devenir un peu plus ceux qui nous considère, mais rester ces mots qui font de votre personne une chose unique pleines d'aspérités, de silences, de méfiances, et en même temps, un être plein de souvenirs, de soupirs, de mélancolies, de joies, de demains. Sentir que après tout cela il y a aussi la vie. Se laisser transporter par la maladie. Avoir envie de vomir son âme pour lire enfin l'avenir en elle. Mais où aller, répond moi, toi qui est moi. Je suis dans un flou perdu entre la chaleur torride d'une envie de mon homologue, de mon autre, et glacée par le chemin sans retour que m'offre les jours qui passent et que je savoure sans penser que je me trompe éperdument de route. S'effondrer et assumer.
J'ai des frissons qui désarticulent ma voix, qui font de ce corps, un état grippal, qui font de ce corps un Rien au silence mortifère. J'ai envie d'elle. J'ai envie de la sentir, de replonger dans ses mots dénudés, dans ses yeux, dans son soupir. J'ai envie... Et refaire le monde c'est pour quand ? Je suis une ride aux petites ridules, ridicule...
Feuilles multicolores de mon esprit, entortillez-vous le long de mon corps... écrire pour une âme-frère, pour un autre que l'on aime, pour un père, pour une mère, écrire au nom de sentiments plus puissant que vous-même. « C'est beau, je ne sais même pas quoi dire... »
Peut-être que là est la clef de mes phrases s'enroulant sur elle-même, il faut que je les écrive pour autre que moi-même. L'égoïsme de ma plume me pousse à ne pas faire attention à la justesse de mes mots, mais quoi de plus beau que d'écrire pour se séduire soi ? Pour apprendre à s'aimer ? Tu me manques, toi petite chose blotti au creux de mon c½ur qui durant si longtemps à fait de moi une Umbrella. C'était pour Toi, pour te faire vivre que j'ai tracé tant de cercles sur des claviers déchaînés... J'ai envie parfois que tu sois une autre, que je t'épouse au creux du vent, mais tu es moi... Ne devrais-je pas te créer une histoire hors du temps, quelque chose de beau ? Quelque chose mêlant la féerie à la cruauté du monde, quelque chose sublimant ta présence, permettant que tu vives dans l'éternelle... Que tu sois un renouveau ?
Écrire, destinée, seule destinée que je me sois réellement prescrite pour survivre... S'abîmer dans des quêtes qui ne sont pas les nôtres... ne pas s'écouter au point de se détruire. Tu sais que tu n'es pas une artiste et tu souffres car dans ton esprit, l'art c'est un peu Dieu. Car Dieu est la métaphore de la création et la création, c'est l'Art, la Culture, c'est Dieu, c'est l'Homme dans toute sa beauté, dans toute sa sublimation...
Se laisser transporter par les frissons de l'existence. J'ai envie de partir dans un souffle de vie, exaltation. Nourris-moi de la merde du monde pour que j'en fasse, si je me l'accorde, quelque chose de différent, un arbre de vie, quelque chose qui n'aura plus cette fonction de putréfaction immensément repoussante et à la fois qui attire car nous sommes des êtres de changement... S'accoutumer du Rien...
J'abandonne. Fermer les yeux, voir le silence.

Et puis c'est reparti...
La maladie me rend morne. J'ai le regard, si ouvert à l'habitude, qui se perd dans une vague d mélancolie profonde. Je pense à Umbrella et me questionne sur son retour. Elle est moi, elle est l'entité impossible à faire mourir, héroïne au sang rose, héroïne parapluie, fée qui souffre, fée qui crée, fée/fait qui a un devenir... Comment faire d'elle quelque chose qu'elle est déjà, un être vivant... C'est dans le questionnement que se construit le roman... Alors peut-être qu'Umbrella est cette problématique existentielle qui puise ses forces dans le délice de mes larmes sucrées... S'aventurer...
Avoir le regard vide, ne pas attirer l'attention car n'être rien, se confondre dans son siège, se confondre dans l'espace. Vomir de ce déni d'exister. Aimer que le regard d'autrui vous rappel votre importance aux yeux de vous-même.
Umbrella a une existence puisqu'elle souffre, qu'elle laisse glisser sur son corps la pluie turquoisée. Peu à peu recommencer à vivre, s'éveiller... Aller la retrouver, ouvrir mon ombrelle sur la voie su « bizarre ». Citronnade, limonade, retrouver de la joie, une miette de sourire grâce à ce qui me fait vivre, VOUS ! Vous, « ma plus belle histoire d'amour », mes Mots. Éternelle métaphore qui font de moi un ½il luisant de pleurs, mais également de bonheur. Votre justesse fait de moi une chose fleurit de fantasme, de miracle. Création sous un soleil artificiel qui massacre ce poignet imprégné du sang qu'il déverse sur ces pages blanches. Rouge sur blanc, l'amour, fin'amor, mon amour...
Violence en ces geste. Je veux devenir ce que je veux, une fée, un ange, n'importe quoi, SURTOUT N'IMPORTE QUOI !
Ne plus être malade. Les mots ma guérison, encore une fois ! Vieillesse inachevée dans ses paroles sublimées par l'Art et la désapprobation...
L'Art mon interdit, moteur de ma reconstruction...




-7 janvier 2006-


Après avoir achevé l'envolé pour les États-Unis, je délibère en moi sur le pourquoi de mes maux de tête, le pourquoi des mots dans ma tête. L'Aube est partie dormir dans des plumes de soi... Et me voilà dans un silence entrecoupé d'une voix aux accents tonitruants. Je dévisage cette pièce, mon cocon, et me questionne sur la pureté de ma perversité qui éclos dans mes mots. Je ne demande rien aux étoiles car ce soir elles sont sourdes, recouvertes de nuages de brume, j'attends la dame brune. Je sens que je suis vide, mes mots ne glissent pas et ne font rien à mon moi, comme si, ils n'avaient aucun impact, aucune importance. Demain, la mer. Ma mère éventre de sa brise légère tout mes secrets et entre dans ma vie comme on entre dans un puit, évangile au regard perçant. Je ne dois pas écrire quand je ne suis pas dans un état d'embellissement de moi. Cela donne naissance à des sons creux, que du sens et du lourd, du poids sur le blanc des pages qui immaculées ne souhaitent pas être souillées.
Pourquoi ce négativisme alors que le bonheur s'ouvre de façon si probante dans cette insignifiante existence. Je relève cette phrase dictée par l'Aube : «  Nous ne sommes productifs que dans le mal-être. »
Est-ce tellement vrai que dans mon expiration de la clarté de mes pensées silencieuses j'en deviens plate et obselette. Je ne veux pas perdre le souffle qui m'anime grâce aux mots, grâce à cette sexualité sans tabou que je mets dans l'asexualité de mon regard. Je fais l'amour avec moi-même donnant à chaque instant quelque chose de plus pur pour révéler de moi le meilleur, les Mots. Les mots sont la naissance de la souffrance qui perdurent dans une continuité dont ce corps ne fera plus partit. Je serai poussière et ces mots resteront dans un élan, dans une décadence, une indécence retraçant les ascensions les pulsions de ce corps qu'ils ont inlassablement habité puis transporté dans leur roulement incessant. J'attends que le néant vienne caresser ma joue de sa langue rugueuse et qu'il m'emporte dans ses longs bras sertis de diamants. Les diamants sont la fleur de la jeunesse, ils sont l'ascension du corps contre la dureté du c½ur. Amer est la voix du soupir qui toujours veut entraîner le Rien.
Dans une philosophie s'affichant doucement sur l'avant bras envoûté du géant, je distingue l'écriture que je n'aurais jamais en ma possession. Je lirai les fées qui m'habitent sans jamais pouvoir les écrire moi-même sur mon corps pour l'offrir à d'autres corps. Je ne sais pas écrire, je sais juste l'automatisme. Les mots recommencent à me recoudre de leur pointes de fer, je les apprivoise, les adule, les admire.
L'Aube laisse papillonner ses grands yeux couleurs mer et je souris à son appel qui dessine en moi le début d'une nouvelle vie. Croyez-vous au changement ? Croyez-vous en la fin de l'inspiration quand l'Aube vient vous cueillir et vous faire naître ? Pensez-vous que mes mots aient perdu leur justesse, leurs sons, leurs assonances, leur poésie ? Dites-moi, secouez-moi, ne me laisser pas errer ici si vous pensez que je dois cesser de massacrer ce blanc... Hurlez et désarmé-moi si je deviens une insulte à ces pages qui innocentes sont peu à peu, par ma seule faute, abîmé par des mots mal habillés, mal mis en scène...
Je veux du Bruit, je veux que d'autres mots crissent près des miens.




-9 janvier 2006-



Écrire, néant. Journée bonheur, la mer. Et puis les retrouvailles avec ce soi-même qui est tellement réconfortant. On est bien dans ce cocon de douceur que l'on se crée exprès pour soi... C'est agréable de se faire du bien pour rien. J'ai le cerveau dans une éprouvette nichée de coton. Je suis chez moi dedans moi et j'y suis bien.
Aujourd'hui le vent a laissé ma folie extravagante de côté pour m'offrir les vêtements de la mer qui recouvre inlassablement d'amour les plages sableuses demandeuses de caresses. J'ai aimé être Elle, être ce morceau de couverture doucereux qui enseveli les corps avec une pureté attachante. J'ai aimé aimer. Je suis dans un linceul teinté de rose et de bleu, qui déteint sur mon corps repu d'un repos qu'il réclame avec une soudaineté époustouflante... « La vie c'est épatant. »
Avoir des petits glaçons à la place des membres, les sentir revenir à la vie à la chaleur d'un corps ou d'un espace habité par le chaud. Je suis cet iceberg qui déambule au loin des côtes... Je suis la solitude qui occupe un autre corps. Je suis le rien, je suis la fin de l'inspiration, le silence.
Théière s'évadant au file des vagues, caressant avec envie le ventre de la Terre. Je suis cette Mer orangée qui glisse dans les eaux agitées, qui soupire doucement. Je suis le clapotis des robes de veuves mainte fois éplorées. Je suis la vierge aux manches retroussées. Je suis la beauté calcinée.
Des feuilles multicolores s'évaporent dans la mer. Elles se fracassent contre la dureté des rochers. Je suis le ciel. Je suis ces mouettes qui admirent avec rêverie le chant des vagues... Et vous qui êtes-vous ? Répondez, récriez-vous dans ce silence implacable des mots que j'appose dans l'inlassable torture du temps...
Des frissons font de ce corps un nuage de sentiments entremêlés de visages filandreux. Je veux me muer en l'Eau. Je veux être pureté de violence légitime. Je veux être colère moi qui ne suis que Néant, je veux être rugosité moi qui ne suis que perplexité lisse et brillante, moi qui ne suis que malsain et animosité...
Les mots s'entrechoquent et s'ouvrent avec une délicatesse assassine sur le bout de mon sein. Il fleurit pour laisser transparaître une épine de rose, fragile bouton qui dénonce ce chemin sinueux qui emmène l'eau à travers le sable vers l'Océan...
L'Amérique me parle derrière cet Atlantique. Et je suis dans la jouissance de me savoir à l'intérieur d'autres corps dispersée au quatre vents, je vis ailleurs et c'est ce qui me motive à ne pas avoir peur de la mort. Je laisse assez pour ne pas l'appréhender. Je laisse mes mots en vous, avalez-les avec difficulté et rincez-vous le corps, le c½ur avec... Que je sois dans les moindres commissures de votre vous-même. Je veux exister. Et vous que faites-vous ?
Je me laisse persuader de mon souvenir et je déshabille avec mélancolie ce corps de femme qui me sourit. Je m'apprête à faire l'amour à ce corps maintenant dénudé de toute similitude avec autre que moi-même. Je le regarde avec une envie légitime, et secrète et le convoite avec une rigueur effarante. Je suis et vous ?
S'abîmer à s'aimer. Le miroir se brise enfin laissant de ma narcissique splendeur qu'un échos de douleur. J'ai défiguré mon Moi et il réclame dommage et intérêt, il m'aime et crie sa détestation de me voir aimer une autre... Je lui appartiens, nous nous appartenons, car la seule chose que nous possédons est nous-même. Je ne veux appartenir à personne d'autre qu'à ce Moi qui, si subtile, s'adapte à mes remous, à mes aléas, même s'il fait souffrir ce cerveau dans sa coquille de noix. Je suis le silence, il est ma voix.
S'émerveiller, se déguiser pour entrer en soi, pour s'astiquer la voix. Je suis le mélange inlassable de la vie et de la mort.
Je veux que vous explosiez sur des murs ma chair en déconfiture.



-10 janvier 2006-



J'écoute les mots qui sortent avec une justesse surprenante de cette boite noire à émotion, la radio. J'attends sans attendre. Je suis dans un malaise étrange que je ne sais pas qualifier. Je suis fatiguée les mots ne viennent pas en moi. Envie de fuir ?
Je suis le silence en attendant la Neige.



-11 janvier 2006-


Le bonheur me va bien au teint mais massacre ma plume de son sourire niaiseux. J'entends en moi des milliers d'oiseaux me torturer pour que je les laisse accoucher de millions d'½ufs aux teintes grises et sombres.
Écrire c'est aussi produire du beau. Le beau est-ce forcément du Rien ? Je regarde doucement le temps défiler dans le fond de ma gorge et je dévisage l'autre que je suis. Je confonds en Elle son corps dans mon corps. Je délie nos bouches et fais du ciel un néant de rose et noir. J'ouvre de grands yeux et plonge dans le silence aux écureuils. Je suis loin, loin de moi-même car je n'ai rien, rien dedans moi. Je suis un Rien de sentiments. Je suis juste bien.
Je vois devant moi un visage fermé aux tumultes des foules. Silence étrange s'étalant sur la dureté de sa peau, sourcils froncés.
C'est difficile d'écrire et en même temps, quand nos doigts sont dans l'enclave du temps, rien de plus simple que de les laisser se muer en notes aiguës et transparentes, en mots. J'apprends à tortiller en moi le souvenir du vide. J'apprends à laisser à mon autre le désir d'être Elle-même. Je suis le vide, plafond de verre aux nuances somnifères. Se détacher des écrans emplis de souffles sinueux. Je sécrète le domaine de l'angoisse de vivre. J'ai plus peur de vivre que de mourir. Mais n'est-ce pas intimement identique ? Avoir peur de mourir c'est, avoir peur de ne pas vivre assez intensément avant que la mort vous transperce, avant d'avoir terminer cette folle course aux oublis. Avoir peur de vivre c'est attendre la mort, c'est avoir peur de se fondre dans l'espace infini du temps. Avoir peur, c'est être faible, c'est être humain en définitive.
J'admire de mes grands yeux mes veines écarlates qui se vident sous mes sourires délictueux. Je transcende l'étendue qui prolonge, protège les vies des miracles.
J'écris, c'est vivre ? Sans l'écriture y-a-t-il sublimation de mon être ?
Je bonheur, tu bonheurs, il bonheur, nous bonheurons, vous bonheurez, ils bonheurent... Et je malheur ?
Le mal, la tristesse est-elle la garantie de la pureté de l'écriture ? Peut-on produire quelque chose de profondément beau en étant rongé de bonheur ?
Peut-on avoir de l'inspiration autre que quelque chose porté sur la neige, le blanc, qui soit quelque chose qui touche ? Puis-je donner, transmettre de l'émotion avec du banal, du souffle de silence, avec cette flamme qui doit m'avoir légèrement transformé durant ce mois de janvier ?
Janvier le froid cristallise mes paupières. J'ai le c½ur qui s'ébouriffe de gratitudes, sollicité par le renouveau. Je suis un cadavre exquis, ma chair s'ouvre avec une délicatesse alarmante. On entend dedans moi des morceaux de tôle se froisser, s'entrechoquer, cela fait du bruit, cela perfore avec violence la portée du temps. Je suis dans un gouffre clair, quelque chose de lumineux, excentrique. J'ai le vent qui provoque en moi du miel doré qui s'enroule avec lenteur autour de ma chair. Souffle petite voix. J'écris avec rien dans le ventre, seulement, quelques frissons m'animent avec une désinvolture surprenante. Ma « griffonnade » dégringole dans un nuancier d'arpèges grotesques. Elles ont le sourire saccagé par un couteau aiguisé, le sang coule le long de leurs dents à présent rouges de soupesons. Cela fait un tintement interrogateur dedans mon oreille. Il y a des sons, des tornades, des assonances qui se perdent, et qui ne retrouvent pas leurs mérites dans leur nouvelle prosodie.
J'abas avec mélancolie un champs de coquelicots frêles et vermillons dans un instant funèbre. S'apitoyer d'aimer.
Et puis tamiser les drôleries dans des lueurs anodines pour en faire un prodige. Je déambule dans le sautillement des tourbillons... Tornades, bégayements de luxure. Déluge de couleurs transcendantales. Je dénie le ciel. Rien n'existe car tout à une fin. En attendant la fin de mon monde, je dénonce les virtuosités du muet, « Noir et blanc sur l'eau bleu que le vent fait danser... ».
Magnificence que Barbara fait naître en moi, car elle est moi, elle fait partie de ce corps mainte fois ramené, transmuté. Musique d'enfance.
S'amadouer. Se déchirer, entendre des tissus crier... S'éponger, se renouveler... Pourquoi mes mots sont-ils toujours aussi eux-même, pourquoi sont-ils toujours idem ?
S'abandonner aux rêves. « Dormissures » biscornues.


-13 janvier 2006-


Et puis la peinture à recouvert mon moi d'un souvenir comparable aux tumultes des sons, des mots qui animent tout les corps qui s'éc½urent... J'ai entreprit de déguiser avec douceur cette peau tissé de soi et d'eau. J'ai appelé l'Aube avec une immédiateté étrange. Je sais que le vent m'a injurié alors je l'ai calomnié à mon tour, nous avons fait de nos combats une danse soulevée de nuances macabres. J'ai oublié mes soupirs et ainsi j'ai réussi à aller au bout de mon plaisir. J'ai entraperçut le néant dans une fente de désir, j'ai plongé lentement au fond du gouffre sacré et en ai rapporté un miracle coloré. Dans une douleur intense j'ai maquillé l'espace de mes poudres métissées. Je nage alors avec aisance dans les notes de l'Amérique. Je souris avec mélancolie à cette production qui devient le Rien. Je regarde de mes yeux vident ce que mes doigts ont produit...
Je sais que demain, le jour et avant les rêves auront fait de moi un repli de moi. Demain j'irai voir l'art de vivre. Sois Toi et je serai moi ! Voilà ce que je crie à l'Aube. C'est beau toute ses pépites d'or dans mes soucoupes vertes, les billes écarquillées je scrute le monde enjolivé par mes paroles si souvent recroquevillés sur un sourire de Terre.
Les notes m'animent d'un pincement au c½ur alors je tente de mourir avec Elles pour renaître dans la lueur du soir. Je suis le Matin, et toi le Coucher du Soleil. Décalage horaire qui fait de nous deux êtres à part. Écrivant sur ton ventre lisse et uni par les liens que je veux lui proférer, je fais de toi l'emblème d'une année de ma vie où j'ai trouvé tellement de questionnements et si peu de réponses, et pourtant, je sais que c'est l'année charnière qui fait de moi une personne Juste et Sincère avec elle-même. Le Je et le Jeu ont retrouvé leur place dans l'univers que je crée sans cesse en respirant encore. Mais pourquoi m'obstinais-je à vivre déjà. L'Amérique revient doucement frémir à mon oreille : « Laisse-toi surprendre par la Mort... »
« Heureusement que tu ne t'aies pas tué », murmure l'Aube... « Heureusement que je ne me suis pas tué... » susurrais-je à l'Aube, ma tête posée sur son sein. La clarté du jour me manque et en même temps je ne veux tellement pas qu'elle soit à mes côtés, c'est si beau cette solitude retrouvée, c'est si beau de faire corps avec soi, comme si je marchais à nouveau seule...
Être à deux c'est si beau et si dur à la fois... Quelle place laisser à l'autre en soi ? Cette envie qui demeure malgré tout de la tenir contre moi et en même temps cette sublimation de pouvoir s'adonner aux aléas de mes arts de vivre, mes arts qui me font vivre, qui font de moi un don de Moi...
Je suis sur la parcelle d'un Moi, le mien. Je m'en rends compte avec une bulle de savon légèrement entrelacée dans le creux de ma bouche. J'ouvre cette ouverture et laisse descendre vers le jour ma langue qui s'ébroue.
Diamants de verre, je transperce l'horizon de tournoiements intimes. Demoiselle Umbrella incline son visage diaphane vers le mien, posant ses lèvres contre les miennes. Ses yeux, paysages entremêlés de verts, de gris, de terre désigne ma ligne de conduite, elle exige de vivre à nouveau, elle exige, de faire rêver, de donner, de diffuser de la poésie, celle qui n'a pas de vers, seulement des proses dans début ni fin...
Je souris et lui promets son renouveau... mes doigts y courts...




-14 janvier 2006-



Revivre intérieurement des séquences de nos vies passées... Cela blesse, cela laisse, tellement de regrets... Il ne faudrait jamais pouvoir replonger sans pour autant oublier, difficultés d'avancer dans un monde où tout disparaît un jour ou l'autre, ils s'évanouissent les silences et remous d'hier... Mes yeux sont les gouttières de mes larmes muettement écoulées.
Savoir créer de l'Ethos, c'est savoir qui on voudrait être. Dans la difficulté d'être il y a le regard qui s'ébroue au loin... Dénonces tes attentes, soulèves le c½ur du monde pour admirer les cotes, les vicaires qui l'enserrent.
Se mettre dans une ridicule torpeur. Se révéler pour bousculer le regard du demain. Je silence en pensant aux demeures d'hier. S'attacher au temps comme on régresse dans le vent... Se muer pour paraître meilleur dans ce souffle de vigueur, s'accoutumer au dénie de vivre, admirer les gens qui construisent du beau sans penser à là-haut...
Tracer de ses yeux les lignes qui vous transporteront vers un ailleurs couleur nuit. Big Bang dans ton univers étrange...

-15 janvier 2006-


Écritures narcissiques inclinez-vous devant la splendeur des âmes-s½urs, devant les soleils couchant qui hurlent de beauté. Vous n'êtes qu'un reflet de l'égoïsme, qu'une facette égocentrique. Guitares qui implosent, qui crissent sous les doigts experts tout comme nos corps qui s'emmêlent de plaisirs dans un authentique recul de soi. J'ai faim de Moi, j'ai faim de Toi alors je démolie les tabous qui ont fini par nous unir pour découvrir les nuances du temps. Gris, bleu, violet, rose, noir, tout noir dans le placard au fond du grand couloir... Silence qui m'enveloppe de son sourire énigmatique. J'ai peur de marcher vers les étoiles, immense toile tissé de soupirs scintillants.
Dans ma limonade je lis l'avenir qui s'écueil sur les vagues de l'ennui. Je pense à cette nouveauté qui uni les genres et à toutes ses choses qui déambulent dans le lointain. Être floue, être l'accoutumance au choses qui font du bien. Je dessine mon histoire sur le seuil, les portes-fenêtres s'entrebâillent dans le vent. Cela fait tout doux dans le creux de mon cou.
Écrire ces marches funèbres qui soulèvent la terre de leurs oranges amères. Courage pour l'ange qui passe et trépasse dans la mouvance des ritournelles mélancoliques. S'adonner au souffle énervé des frasques déguisées. Libération subtile. Je chante au sommet des montagnes sacrés des âmes éternellement dénudées. Comme cela est étrange la monotonie, des jours effleurent avec sensualité mes chairs corsetées. L'horizon ce travers qui bouleverse l'univers.



-17 janvier 2006-



intimes aux regards bleutés de rimes, tu t'épanouis en moi, toi Écriture, au teint mat et froid. Je douleur d'être Moi et Toi ? Jongler avec les mots, cela fait tout doucereux dans le creux des ambitieux, c'est dur de vivre pour soi. Respirations, solitudes bienfaitrices dans le sillon des amours. To Nigth, demain le jour... coulures aux couleurs étrangement blafardes, je dessine au pastel le sourire de cette Mona Lisa qui picore mon c½ur. Ne pas s'enfermer, seulement s'ouvrir... Ne pas oublier les promesses qu'on s'est faites hier à soi-même, ne pas oublier à quel point tout ce que nous sommes est important pour notre Moi. Ne pas s'oublier.
Dans ma narcissique moiteur, je me regarde, nombriliste aux rires destructeurs. Trop s'aimer c'est aussi aimer son autre ? Dans le noir, les respirations s'entrecoupent de multitudes de caresses qui font danser l'esprit... C'est différent, difficile à entendre. Mes oreilles se bouchent d'amour. La jalousie ne vient pas faire de ce corps une douleur mais la culpabilité l'enivre...
S'écouter, se respecter en tant qu'Entité, en tant que respiration à part qui a vécu et vivra encore seule. Se libérer des poids d'ailleurs, se retourner sans contre c½ur. S'habituer à vivre à cent à l'heure et découvrir à quel point nous ne sommes que candeur. C'est agréable d'être un être de complaisance et non un déni du Rien.
Se culpabiliser de ne pas être assez là pour Lui cet ami qui compte tellement. Ne pas se détacher de quelque chose qui serait trop lourd à dessiner...
Je veux écrire les demains qui chanteront dans mon dedans moi. Je n'ai plus de mots, j'ai mal dedans mon ventre, laissez les chauves-souris dévisager mon âme. Je ne veux plus écrire, pardonnez-moi.




-18 janvier 2006-



Solitude acide n'existe plus, elle est morte, hier elle respirait encore... Larmes qui brûlent mes vues éphémères... Eau qui scintille dans l'obscurité blafarde. Sentiments qui s'emmêlent avec entrain dans mes veines, musique qui s'enroule avec lenteur dans mes conduits auditifs...
Ruelles qui se faufilent dans les méandres de mon cerveau, qui, ébullitions malsaines, dévorent mon ventre avec délectation.
Murs de briques, rouge sang qui s'écartent pour laisser émerger le plaisir qui s'enfuie dans les Tours de Cristal...
Lunettes qui dénoncent la vrai nature des choses, eau qui éclabousse de vie, eau bénite par mon âme, charnier aux pluie acides... Cadavres qui volent, guenilles qui soulèvent les c½urs, qui vomissent les notes du désespoir.
Maux morbides qui s'amoncèlent au bout de ce crayon qui noir, cauchemar, repeint de ce vermillon les papillons d'un jour...
Lèvres qui s'éreintent dans l'étreinte, sourires qui dévalisent les contours des deux Moi qui tournent dans un cercle de verre, aquarium qui prédit les avenirs médiocres que le Vent s'amuse à vouloir offrir...
J'ai envie de sauter dans le creux de tes vagues... De faire un avec le seuil de ton corps. Les guitares m'électrisent de bons retournement de situation.
Les rails s'emmurent dans l'abjection des retrouvailles, écueils meurtriers.



-25 janvier 2005-



Je, poison qui grandit en moi. Dans le Nous, les sentiments s'épouvantent de comprendre à quel point les compléments sont identitaires pour survivre dans cet univers hostile. Arrêter d'écrire, ma contre volonté que le temps presse de suppléer... Alors je relâche mon corps et fait de cette page blanche un retour en arrière en effaçant d'encre l'immaculée. Je, cadavre exquis dans ta bouche sanglante, tu, décolles mes vêtements de ma peau froissée et Nous, bouleverse avec violence les m½urs qui m'unie à moi-même... la justesse de ma vie est un mythe qui s'explose sur des murs de verre. On, indéfini infini qui s'étend sur les fils solides du Néant. Pique qui soulève tes mérites. Je... peinture que Pascal a massacré. Montaigne ne repose désormais plus en paix, que les encres se défassent, qu'elles laissent les autoportraits s'épanouir avec une floraison particulière, parfum délicat qui épouse les narines avec délice...
Hurlements de rage, les Je sont des âmes aux ombrages fragiles, qui s'offusquent et se flétrissent avec rapidité. Tel des mets périmés, les Je sont des nourritures amers qui déboussolent les esprits qui les consomment sans craintes. La pointe va vers le nord, partons, notre destiné nous attend là bas au loin, où s'en vont les ours et les oiseaux sauvages qui parsèment des nuées de cris. Sacrifices étranges les peuples s'alimentent de chemins rêvés pour palier leurs carences d'exister... Tu, manque au Je et tout deux s'entourloupent l'un pour l'autre, s'enroulant dans le navire silencieux de l'amour à deux. La beauté crève les yeux du monde, il pleure, demeure la créativité qui piétine les accents parallèles qui s'ouvrent avec absurdité sur les gouffres nuancés. Poésie qui s'éc½ure dans un champs de couleur, douleur au son étrange qui s'étrangle de pisser dans les herbes colorées. S'ébattant au vent, les Je souffrent, soufflent des obscénités mélancoliques dans les cavités dissimulés d'un univers créé dans l'immensité des jours... Fatigué, les Je s'évadent dans le vent, suivant les aspérités des herbes parties aujourd'hui en fumées... Je un de ces Je qui parcoure avec intensité les rugosités. La beauté a crevé mes yeux et je déambule, sournoise dans le remous des souvenirs palpés par des mains tortueuses. J'écris et me délivre des cauchemars qui autrefois on enchaîné nos ancêtres amenuisés dans leur capacité à encaisser des désastres miraculés.
Soupirs au fond des astres, je rêve à mes lecteurs qui inexistants...



-30 janvier 2006-
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#Posté le dimanche 05 février 2006 15:18

Décembre, poupée de verre et glissades ébouriffantes

Rien, toujours « respirante », mais un peu éteinte. J'en ai marre et à la fois je me laisse emporter. Je dors plus que je ne vis pas véritablement. Je rêve. Je vois cette pièce sombre où mon esprit va finir par aller se renfermer. Je sens que tout mon univers est brisé. Je n'ai plus de volonté. Je regarde ces couleurs avec violence étalée sur des toiles dépareillées. Il y a ce chat. Il y a ce roucoulement dans ma voix. Je ne veux plus avoir de voix, juste des doigts pour tracer l'histoire. Épuisée de lutter contre le rien. Je sens cet air dans mes poumons, il m'apporte les frissons de mon dégoût de vivre. Je suis là sans être là. Je tente de me souvenir ce qui m'encourageait à rester lumineuse avant. Je ne trouve pas. Je sens le langage de la maternelle s'essouffler en moi. Il y a de la haine d'avoir fait ce que je suis. Ce morceau de culpabilité, et de redevance envers mon paternel. A-t-elle entretenu durant toute ces années la fusion qui nous unie, lui et moi en me « forçant » à rester liée à lui jusqu'au point de souffrir physiquement lorsque lui-même atteint certaines déchéances. Cette souffrance relevant de l'hystérie m'a quitté il y a peu... j'espère ne jamais la retrouver, ce bras qui se fend lorsque je vois le mal en lui qui se propage. Douleur mentale, retransmis avec violence dans ce bras qui le sert, qui est là pour répondre à ses attentes, que je suis toute prête à lui céder sans discussion aucune.
Je me suis tellement réservée à mon père que j'en ai fini avec les hommes. Je n'aime profondément que ceux avec lesquels je suis persuadée du néant d'un amour incestueux, d'un amour charnel. Et quand cet amour fratricide s'ouvre à moi, je le saisi, et me pose des questions, m'interpelle sur cet appel au père que je fais en ces gestes déplacés.
Je mâche ces paroles, et je les vomis quand mon corps le décide. L'alimentation imaginaire de ce corps fait des miracles indéniables. Je suis le corps, elle est l'esprit. J'admire ce corps qui étendu se laisse emplir de la vie aérienne. Et je déteste cet esprit qui ne fait rien pour empêcher ce corps de rester là, à se nourrir encore de cet air, qui devrait ne plus exister en lui.
Je suis fatiguée. J'ai ces paroles en moi, leitmotiv de la facilité. Quand le corps est fatigué, il ne lui est plus permis d'attenter véritablement à sa vie, trop d'efforts en conviendraient.





-1er décembre 2005-



Il y a cette musique qui va me relier à toi et à ton pays qui est finalement si lointain... Que c'est étrange de ressentir déjà ce manque et de voir à quel point ce n'est pas si intense dans ton corps. Je ne comprends pas ce que tu m'apportes qui me dises que tu es un peu indispensable à mon c½ur. Je sens mes yeux s'embuer à la simple idée que le ciel va t'emporter à nouveau avec lui vers l'ancienne vie que tu as en Toi ... Je me sens si seule d'éprouver ce chagrin si fort à l'idée que tu vas quitter cette vie, cette ville, dans laquelle tu as toujours avec moi fait parti... L'amitié éphémère est tellement dangereuse pour mes yeux, qui sans cesse, à chaque nouvelle séparation, s'emplissent de cette eau salée non justifiée. J'ai un lien invisible avec toi, invisible pour cet ½il qui dénudé à chaque fois se trouble. J'ai tellement envie d'être égoïste et de te garder dans cette ville, libre mais à la fois prisonnier de nos vendredi de l'après, lorsque deux belles heures de philosophie mélangée savamment à la littérature se sont écoulées et que tu viens te noyer en ma compagnie dans un bol de thé...
Nos mots se mélangent et je sais que c'est cela l'amitié, celle qui fait qu'on partage, que rien ne nous unie plus que tout ce que nous vivons intérieurement... Bien sûr la futilité parfois nous frôle et c'est alors tellement beau dedans moi, que je suis heureuse... Beaucoup penseraient que l'amour masculin a prit possession de ce corps, et que l'aveuglement de ma différence me fait ignorer ces sentiments étranges, mais je sais qu'il n'en est rien, juste que ces instants sont purs et pleins d'un bonheur qui même s'il n'est pas partagé avec la même intensité, car je ne sais... est vraiment présent en moi...
Michel, Michael, Mich, Mike... Peu importe tu es Toi et pas ton paternel, tu es seulement toi et cette fraîcheur, ce souffle du vendredi... ce souffle de ce dernier vendredi en ma compagnie...
En attendant que tu retrouves le chemin de la France en ayant fait le tour de la Terre, que le vent te donne tout ce que tu peux y puiser... En attendant que le 23 décembre t'enlève à mon existence physique, j'attendrai qu'on se recroisse au détour d'un sentier Nantais...



-2 décembre 2005-



Pas véritablement de mots, le jour se fait à peine en moi... Il y a cette poésie qui frôle le vent dans mes oreilles par des notes finement entrelacées. Cette pelote de chaleur se love contre ma poitrine et je l'admire avec mes yeux verts pour comprendre si c'est doux ou si cela fait du mal, si cela griffe, si cela démange, s'il faut s'en débarrasser...
Je me dévalorise et m'aperçois désormais qu'il n'y a plus d'Umbrella en moi. Je vous assure, elle est partie, elle a déserté ce corps, je crois qu'elle est morte de l'autre côté de la colline dorée. Cela fait du rire dedans moi et de la peine au creux du Rien. Tout mes mots s'accommodent comme ils peuvent pour former le rêve que je dois accomplir : « Vis ta vie rêvée... »
Cet ami d'ailleurs m'a dit qu'il voulait être surprit par la mort, j'ai aimé cette vision, j'ai aimé le fait que la surprise arrive aussi dans un tel moment, que la notion de contrôle ait pour une fois disparue... Je le vois posant doucement un doigt sur ses lèvres pour dire : « Je n'aime pas quand on veut que les gens fassent chuuuut... il ne faut pas montrer ses émotions juste regarder, juste arrêter d'exister... » Nous venions de terminer une séance de pièce noire où j'avais émis beaucoup d'émois devant l'écran et où j'avais mis beaucoup de corporel dans mes débordements émotionnels car cela était nécessaire pour assumer ce que cela faisait en moi...
Il est juste avec moi, il me révèle dans ses yeux, que nous ne nous sommes pas rencontré par hasard, et qu'il continuera d'être l'homme qu'il est et moi la femme que je suis. Je dois recommencer à me construire, à construire un système de défense et je crois que dedans, il n'y aura plus de pulsion de mort à assouvir, il n'y aura plus que de la vie a ne plus contenir...
Je n'ai plus de poésie en moi et mes mots s'affalent dans une platitude hors du commun sur ce clavier noir de geai... Je trouve dans mes couleurs plus de réconfort, plus de mots, plus de paroles que dans ses phrases qui s'étalent, rugueuses sur le blanc des écrans de la vie...
Je crois que grâce à cet Ami d'Ailleurs je parviendrai à poursuivre cette vie... Décembre sera encore étrange mais il sera le positif, il ne sera pas l'égoïsme... Si je suis un être exceptionnel mais malheureux, il faut avant tout que je sois exceptionnelle avant d'être malheureuse, et comme on ne rencontre pas les gens par hasard, je dois poursuivre ma route et regarder le vent passer sur les visages endormis par l'oublie du monde... Je vais aimer et être aimée car c'est tout ce qui manque à cette vie. Bien sûr il n'y a pas que cela, mais les questionnements, masturbations absurdes ne font que pétrir mon c½ur de rugosités indissolubles...
Je ne vais pas abandonner mes couleurs, je vais les étaler, je vais faire d'elle mon corps et ainsi je vais parcourir mon ego...
Souffle sur ce toit du monde, petite Farfelette à l'esprit emplie de gravier... Des femmes vont déambuler, vont se fondre en moi et sublimer ce corps, cette prunelle...
Retrouver avant tout mes mots sur le chemin d'hier... Demain, rimera avec le ciel, les supplications et les réussites sans sens, qui en trouveront avec le temps qui passe. Ne soit plus triste que les gens que tu aimes quittent ce corps car les fantômes de ta vie sont encore là... Tu apprendras les langues du passé pour comprendre les notes qui te caressent sans rien dire à ton cerveau défait d'origine linguistique...
Tu es d'ici est d'ailleurs et c'est ce qui fait la force qui vit en toi. Non ce n'est pas Dieu, mais c'est ce que le monde appel Dieu. En réalité, c'est Dieu. L'homme, Dieu, miniature qui encourage la vie a poursuivre son cours...
Se délivrer des mots, les enterrer même trois fois, mille fois, pourvu que cela ne sente plus d'odeur fétide, pourvu, qu'il reste juste en nous, mais qu'il ne s'étale pas sans rien dire dans le subliminale incestueux qui crève les yeux et ne nettoie pas le c½ur...
Vivre avec hier et observer les rigoles qui mènent à demain... Les rigoles rigolent et je me bouleverse le corps pour reprendre mes habitudes d'avant hier... Plaisirs d'amour dur toute la vie... Chagrin d'amour...
Ne pas se laisser manger, sourire seulement aux autres...


-3 décembre 2005-



Se replier sur soi, se lover dans ses draps. Draps de la honte, draps tachés du sang que l'on verse dans nos larmes sucrées. Parapluie mystérieux, parapluie qui cache la partie de nous qui s'enfuie. Il y a des airs de lumières qui transpercent mon moi et puis cette pluie qui lave tout, même toi. Je rêve de nuages emplies de rosée douce et soyeuse. Alors je roule mon corps sur ce tapis frais et frissonne tendrement. Il n'y a rien, seulement mon esprit chaviré par le monde... Je prie mon Dieu et exécute mes ordres suprêmes au fond de moi. Je suis la vie et vous ?
Je sens des vibrations intimes secouer mon c½ur, mon corps et m'apporter la délivrance de ce stress accumulé avec les jours... Je suis heureuse, amoureuse de ce moi qui s'en va. Mes larmes rouges, au goût cerise, échouent, navires hagards, sur mes joues diaphanes. J'entends le chant des sirènes miauler à l'entrée de mon c½ur. Le chat m'évade et m'entraîne vers le néant que j'adule tant...
Je suis reliée a moi-même par ce fil qui titube de ne plus vouloir se briser. Il frise, il s'ébroue, se secoue... J'ai froid. Je sens la fatigue qui s'estompe, et me trompe. Je suis un peu le ciel, je suis un peu le vent, je suis un peu moi et en même temps tout cela n'existe pas. Je suis dans le creux de la vague, le vague qui emporte la lucidité. Plus de brume dans ce corps, plus de souvenirs qui masturbe la chair... J'ai envie de secourir cet autre nous, cet ablation du risque et de la décadence...
Tu es le rien, je m'appartiens. Tu t'entortilles, et je languis sur les plages pleines de pâtes. Nadja est là, elle souffle sur moi, ses lèvres roses déguisent la vie. Je sens le rire qui engourdit ce qui reste du calendrier de l'avant. Je sais que demain sera hier et que hier sera après demain. Que les montres molles battent la mesure, respirent avec décadence...
Je suis une Drag Queen qui a oublié de se démaquiller et qui lutte pour qu'on ne l'assimile pas au monde de la nuit, à la « glauquerie ».
Mes ongles rouges griffent la vie jusqu'au sang et elle crie. Un sourire flotte sur l'indigo de la nuit, et le pourpre de ce visage remplie d'incompréhension devant l'échec qui n'existe pas, se cabre et dénonce les attentes du monde. J'ai la peau qui s'hérisse, qui fait de ce corps une exaltation, un redoublement de rien. Je suis dans une envie d'aller regarder de l'autre côté de la colline dorée, voir ma demoiselle adorée, Umbrella n'est pas là...
Elle me manque, je sais qu'elle s'épanouie, qu'elle vit... Elle n'est plus prisonnière, elle peut faire le tour de la Terre, dans sa montgolfière, laissant le vent s'enrouler dans ses baleines qui sursautent devant la violence. J'ai besoin de me taire, de me laisser faire, de saouler mon corps de drôles de sensations. Je suis le rien et toi le tout. Tu es la reine et moi le fou. J'ai besoin de noyer mon ennuie dans des mots sans regrets, dans des mots sans intérêts. Je ne sais pas écrire, alors je déverse des lettres en espérant que leur alignement fera naître en autrui des touches de couleurs infernales... je dois stopper mes gribouillages, mes rattrapages vertueux...

-4 décembre 2005-



Gouttes de bleues sur mon front désabusé. Gouttes de semblant d'amour sur cette route longuement parcourue... Je mange des pattes imprégnées, imprimées dans la neige matinale et je divague dans l'océan de murmure qui hante mes membres emplis de rien, comme toujours. Déglutir, subir l'intrusion d'un corps étranger dedans soi, ne pas toujours éprouver du plaisir... Se questionner.
Masturbation de la pensée, débit de parole trop peu constructif... comparez la vie au tumulte est une minimisation du phénomène paradoxale que les mots offrent à nous...
Toute approche est une définition cérébrale et déprimante. C'est dangereux la vie, ça fait du mal, ça fait du bien... Rions-en, déglutissons les mots, mordons-les avec insistance pour en faire morceaux de rien à digérer. Ça miaule dedans moi et mon chat noir sort avec violence de ce corps transit par le non-rire... Je veux nager dans une mer. J'adresse alors une prière à la matrice centrale pour ne pas me détacher totalement d'elle et pourtant mon désir de « rupturer » est puissant.
J'entends les dauphins envoyer leur ondes sur mon corps. Je les reçois, les apprivoise, les défaits de moi. J'entends sa voix américaine me bercer de sa mélodie criante... cela trou mes oreilles fragilisées par le vent que j'ai si souvent écouté pour me rendre folle. Non, malgré tout mes efforts, pas de réussite et pour vous ?
J'ai tellement voulu me détacher du monde réel que j'en suis devenue irréelle... Foutaise ! Trop réelle pour que les gens m'oublient...
J'ai peur, j'ai froid, je meurs, non, fantasme...
Soulagement, mythe, décomposition.



-6 décembre 2005-







Il faut écrire, obligation, lien avec la vie, besoin ultime ? Écrire c'est un peu se montrer qu'on existe ? Alors j'écris, je vis ?
Il fait froid, non, c'est seulement dedans moi. Mes mots ne sont pas uniques, ils sont « sphère d'expression commune », créer son propre langage, c'est un peu se créer, créer son identité. J'ai envie d'aimer. J'ai envie de tout trouver formidable, de m'emplir du rien qui dépasse le tout. Je veux lire, je veux me plonger dans un autre monde, je veux communier avec un autre moi, celui qui me conte des histoires, celui qui m'aime au point de faire le rôle de Maman. Je ne sais pas sauter dans la lecture à voix haute pour les autres mais ce que j'aime pardessus tout c'est lorsqu'on le fait pour moi...
Besoin d'écrire, mais pas de traits de plume sous les doigts... Alors SILENCE !
Je sens le « Beauty » s'emparer de mon moi et se déverser dans un autre au delà... Se taire, se défaire. S'emmêler de rouge, s'empourprer de silence, de confusions intimes. Jouer avec les mots en attendant des nouvelles de celui qui lit en moi que je viens enterrer mon paternel, ici, dans la ville de Barbara... Pourquoi pas...
Laissons le soir me gagner en abandonnant le blanc et m'emparer d'autres pages déjà inscrites dans l'histoire...
SILENCE !

Je l'ai regardé s'enfuir dans la nuit, pissenlit. Petites graines de vie qui s'évaporent dans l'obscurité. Ça c'est du bien qui fait mal. Alors je chamboule l'entre-deux qui nous anime. C'est frais dedans moi. Cela fait tout froid. Froid-Moi, glace-moi... Je m'entortille... je m'embobine dans le rien, dans le silence musical qui parfois fait parti de ce méli-mélo de ridicule. Je suis le gigoti du soleil levant... Pas de soleil pourtant, citrons verts au creux des allées maintes fois traversées. Quoi dire des mots s'enlacent, se dénouent font de moi des morceaux d'avenir anéanti par demain. C'est maintenant que le vent de l'expression a prit possession de mes doigts, de mes membres crazy de l'ambiguïté qui n'existe nulle part... Je ne crée pas d'ambiguïté car je suis l'ambiguïté du Rien. Couche-toi sur mon sein, que je te donne de ma maternité explicite, que je te donne de mon secours transcendantale. Je me lasse, m'enlace pour me donner tout ce bien qui m'étreint. Silence. Non seulement le bruit de mes mots qui s'étalent, couleur insolite, sur le papier glacé de ma vie translucide. Je suis mes mots, et vous ?



-7 décembre 2005-





Souffle dans le bois, souffle dedans moi. Glisse sur mes parois, traverse mes sous-bois. Sali mon regard asexué, bouscule mon antre parfumé d'embruns couleur miel. Petite cuillère au creux du silence s'écrasant dans ma bouche mastiquant le vent. Ne pas avaler le soleil, laisser la lune, les perles de pluie au creux des vagues longtemps oubliées... Se recroqueviller, dans les mots doucement prononcés... Ne pas admirer le sens de nos yeux translucides, ne pas soulever la peur, ne pas rigoler en pleure... en c½ur. Souffle dans le bois, souffle dedans moi, laisse transpercer mes chairs par ces échardes de verre. Silence dans le cargo. La mer se déchaîne.
Que c'est beau toute cette eau qui se mue en moi. Socrate (se) délibère en moi. Et les larmes de la vie se confonde à ce corps étrange, incorporation de lueur et de noirceur, clair obscure qui ne fait que distinguer la vie dans un gigantesque tunnel de brume sonore. Sourire. Pelotonnement. Les mots, source d'existence. J'écris donc je suis. Dictat rythmant certaines vies. Être dépendant des mots, des lettres, du sens pour se guider dans les ténèbres du rire sans tragédie, sans revers de médaille. Ne plus savoir ce qu'on dit, entrer dans la folie... S'écarquiller de rien. Se manger un grand bol de poésie faite d'assonance, de dissonance...
Avoir envie de crier car quelques heures de vie vont se fracasser dans un torrent de défection. Travailler, se fourvoyer, ne pas être soi, être juste un entrelacement d'anonymat abjecte... Se questionner sur ce qu'on ferait pour de l'argent, morceau de fer, de papier sans valeur...
Message, ne plus se plonger dans les messages, juste écrire des mots...
S'enrhumer des idées projetées dans les courants glacés, n'être qu'un être exceptionnel mais mal ou heureux. Se maquiller, se déguiser, n'être rien qu'un corps, ne plus avoir d'identité, jouer un rôle, jouer à la marchande, faire l'enfant.


-8 décembre 2005-




Fatiguée d'avoir cesser d'exister durant toute une journée. Journée perdue, paradoxe alors que la mort était la devise de ce même corps il y a si peu de temps... Éreintée, soumisse au loi du travailleur, au loi de la rigueur qui n'a pas de but. Ne pas écrire des mots qui ne servent à rien, alors qu'on en a prononcé tellement dans un vent rempli d'idiotisme toute cette mauvaise journée, qui semble avoir existée bien plus que moi. J'ai chaud, j'ai froid, malade de m'être fourvoyée pour de l'argent. Je vais rejoindre le pays des rêves pour échapper à ma condition de capitaliste effrénée.




-9 décembre 2005-




Fatigue, regard brouillé par ce trop plein de liquide bouillant dans mon ventre. J'ai la tête pleine d'une brume étrange, je suis le tout par le tout... J'ai le vent dans les nasaux et des marteaux qui opèrent des travaux dedans mon cerveau. Envie d'éternuer, envie de me coucher, de ne plus penser, de me rassasier de rêves, de silence et de sucreries étranges... Je ne ressens rien mis à part cette sensation entêtante d'éc½urement qui me dévisage, me défigure, me donne envie de jeter ce corps dans l'eau de cette porcelaine si blanche... J'ai les joues chauffées à l'encre rouge et le c½ur qui ne sait où partir. Mes doigts semblent briser par la glace et je suis dans la béatitude, envie de terminer de déverser mes mots pour pouvoir poser lourdement cette soupière trop pleine sur un oreiller peuplé de plumes aux couleurs chatoyantes... Si seulement, un peu de vent, chaud sur ce corps si trop plein de ce tout qui mange au creux de mon ventre...
Voyez-vous cette image d'un patient de Freud, « L'homme aux rats » ? Extraordinaire ce que l'humain peut créer grâce à son imaginaire, grâce à ses peurs, son passé... Cet homme voyait l'image effrayante qu'on le laisserai vivant se faire dévorer les intestins, le foie par une horde de rats affamés... Dans mon imaginaire je vois plutôt des vautours, mais la douleur est la même, si poignante, suffocante qu'on en meurt avec lenteur et agonie, qu'on la goût, qu'on la savoure, qu'on supplie même que tout cela cesse, que toute cela continu, on ne sait plus, qu'on nous met une balle, là au creux de la tempe...
Ma tempe me répond par une douleur aigu me ramenant à la réalité du sommeil me ramenant à ce trop plein de rien, ce trop plein qui fini par faire un Tout tellement encombrant qu'un placard même grand ne pourrait le contenir dans son entier...
Je suis tellement fatiguée...




-10 décembre 2005-




Je. Pourquoi Je ?
Y'a du soleil dans mon quartier, moi je le suis déjà à moitié... Soleil levant, soleil couchant, sur le divan de la mère-grand... écrire des mots sans mots, écrire des mots sans sens... écrire et puis c'est tout...
Dame fantôme aux mille visages défaisant lentement son corsage. Porte-jartels, et bas de soie noire. Cela fait des frissons qui parcourt ma peau... C'est tellement beau, cela fait chic, et peu distingué, cela donne envie de sexer. Qu'est-ce que le sexe sans amante ? Qu'est-ce que le soleil levant sans le divan d'où se relever encore frissonnante de sommeil, encore bouillante de charnel.
Je vois cette femme-homme, plus féminine que moi, que toi que le monde et sa Guerria contre l'ambiguïté, contre le vent et les marais. Des moules, des frites, des interrogations et moi qui me complais dans ce monde de questions... Cela fait froid sur mes doigts... Cela fait froid dedans moi. Je suis bien. Plus d'hommes que de femmes on dévêtu ce corps ? Non, foutaise !
Plus d'hommes que de femmes ont embrassé ce corps ? Oui et alors ? Celles qui l'ont embrassé l'ont vraiment mérité, alors que les hommes n'ont été que des « frivolations » intempestives, que des erreurs, du passe temps, de la tendresse volée...
Et vous ? Qui avez-vous dans votre lit ce soir ? Questionnez-vous... Il n'est jamais trop tard pour changer d'avis aller voir ailleurs si j'y suis... Regarde derrière toi, si n'y suis-je pas ?... Bien sûr, il y a le vent, mais qu'est ce que cela change, cela fait du bien...
Chaleur dedans ton corps, et le mien qui reste froid, « frivolations » qui ne rendent heureux qu'eux, alors s'arrêter ou être payer, au moins être malheureux et pouvoir se raccrocher à des choses matérielles, fautes que cela soit du bonheur partagé...
Parler pour ne rien dire, voilà ma doctrine, mon pêché.



-11 décembre 2005-


Je suis le vent et vous ? Vous rêvez de chaînes, de cuir, de douleur, de rire en pleure ? Frappez ici, au creux de vos yeux, pour que des eaux profondes sortent de votre corps. Bien sûr vous pouvez appeler les eaux de votre corps à faire de vous une fusion de détente, de plaisir, mais il faudra pour cela que vous mélangiez chocolat, douleur, douceur, salutations distinguées, envies partagées et délices, se lâcher...
Vous ne comprenez pas ce que je vous dis, réfléchissez, un jour vous saurez... C'est tout doux, doux comme les lèvres des femmes, en sang. Cela déchire le visage, le regard. Cela donne du sens au mots. Homo ? Ne vous imaginez rien, je ne suis que le désir de Sappho, rappelez-vous, cette sirène grec qui écrivit des poèmes à l'ode féminine, la petite coquine... Bien sûr, elle c'est une coquine et quand on voit des hommes faire de même, ce n'est que justice. Je suis en dehors des lois « naturelles » et vous ? je fais partie des gens bizarres comme dirait une demoiselle au c½ur tendre et empli de stresse, empli d'ambition...
Je suis le rêve qui chatouille le bout de ton nez, je suis l'autre que tu n'attends pas car, je suis là pour te soufflez les vérités que je crois juste au coin du rire...
Étrange musique qui ne me touche pas vraiment, qui fait de moi un nid de rien. Je veux du corsé, je veux un corset pour faire de ce corps un rien de bien. Je veux faire souffrir doucement ce corps avec délectation, avec soulagement...
Situation morbide qui crie dans le néant des astres, je veux franchir l'autoroute, je veux naviguer sur la route des Indes. Silence. Désapprobation, écrire des défections de rien, des choses sans vies. Déféquer soi-même son illustration de la vie, se réduire à la notion de rien, à la décompensation du vide. Je suis proche de la porcelaine laiteuse et entre en transe, en dérive amère, en une autre que moi, petite Moi au sourire défait, au rire argenté, aux dents rouges de ce maquillage qui si souvent à fait de moi une autre, qui a fait de moi, une prostituée du moi... Je suis le devenir de moi-même. Et je suppose que vous aussi. Vider son être de ses méandres cendrés. Détruire le rien, silence respectueux qui démange les riens, de la musique corporelle. De la nuisance de corps. Être un corps sans esprit, être un rien d'esprit. Soufflez sur le vent, il vous répondra, il vous écrira des mots silencieux, des mots diaphane, des mots rouges de sens, rouges de tout ce qu'il a vu, de tout ce sang qui déferle en moi. Je me vide de mon sang. Je me défais de la vie.
Un bonnet sur mon cerveau m'empêche de voir la triste méprise qui m'atteint. Je raconte n'importe quoi. Mes mots sont ma voix, et ma voix est enrouée par le trop plein d'absurdité qui toujours se contredisent en moi. C'est le néant du c½ur, du corps, de l'ailleurs. Je suis le silence du mal en toi... Secrets disparus dans l'autre que je suis parfois, que j'ai été. Demoiselle Umbrella. Morte une après-midi d'automne, morte car c'est le temps des cerises emportées par la foule qui a fini par avoir pitié de nous. Silsoudoulceur. Vouloir être un terme inconnu, vouloir se créer une identité propre, c'est la quête de quelques êtres, vous en êtes ?
Se dépasser par la disparition d'un voyage dans le carburateur interstellaire, avoir envie de remuer un organe inexploré. Secouez-moi faite ce que vous voulez de moi pourvu que vous soyez douce... Se mêler au désir d'être une autre...




-12 décembre 2005-




Comme dans la mer, je n'ai pas pied, mais cela fait du bien de se sentir nager, de se sentir voler. Comme dans l'océan je suis sur mon séant mais cela fait du bien d'être soustrait aux plaisirs interdits. Il n'y a rien et puis il y a cette pensée impossible à refouler, impossible à mettre dans les tiroir trop rempli de mon inconscient. Elle est là. Tu es l'homme que je pourrais aimer mais auquel je ne me donnerai jamais. Peut-on se préserver pour toujours pour l'être inaccessible, qu'une enfant a élevé au statut de dieu ?
Tu es, mais je ne suis qu'à travers toi. Pas de fusion et pourtant elle est là, omniprésente, sacrifiant la vie au trop plein de terre qui enseveli les corps, qui déterre les c½urs à corps. Sacrifier sa vie à la beauté des mots. Beauty, silence. Mes doigts arrêtent de vouloir penser pour moi mais mon idéal est caché en eux. Ils sont moi. Mais tu n'as jamais été toi, tu n'as jamais été qu'un faire-valoir pour ta propre personne. Conflits internes qui te transportent vers le rêve. Pelote de poil coincé dans le fond d'un gosier asséché par la spontanéité.
Je suis le souffle qui parcourt ta peau et qui fait d'elle ce morceau d'écailles irisées. C'est silencieux la beauté. Les mots finissent par devenir un trop plein de laideur de par leur vacarme assourdissant. Les faire taire. C'est la fin du monde que j'ai créé un jour. Il y avait de la neige sur mon corps, et je me réchauffer à son contact, je devenais braise de subir cette douche froide au creux du ventre de la matrice éternelle. Je ne suis que l'ombre d'un corps, je ne suis que le sourire vengeur de monsieur Jack. Déstabilisation, engloutissement du néant, du soleil levant. Ton corps effleuré par mes doigts font monter le suc en moi.
De tes nageoires de voilacté, tu manges les étoiles de tes yeux friands de malices étrangères à toi même. C'est cela le vrai plaisir, c'est cela le secret du rien, de la poésie qui voudrait tend naitre en moi, en mes doigts, en mon sein. Je voudrais donner le lait qui permettrait à mes mots de s'entrelacer pour supplier le monde sensible de faire moi une abstraction.
Silence en moi, quand vous bouillez dedans vous. Inconnu au silence doré, inconnu aux muscles tendus vers l'avenir...




-13 décembre 2005-





La mer. Elle me borde de son écume des jours, elle me berce d'un vent chaud froid, d'une bise marine qui effleure mes joues, elle fait de moi une plage de sable blond comme tes cheveux d'ange. Elle me caresse dedans moi de son souffle délicat. J'entends son murmure paisible qui fait de moi un sourire, un rêve profond, soyeux, plein d'un rien rempli d'un silence de plénitude. La mère.
Souffreteuse la plainte qui surgit d'ailleurs. Silencieuse, solitaire, la vague qui ensevelie la terre. Couleur miel, abeille aux ailes dansantes, chantantes dans une brise printanière.
Ça sent l'orange, le clou de girofle, la cheminée, l'herbe coupée. Une sensation de douceur embaume les c½urs engourdis par le froid de la noël rieuse. C'est tellement sirupeux toute cette mielleuse arabesque qui se déploie au loin, on entend l'orgue, on le distingue au travers l'exhalaison de la brume muette. Il y a cette quiétude qui repose dans le creux de tes reins solidement noués aux miens. Soulagement réciproque lorsque apparaît le croissant d'aurore.
Un robuste corps transporte des vies schizophrènes, décadentes de sens et de vigueurs sauvages. Cela se mue, se fait victime de transparence et fleurit dans le matin.
Un melon devient potiron quand on lui ouvre les entrailles. Le vert et le orange se complémentent avec souplesse et allégresse, il sont le jour et la nuit qui s'entrechoquent de galanterie. Cela fait du bien de recouvrir de cette peinture rougeâtre cette chair grise de sensation. Le bleu et le gris...
J'entends sans cesse cette phrase en moi, elle hoquette, haletante, se métamorphose en moi sans pourtant changer. « Le bleu et le gris sont pareils, ils sont toujours le ciel... »
S'effondrer, recommencer sa vie, sans cesse, sans jamais s'arrêter de courir dans le néant de la servitude. Nous sommes nos propres bourreaux. Pas d'inquiétude, pas de similitude. Pas de soulagement, la vie continue malgré tout ce que nous pouvons nous acharner à croire, à solliciter en nous pour se persuader qu'après il n'y aura plus rien, il y a toujours quelque chose, même s'il s'enfuit et que je reste.



-14 décembre 2005-



Je reviens à mes diables de l'enfance. « Bien sûr ce n'est pas la Seine, ce n'est pas le bois de Vincennes... mais c'est bien joli tout de même à Gottingen... » Je revois mes yeux d'enfant qui dégustent tendrement ces mots tellement justement posés. Je savoure silencieusement ces vers délicats qui toujours raisonnent en moi, qui font tellement partis de mon histoire qu'il s'agit d'un souffle, d'un murmure pour qu'ils se muent à nouveau en moi, tornade de sentiments, d'émotions mystérieusement arrivés dans le ciel bleu gris qui toujours s'offre à moi. Lentement je tournoie dans ces paroles de la défunte qui a brisé et réparé mainte fois ce corps, c½ur couleur rubis.
Je n'ai jamais été l'oiseau roi, je l'attends. Je le dévisagerai et l'embrasserai avec douceur, lenteur, tendresse... Retournons au pays d'autrefois... Des étoiles...
Silence transpercé de sa voix si triste et si profonde. Elle est moi, elle est toi. Elle est le souffle de ma vie puisqu'elle m'a guidé dans un chant intime, dans cette ville où je suis venue enterrer ce père qui toujours respire ce râle collé au poitrail. Je démonte la terre, je démontre la vie d'un signe de la main qui s'inscrit dans l'histoire.

C'est la fin de quelque chose, le début d'autre chose. Il faut absolument que je m'évade vers l'anglophone, vers les pays de l'ailleurs, même si malheureusement ce ne sera pas si différent d'ici, et je vais encore me massacrer le c½ur...
Partir, s'arracher vers nulle part... Je sais. Je sais que tu sais mais tu ne vois pas, tu ne sais pas vraiment. Je racontes n'importe quoi. Je pense aux feuilles, à tout cela que tu aimes tant. Je retournerai au « pèti Flore » comme tu dis... Je m'imprégnerai de ces images que tu as laissé un peu s'éterniser en moi...
Je suis silence quand tu me quittes et pourtant si tu savais comme j'ai des choses en moi pour toi... C'est triste, crois-tu ?
Mon c½ur sacrifié au nom de l'amitié noyée au delà de l'atlantique. J'ai tes poèmes sur dans mon esprit qui s'accrochent avec lenteur aux bribes de vie qui nous transportent...
Je suis le temps quand tu es le lendemain, quand je sais que tu poursuivras « The Life ». Je me tourmente, je me tournoie sur un moi-même incinéré de pleurs mainte fois refoulés. Je me « refuse » ses larmes qui hurlent pour couler, je leur chante une berceuse pour les amadouer, leur faire comprendre que rien ne s'arrête malgré tout, que je découvrirai d'autre gens grâce à ce vide perpétuellement « incomblable  », bien sûr d'autres gens viendront se fondre, se transformer en moi, mais IL restera ce Toi qui ne peut pas être remplacé car l'unité que tu formes ne m'en laisse pas le choix, le droit...
Silence secourable en ces temps de recherche d'identité. Je suis toi, et toi, et toi aussi, car je suis Moi... Et pourtant il n'y a rien de plus beau, de plus précieux que ces liens invisibles qui se sèment, se saupoudre de personne en personne... Ne pas avoir peur d'aimer, et de donner, quelque soit la difficulté de le faire avec justesse et profondeur. Tu ne me manques pas, car le manque est un défaut, un défi à combler, et pourtant, tu me manques déjà sans savoir pourquoi, comment tu as envahi ma vie, la pénétrant de toute part... Je sais, je sens, que ce n'est pas si intense chez Toi, dedans ton être si juste... Je ne suis pas triste de cela, je suis triste de mon propre attachement qui fait de moi mon propre bourreau, comme toujours. Ces mots trop plein d'un sens secret, mais surtout TROP plein de sens... me donne la chair de poule, de coq...
Nuage lunaire... Nuage de plomb tout doux, tout froid... Mousse aux éclats d'or et de vif. Je me laisse usurper par un cumulus douteux. Dévoiler ce corps c'est avant tout déterrer de la peau, de la chair, du sang, éveiller du vomi qui se bouleverse en moi. Suis-je sale d'être honnête avec les mots qui se déversent en moi ?
Mûrir, laisser ce squelette se décomposer en notes absurdes, mollement...



-15 décembre 2005-



Bien sûr il y a l'amour, bien sûr il y a le désir. Il s'appelle femmes aux mille visages, il s'appelle féminité, délice sucré et parfumé à l'embrun léger qui sème la discorde dans le vent violent de l'hiver. Et pour vous c'est quoi ?
Cela fait du bien de se laisser envahir par l'attente. Cela renforce le désir, cela donne au goût du nuage toute sa saveur étrange et unique. Cela nous laisse s'appesantir et à la fois, se dissiper les craintes qui si douces nous transpercent de leurs fouets cuirassés, pas loin du « potenkine ». Je suis le rien du tout du virage qui se fait derrière la colline qui est cent fois traversée ,aimantée...
Je suis la muette qui parcourt le bruit sans pouvoir en faire partie. Je suis le devant de moi même et ma schizophrénie s'amenuise dans le mistral... Pas de mistral, juste des graviers jeter sur mon minois qui en devient gravas...
Une baleine passe elle flageole, se rétracte telle une huître isolée... Courage, demain le Dérisoire. Condamnation... Divaguer... se murer...


-16 décembre 2005-


Encore un jour perdu, égaré. Avoir trop mangé. Je sens l'odeur tellement agréable de l'orange piquée de clous de girofle. La noël rieuse... Pleureuse, peureuse. Offrir juste une terre bleu comme une orange... voilà un objectif loyal et ambitieux.



-17 décembre 2005-


Miroir intime, journal aux pages noires de non sens. Se dévider quelque part, se déverser de tout son rien. Mélancolie étrange qui fait de la vie une magie insoutenable. Se secourir grâce à l'espoir qu'on place en soi, en l'autre. Orange douce amère dans une main, amitié dans l'autre, succession de chose qui font que tout se lie de manière silencieuse, parfaite. Je crée, je donne... Tu reçois, confiture étrange qui donne le vertige. Tout s'encastre en moi et toi, électron libre tu va te désagréger dans mon espace... Disparaître du temps qui passe, réapparaissant dans ce culte de l'amitié que nous allons nous transmettre à travers les images du passé, les images de demain... Théière, parapluie, feuilles multicolores, lanterne qui nous guide sur les chemins d'hier mais avant tout d'après demain... Dans le train les vies s'entrechoquent c'est tout doux... La vieillesse hurle dans une technologie trop muette pour elle. Je pense à monsieur Apollon, et m'échappe furtivement avec prudence et délicatesse. Je brise les tasses qui se présente en moi, le thé, âme en exil, s'évade dans le tapis...
Cela fait du rien de faire du bien. Ne jamais se quitter être toujours fidèle à soi-même avant d'être fidèle aux autres... Souffle dans le courant d'air parfumé aux secrets, ne pas se murer, s'avouer à soi-même dans un élan de soucis mélancoliques et partager. Doctrines, nuancier de la vie. Courage dans cette entreprise bizarre qui se tortille dans l'air saturé de décembre. Pas de flocon sur moi, sur ma chair sublimé part le sépia de l'envie. Se laisser enterrer, transparaître, s'abandonner. Faire de soi une éternelle énigme. S'abîmer, survivre, regarder des corps les apprivoiser de nos yeux pervers. Je suis le mal et vous ?
S'adonner au rites sacrés du mystère, faire de soi une constellation ambrée et tournoyer dans le progrès de sa propre histoire. Conte s'enroulant sur lui-même. Tout est lié, les choses s'enchaînent avec justesse et adéquation avec les actes que précédemment nous avons bullé.
Continuer sa course dans l'écriture, en faire un sourire qui donne sur l'océan, ne pas oublier de s'y baigner nu, sans carapace aucune juste une communion entre sa peau et l'érosion de l'eau qui nous use tendrement. S'enivrer de souvenirs, de théories qui régissent nos vies dans la direction que nous choisissons. Ne pas perdre le fil, voilà tout... Et vous où en êtes-vous dans tout ce fouillis plus gris ?
Port Boulet.
Un des emblèmes de mes amitiés attachées se pourlèche joliment sous moi. Boule de poils sournoise qui adorable se pelotonne dans ce stress qui habite la vie.
Une voix sucrée me susurre de l'anglais dans mon corps et cela fait du bien. Tout doux, tout mauve, guimauve. Guy ?
Teint violacé par des sourires s'effacés avec tristesse sur le sol. Terre rouge aux embruns noirs, cirage qui embelli la planète. Bleu.
Se coucher et devenir transparent. Ne plus s'accoutumer à soi, seulement donner du ciel à la terre aride qui s'adosse au commémorations pour poursuivre sa mortelle ascension. Orage sans désespoir.


-18 décembre 2005-



Il y a des mots sur la rive... Écriture au c½ur amère. Come to me... Silence, overdosé de grésillements subtiles. Le baiser que je veux te déposer sur les lèvres tarde à éclore. Je décèle un alourdissement dans la mer. Je caresse une joue pleine de soupires, dérive, dévisage. Sauvage le minois que le miroir disperse sur le monde... Je désacralise l'univers et m'entraîne vers l'amour... A comme l'Aube. Le temps d'une cerise trempée dans un alcool étrange qui fait vivre les rêves... Je suis le miel, tu es l'Erdre. Je mélange la courtoisie au souffle précieux du temps qui a fait de moi un électron libre et obscure. J'ai envie de me jeter dans le vif, de brûler ces ailes de cire qui souvent me déforment le dos. Cela se putréfie sous mes doigts fins. Je me déplie, et je détaille le rire de mes compatriotes qui dénigre mon c½ur... Passer à une nouvelle vie, trouver l'amour et s'enfoncer dedans sans réfléchir, sans croire que cela va me détruire, seulement penser au beau, à l'insolite, à la découvert... À la construction du point du jour, je détourne les virages qui pourrissent dans les recoins de mon être... Je suis le nuage qui passe sur moi-même, mon corps s'enflamme, et je démoli ce qui reste de flou en moi, seulement vivre, ne pas s'interroger inutilement... S'apprivoiser.
J'observe la musique qui me parcourt de ses notes éjaculées sur mon déshabillage, corsage solitaire, évaser sur la terre. Rouge, ce miracle qui m'enseveli de poudre coloré de transparence. Je déambule, funambule qui titube de son courage défaillant. Il y a des poissons sur la plages qui se meurent et je les piétine, en c½ur, de mes pieds dénudés pleins de sables violacé, violenté...
Je suis le jour et vous ?
Je me préserve de la vie, petite boite contenant un appendis de latex pour me déguiser le corps, se camoufler des préjudices qui apparaissent sans prévenir dedans nous et qui ne savent pas disparaître. Ne pas attendre la mort, ne vous retournez pas elle arrive, elle regarde votre cou avec l'envie d'y planter ses dents. Délice. Souvenir d'hier, l'aphasie s'installe, ne pas communiquer.
Ne pas s'énerver pour rien. Ne pas se détacher dans la rivière, ne pas se disloquer avec insistance dans le peuple de l'âge. Raconter des bêtises, s'en délecter. Mentir et en jouer... Plonger dans le bleu de tes yeux, transparence intime. J'en ai marre. Je veux m'écrire. Je suis le néant des âges. Je suis heureuse mais encore trop lourde pour m'envoler. Ne plus avoir de mots. Cessez de se donner au grés des pages...
Des jours se lèvent sans moi, et vous ?
Noir et blanc dans nos sourires partagés par le secret du mauvais soupire. Manifestations légères, étrangères. S'entourer d'oranges, de clous de girofle qui sentent la noël...
S'embourgeoiser et se transformer en papier peint doucereux. Cela me fait tourner le c½ur, vomir son destin, s'y fondre, le parcourir, le distribuer...
Images si belles qu'on voudrait y vivre, en faire parti et pourtant on sait que c'est un décor. Ne pas s'éloigner des gens, des choses si ce n'est pour créer une rupture nécessaire à sa propre survit, ou à la survit de l'autre. Autrui, la vie.
Chanter avec de la beauté dans les yeux, dans l'existence... Se muer dans une photographie, y trouver de soi, de toi. Prodige, oracle au parole d'or. S'affronter et parcourir le bleu, le gris, la pluie.
S'entendre vivre, et s'écouter... Tu verras, demain le jour s'ouvrir dans le creux d'un bois. Chuchoter son amour dans la cavité dérobée d'un arbre centenaire. Parler à la vieillesse... S'inspirer de tout cela et ne jamais s'en défaire. En faire partie avant tout... Ne pas souffrir... J'aime...




-19 décembre 2005-



Presque deux jours de silence. Aujourd'hui Germaine est morte et l 'Amérique est partie pour une éternité mal définie. J'ai froid aux doigts. Des perles de pluie ont glissé avec douceur, douleur, sur mes joues rougeoyantes de froid. Nantes, il fait gris, froid, peur. J'ai envie de partir d'ici, mais sans aucune envie, ni idée d'où aller... Tout me manque, j'ai envie d'appeler l'Aube mais je trouve cela tellement étrange que je ne le fais pas. Je reste enfermée entre les quatre murs de ma pensée qui trop blanc, trop nuancé d'intimité, ne répondent pas à mes attentes, à mes besoins de parole. J'aurai l'obligation de communiquer. Mais pourquoi ne pas répondre avec la technologie à cette carence ?
J'ai appelé l'Aube. Elle était lumineuse et pleine d'un petit quelque chose tout doux qui m'a permis « d'oublier » la douleur de ce départ qui me ramène au fait que plus jamais je ne serai accompagné de cette façon si onctueuse les vendredis de l'après. C'est étrange de voir que les choses évoluent bien plus vite, qu'elles se défont et se refont bien plus rapidement dans ma nouvelle vie qu'ailleurs. Les gens sont encore moins stables qu'avant. Ils sont ces éternelles chaussettes accrochées sur ces sempiternels fils à linge affrontant inlassablement la tempête... Vouloir qu'on lise mes mots. Ne plus vouloir les garder pour moi. Espérer que la vie s'en échappe et fasse de ces notes de sonorité sensorielles un vagabondage plein de sourires, plein de souvenirs.
S'agripper aux épines des arbres. Ramasser des feuilles. Se nuer d'abeilles. S'étouffer de sommeil. S'apprivoiser de « rigoleries » décadentes. Je suis Toi.
Eucalyptus dérivant sous un paravent, frétillant. Je veux l'eau, les minéraux et les coquillages. Je veux du romantisme et des choses fragiles à partager. Coule toi dans Moi sans devenir mon ombre, je veux que tu sois toi au point de respirer et de comprendre qui je suis. Il y a si peu d'initié que cela en devient triste... S'accrocher au vent...

Repartir vers l'ailleurs qui raisonne comme un endroit douillé, recroquevillé dans le creux de mon Moi. Cela fait encore froid. Souffler sur les bougies de la vie. Ouvrir le flou sur nos corps lacérés de trop, ou de ne pas assez vivre. Se noyer.
Perdurer malgré tout ce qui dérive dans l'univers qu'on s'est créé. Je suis la pluie. Dessiner à l'encre noire ce qui brille dans ses yeux. Se blottir contre sa bouche, faire de ce délice un secret. Être une personne notoire et l'assumer. Se dévisager et penser. Bouder, ne jamais laisser exploser réellement sa colère car elle n'existe pas. Se défaire de la vie. S'enfouir dans l'Autre.
Poser une main sur son sein, l'épouser. Ne plus dormir, s'étouffer. Avoir envie d'obtenir l'Amérique, y rêver. Partir en voyage dans son corps imaginaire la regarder, l'entendre en soi. Penser à l'envie d'être à ses côtés. Épuration... se dévêtir s'organiser pour plaire. Ne pas être surchargé, être soi...





-21 décembre 2005-


Jour néant. Jour perdu dans l'empire, mainte fois parcourut, de la consommation. Pas de positif dans ce jour. Juste qu'on a respiré comme toujours et qu'on a su en rire grâce à quelques notes de musique qui savent donner le sourire et vous le faire garder. Et pour vous comment va décembre ?
C'est tout doux ces frissons qui déambulent, légers et vadrouillant sur cette peau qui autrefois fût diaphane. Muer, se libérer car ma peau impure de part mes fautes s'allonge dans une continuité étrange... Je suis rouillée par les passages d'une pluie acide qui s'en cesse tente de laver ce corps qui pourtant n'est pas salit mis à part par l'âme qui l'habite et qui parfois lui est infidèle en le maltraitant avec une dureté silencieuse et austère. S'aventurer sur les chemins de la souffrance intime. Je suis le rêve de la matrice. Je suis le rejet d'un monde trop pur dans l'idée qu'il veut projeter sur des murs blancs cassés. S'appesantir d'un rêve glacé. Ice Cream. « S'épouvantailler » de toute part, devenir un « effrayeur » d'oiseaux couleur ocre jais. Solitude éternelle en ce corps.
Plume de serpent dans le creux d'un grand peuplier brun seigneur. S'évanouir avec le rire d'un enfant tellement heureux, qu'il vous fait voir votre taciturne existence avec un dégoût proche de l'envie de la mort. Ne jamais mourir. Se laisser surprendre par cette mort qui n'existe que pour les songes. Nous vivrons jusqu'à ce que tout ceux qui vivent, contemporains, se quittent eux même, en attendant nous n'aurons pas de vrai mort. Se soulager...
Pleurer quand un ami s'envole vers sa vie. Mais ne pas oublier de regarder droit devant, l'avenir, car sinon on risque de louper son retour... Je te vois revenir toi l'ami perdu il y a si longtemps... Bien sûr tu n'es pas celui que j'ai quitté mais tu es quand même Toi et donc celui d'hier également... Penser à toi n'est plus une plaie ouverte, à présent je sais que tu veux vivre, que l'ombre de la mort qui t'habitait a construit sa niche dans une partie plus inconsciente de ton univers... Libération. Je sais que tu ne veux pas revenir vers moi... Enfin... je ne sais pas. Je ne suis pas non plus la même. Silence. Se murer dans l'amour... Souffleter sur la route des souvenirs pour les faire parvenir à soi dans une légèreté bleuté.
Raisonner dans un soupir givré. S'époumoner dans un ailleurs... Se glisser dedans soi... se crier des lois car il faut rester droit avec soi même et en même temps n'être que poésie et beauté profonde pour savoir éternellement se surprendre. Nous sommes des êtres exceptionnels mais malheureux, alors faisons briller le vent comme une teinte saphir dans nos cheveux. Nous ne devons la loyauté qu'à nous même. Ne jamais se décevoir est une raison de vivre et de poursuivre l'existence. Les autres nous donnent quoi que nous fassions car l'être humain communique et ainsi transmet la vie sans même le vouloir. Nous sommes des êtres généreux à notre insu donc il n'y a qu'à nous que nous devons réellement quelque chose car nous ne nous donnons pas de manière inné ce que nous offre autrui... Suis-je clair pour vous ?
Tournoyer dans sa tête, le froid rend fou... Avoir envie de crier mais ne pas le faire de peur de déranger Autrui, de créer une confusion alors que le calme règne... Dormir...





-22 décembre 2005-
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#Posté le lundi 19 décembre 2005 16:45

Modifié le dimanche 05 février 2006 15:07

Novembre, le vice de la rechute...

Pardonnez-moi, Pardonne-toi, de ne pas être assez forte, d'avoir ce besoin, cette addiction aux mots... J'ai replongé. Je n'ai pas su resté loin de moi-même via cette écriture automatique, effrayante, effarante, interrogatrice, dérangeante pour moi-même et les autres. Le vice a un nom, il s'appelle l'écriture. J'ai repris les rennes, j'ai repris le chemin vers ma thérapie par les mots mélancoliques et j'espère toujours poétiques, car c'est là la clef de ma guérison, la métaphore.

Et puis j'ai eu en moi cette impression de silence, cette chose impossible à détacher de moi qui me poursuit, et qui m'englue. Comme toujours je n'ai pas réfléchi aux conséquences, pourquoi faire ? Si on pense trop on ne fait plus rien, alors on se laisse porter par les gestes, petits actes du quotidien qui savent s'inscrire dans une spirale indécente, qui nous ravissent par leurs excentricités... Je suis une poupée qui dit oui, et vous ?
J'ai écris des mots illustrant cette souffrance et en même temps il y a ce néant de sentiment qui toujours plane en moi m'empêchant d'aimer... Je frissonne en entendant ces mots : « viens là... » et mon esprit décadent repart vers les teintes sépia du désirs, du tabou.
Je suis submergée par le fantasme de la vie rêvée que je choisis au creux de moi et je suis transportée par la lueur infantile qui noie souvent le jour. Je suis buée étrange, extraordinaire, légère et toi tu es l'autre qui crie dans mon gouffre intérieur. Il déambule ce souvenir, il titube, il recule et saute dans une cavité sinistre. Je suis un petit peu floue, je suis peut-être le synonyme du retard, le synonyme du néant, du tourment, rions-en...
Je me laisse bercer et vous ?
Abandonnez-moi à mes larmes, ne retenez pas en moi ce qui veux rester accrocher au Rien qui est fait tellement partie de moi. J'entends des yeux noirs frémir. Cela doit si peur, mais je n'ai pas peur, on continu à vivre quoi qu'il advienne, on fait des erreurs, mais rien ne change, seules des petites choses évolues, mais cela n'empêche pas qu'on respire malgré tout, rien ne nous laisse mourir même lorsque nous commettons un homicide au « bon » déroulement de la vie.
Recouds-moi fais tout ce que le vent oublie de faire de ma personne. Touche les parties de mon corps que même moi je finis par oublier, touche cet esprit qui est si peu sollicité par autrui, qui est si peu aimé par autre que moi. J'aime en moi tout ce que je suis capable de créer, tout ce que je suis, tout ce que je dois encore devenir, j'aime en moi ma conception du monde, je m'aime faute de trouver quelqu'un pour exécuter ce rôle encombrant à jouer, et vous ?
C'est spectaculaire tout ce que l'être humains peut faire pour se rendre heureux. Je fais partie de ses êtres qui ne croient au bonheur que lorsqu'il est écrit sur des pages au papier quadrillé violacé, que lorsqu'il est créé et pourtant, même si mon bonheur émerge de ses gribouillages intempestifs, que je sais si bien me faire souffrir par cette pratique barbare de l'accouchement déclenché...
Secourez-moi, mais laissez moi sauter là bas, il y a le risque, il y a les choses qui ne me font pas peur... Il y a la vie, il y a le temps et la continuité.
Dégage de mon chemin, je dois passer ! Attends, je veux te prendre dans mes bras, te serrer, t'étouffer, te donner, me donner...
Tu as peur, froid ? Quel est ton avenir ? quels sont tes rêves ? quels sont les désirs que tu caches là, oui sous ton pull si noir... Soulève ce miroir de l'inceste, je vais te décrire ma vision de la vie, je vais te faire comprendre comment désacraliser nos corps comment faire de nous des chairs et non des esprits à certains moment de nos vies. Mais que fais-tu ? relèves-toi ! Il y a tellement de choses à voir derrière cette colline dorée.
Lèves-toi et marches, je vais t'appesantir dans cette quête, je vais m'asseoir sur ton dos, pour que tu portes avec ton propre corps mes soucis, voilà ce que les gens parfois font de nous, des mules à soucis...
Se détacher de cette chaîne grotesque, éclater de rire... J'ai écrit tout cela avec un cil sur le c½ur qui papillote au souffle de mes émotions...
Ligotez-moi ! Et pour vous je fais quoi ?


-22 novembre 2005-




S'empêcher d'être soi, voilà la chose la plus absurde que se dicte inconsciemment l'être humain, que je me dicte en présence de certaines personnes.
« Hier j'ai écrit dans le noir, la lumière s'est faite dans le couloir... » alors j'ai franchi la barrière des mots à dire, j'ai arrêté d'être une lueur, je suis devenue noirceur à mon tour, incompréhension. Je suis devenue un peu comme mon paternel : « mets ton poisson dans un carré ! » Double sens, malentendu... absurdité qui demeure sans les mots pour l'explicité. Il s'est tu tout comme moi dans sa respiration saccadé par le fil de la longévité. Fil de la longévité, oxygène qui se diffuse en moi avec cette peur qui n'existe pas de voir disparaître ce corps de ma vie. Je me remets à l'écriture guérisseuse, Umbrella ne doit pas être loin... dois-je retourner vers elle ou poursuivre ses traces sans son aide ? Man on the moon me souffle qu'il doit y avoir un JE sur mes souffrances et mes interrogations... Alors pourquoi ne pas recommencer, où les mots retracent mon histoire ?
J'ai repris ce chemin hier, il me fait peur, je me sens nue, froide dans ce silence meurtrier... J'ai peur que dans ce Je s'envole ma poésie s'envole mon sens du rythme qui me libérait de tend de chose... J'ai peur que le Je mange ce qui a le pouvoir de faire de moi une création, grâce au détachement... La métaphore, mon alliée pour débusquer mes travers censurés...
Dénudez-moi mots de mon enfer, brûler les pages de mon histoire revenue hier dans un champs de confusion intime...
Hier novembre est revenu à moi, il m'a enveloppé de ses bras, de ses feuilles sanglantes et m'a ramené au sang de la vie qui a quitté cette existence, et qui depuis si longtemps ne m'avait pas manqué... Je pensais avoir fait mon deuil, mais sans doute est-ce le cas, seulement, aujourd'hui il devait revenir à moi dans un soubresaut de lumières orangées. Je me suis laissé bercé et Umbrella a regardé par la fenêtre... Je la sens là en moi, elle bouscule doucement mon ventre, se love tendrement au creux de lui et me murmure que je peux compter sur elle pour que je ne laisse pas le vent emporter mes mots, mes assonances, que même si elle ne s'offrira plus à moi, elle restera là à contempler de ses yeux verts mes quêtes et mes avancements au sein de ce paradoxe infernale qu'est l'écriture...
Pour quoi écrire ?
Je suis si mélancolique, je suis si imprégnée d'un froid indissoluble, donne moi cette écharpe étrange, appel la police, le shérif m'a volé mon étole rose et noire... Je suis dans le creux des vagues couleurs encres marines... ne pas différencier le bleu du noir, ils sont le ciel...
Plonge en moi et retrouve ce que j'ai égaré, retrouve ce que je tends sans cesse au monde... Tu ne trouves pas ? Je l'ai perdu, je l'ai mis sous mon pull et hop, il s'est fondu à ce corps malléable... Je suis ce mélange extraordinaire de fantaisie et de non compréhension de la continuité de la vie... J'aime cette alliance, fait de moi ton autre. Umbrella frémit, elle se réveille doucement, cligne des yeux et me sourit tendrement, l'idée me traverse de déposer sur ses lèvres un baiser et puis je me retiens, je refoule cette envie absurde. On ne peut pas s'aimer soit même, c'est mauvais pour le c½ur, mauvais pour l'image, mauvais pour découvrir en nous des sentiments pour autrui... Aimons nous les un les autres, mais je me préfère moi ! Laissez moi !
Umbrella enroule de ses longs bras ma chairs en fusion et nous nous laissons aller au plaisirs de nous retrouver. Nous faisons de nous même des icône de désirs, de plaisir... Se mélange en moi cette découverte, et je fais d'elle l'union sacré du Moi et du Je...
J'ai froid. Je frissonne au creux de ce mur qui me soutient, qui me retient, de quoi ? Raconte moi la vie, les mots, les rires, toutes ses choses qui font des remous au creux du c½ur... Déboussole moi... J'ai si froid.




-23 novembre 2005-



Il y a la crudité de la chair, il y a tout ce que le fantasme fait de moi. Il y a tout ce qui passe en moi et qui traverse cette autre qui s'empare parfois de ce corps, ses mains, de ses mots. Schizophrénie qui libère, qui arrange, qui dérange ?
Parler de soi et en même temps écrire dans le noir de son Moi. Se laisser aller vers la mort en regardant les jours. Aujourd'hui j'ai pensé à la mort, cela faisait longtemps que cela ne m'était pas apparu aussi clairement. Il y a ce silence qui débute et cette confusion qui commence à s'installer en moi. Ce désir d'en finir avec moi-même avant de ne plus me comprendre, avant de basculer vers quelque chose qui ne sera plus moi et qui vient déambuler dans mon ventre, qu'est-ce qui est moi ?
Ma sexualité est saturée de troubles inodores, incolores qui pourtant se révèlent à moi quand le temps se défait. J'ai envie de voler vers quelque chose de plus concis, de non mélangé dans un bien-être qui n'est pas le mien. Peut-être qu'Umbrella est plus juste dans ces mots, je ne me reconnais pas, il ne sont pas moi car j'utilise ce Je qui me pourrit de l'intérieur, qui dévore ma poésie, ces mots ne sont pas moi. Je dois te retrouver Umbrella revient en moi.
Demoiselle Umbrella est là, elle caresse le regard qui m'anime, moi son hôte. Elle ne sait si elle doit véritablement m'obéir, se laisser entraîner dans cette histoire sans fin. Umbrella je t'en supplie, oui je t'avais laissé partir mais j'ai besoin de tes mots pour parcourir à nouveau avec justesse les émotions qui me traversent... J'ai replongé, j'ai rechuté, pardonne-moi, aide-moi. Je n'aime pas demander l'aide de quelqu'un mais tu es la seule en qui je peux avoir confiance...
Autre que de moi-même, tu es la clef de ma sortie pour m'ouvrir vers le jour. Alors tu me propose une course poursuite ensemble dans les mots un compromis... tu seras cette autre, cet être de substitution mais je devrais garder de ce Je comme Man on the Moon me l'a conseillé. Il est clair que tu me pousse toujours plus loin, et c'est pour cela je souhaite ton renouveau dans mon moi...
Novembre, période toujours charnière, période toujours conductrice vers la remise en question, vers le nouveau monde que je crée. Umbrella est là. Elle est revenue. Nous allons nous répondre, dialoguer dans un remous de nouvelles choses au milieu des feuilles nantaises qui échoue au sol, tourbillonnantes de flocons léger. Je suis étrangement heureuse de te voir, de caresser ton visage a travers moi, mon Umbrella. Je retrouve la douceur de la lumière que m'offre ton parapluie rose, qui me protège de ses baleines piquantes. Je suis la lâcheté et toi mon courage... Je suis et toi tu es en Moi. Tu es l'autre de la perfection. Tu écoutes, toi petite femme au creux des nuages. J'ai de la peinture au bout de mes doigts brisés par le secret qui m'enseveli.. Je suis une poupée, et toi le regard qui me revoie sans cesse l'image qui se diffuse en moi avec justesse. Je gicle sur des toiles blanches, mes tranches de vies se bousculent dans cet appartement qui a donné naissance à mon indépendance.
Pourquoi l'écriture est-elle repartie ? Je connais grâce a Umbrella la réponse... Il est là, il me hante de ses yeux noirs creusé dans sa chair. Le canapé rouge fait ressortir son teint blafard. La mort est en partie déjà dans son corps, ses pensées ne sont que noirceur. Son souffle s'est amenuisé et des larmes sont remplacés en moi par des pincements au c½ur lorsque je pose délicatement, en admirant le visage d'Umbrella, les mots qui me poussent aux bout des doigts. J'ai rechuté tout comme ton souffle le fait. Tout comme ton corps semble le crier. Je ne suis plus là mais le non-détachement fait que je sais que tu es là, posé au milieu de cette pièce vide de ta présence physique. Je t'amène avec moi sur les bancs du savoir. Tu me transperces de ce souffle alimenté par ce fil de longévité avec lequel tu joues pour te laisser du temps, pour te persuader de ton envie de vivre qui semble t'avoir quitté. Que fais-tu ? Il y a ce conflit interne qui me fait si mal... Je sens ma chair se recouvrir d'écailles, de frissons mélancoliques, j'ai envie de verser sur mes doigts porteurs de mots si assassins des larmes sucrées.
Porte-moi, serre-moi dans tes bras. Je n'ai nulle part où aller seulement me regarder dedans moi. Comme un poisson dans son bocal, je tourne dans le néant, dans la légèreté des mots...
Ne pas laisser apparaître ce que je défais de moi-même. Je peins la vie. Je peins le noir. Je peins moi-même. Mon corps s'emmêle en moi. Je désacralise cette parole que je ne sais pas diffuser à autrui. Il ne faut pas que je parle et en même temps l'important sont les mots. Les regrets d'avoir trop fait silence sur mes actes m'a peser il faut que je désacralise ma parole comme je sais a présent désacraliser mon corps ! Dites-moi votre secret. Umbrella pleure en moi, elle émet la souffrance qui déambule en moi, sans pour autant se montrer ici. Je réussis le pari du Je. Ai-je encore la poésie ? Répondez-moi, j'ai si peur d'avoir perdu mon autre, mes mots, mes quêtes littéraires dans la psychologie douteuse et pleine de vengeance... Je n'arrive pas a cesser d'écrire, j'ai comme besoin de me démener dans les mots j'ai pourtant dépassé mes limites... Je m'étais fixé une quantité que je bafoue comme je bafoue mon autre, Umbrella, que je devais laisser en paix à présent et que j'ai pourtant rappelé. Je sais qu'elle me guide, je ressens son effet sur mon dialogue, sur mon conflit interne qui s'atténue.
Demoiselle Umbrella ouvre ses grands yeux verts et me colorie le visage a l'aide son corps. Je me laisse envahir par les frissons, les interrogations. J'ai une boule dedans mon ventre, j'ai envie de crier pour que ses oscillations corporelles cessent. Il y a l'Homme sous tout cela, la problématique du sexe masculin dans ma vie, dans cette boule transparente qui est né au creux de mon ventre. Le fond du gouffre, le fond du vagin. Je dois lui parler c'est urgent, il répond, immédiatement.
Je t'écoute, je suis dans ton corps, quand tu parles a ton c½ur, étant un être pervers, j'écoute, je m'étends et je partage tes mots pour savoir si un jour je serai enfin concerné par tes dire. Mais toujours c'est la déception, il n'y a que des autres de moi-même qui sont concernés dans ce c½ur si aride pourtant.
Je suis désolée mais mon c½ur n'arrive pas à donner son accord à d'autre qu'à ces femmes qui me pimentent l'esprit. Elles me rejettent, peut-être devrais-je aller voir du côté de ce masculin ? Vagin, je sais que je tu serais heureux, mais C½ur si excentrique me dit que ce n'est pas possible, qu'il en mourrait. Dans mon enfance je pensais que je serais capable d'aimer les deux sexes, et aujourd'hui rien ne me parle. Lapsus ? Asexuée ? Pas de recherche dans autrui en réalité. Étais-je plus juste avant dans mes considérations ou le suis-je plus aujourd'hui en acceptant une désacralisation de mon corps mais en ne désirant que l'amour féminin ? La psychologie mange ma fraîcheur...
Je dois passer, laissez-moi passer... je renverse sur mon passage tout ces phallus étrangers à ma vie. Et je laisse en moi raisonner l'appel du gouffre. C'est si dur ? Non, je suis moi dans tout ce que je fais et la confusion me ramène a cette envie de mort. Je peins mes murs intérieurs de noir et rose car même si « le rose est mieux que le noir, les deux s'accordent ». Je parcours mes résonances et les fais chavirer. Silence. La musique emplie de chair de coq cette peau qui vacille avec agilité au vent de mes émotions. Umbrella est jalouse ? Non, heureuse de voir combien je retrouve en moi une dextérité avec les mots. Mais ce morceau de rien étrange reste accroché, scellé à mon estomac. Je ne veux plus te voir, va-t-en ! Mes doigts palpitent. Déguises tes rires, mange tes sourires...
L'hiver fait partie de toi et moi ? J'ai si froid.
Je plonge lentement en moi, brusquement je rebondis contre cette chose brûlante, « rigolante ».
Je n'ai pas peur, juste mal. Mais je ne devrais pas avoir mal ! Mon paternel, au milieu de son couchage couleur sang laisse ses yeux creusés déguster la vie morbide qui l'habite. Du papier, arbre de vie s'entasse à son chevet. Et moi je suis si loin. J'ai en moi son ulcère, j'ai en moi cette oxygène qui fait ma jeunesse et lui sa maladie. Le souffle s'envole, c'est la vie qui veut partir. Son corps, cette dépression, ce délire, ses pensées qui me sont inconnues et pourtant qui transparaissent dans ce morceau d'âme qui dévore son visage. Billes brunes au milieu de ce teint maladif. Je pense a tout cela et je me déchire alors que je devrais comme j'ai su le faire durant presque cinq mois, me détacher penser à ma nouvelle vie. Umbrella délivre-moi !



-24 novembre 2005-



Demoiselle Umbrella tout comme moi se réveille doucement, elle a les yeux entre-ouverts, elle regarde le plafond, elle admire le matin. Il fait froid dans mes doigts. L'écriture me congèle les membres et je replonge vers les tempêtes de mots qui veulent faire mourir les gens. Mais rien ne fait mourir les gens, mis à part eux-même.
Hier m'a épuisée, l'émotion m'a consumé, a fait de moi son esclave, elle a possédé ce corps trop plein et transformé la vie qui m'animait alors. Je suis devenue l'autre que j'avais été deux ans auparavant.
Non, tu ne m'avais pas manqué espèce de monstre informe qui dévore mon esprit et fait dériver mon corps vers des conduites insolites. J'ai sombré vers une folie étrangement angoissante où les tremblements se sont mélangés aux pensées qui vous transcendent le ventre avec un sabre tranchant. Dans ces instants de confusions, de démences qui peuvent faire de vous ce que vous n'êtes pas, demoiselle Umbrella est là. Ses larmes sucrées ont guérit peu à peu mes troubles, mes tremblements, elle m'a pansé tendrement de ses doigts fins et a mangé avec moi le regard de ce monstre sacré qui m'amène à la folie. La folie, débat aussi vaste que moi-même. Les mots ne se perdent plus et je reste là, extrémiste dans mon cercueil de verre, m'interrogeant sur comment m'évader de cette paralysie. J'ai tellement froid, serrez-moi dans vos bras !
« Ton poisson, met-le dans un carré ! » Je suis mon autre. La fatigue a prit possession de ce corps désacralisé de vivre. Je suis exténuée de toute chose en moi. Le temps a reculé dans mes membres et décalé les vertiges qui animent le spirituel. J'écris des mots qui ne veulent plus rien dire mais tout ces mots font du bien, ils rendent fous. Je suis en train de me laisser aller car je sais que je suis dans un cercle vain. J'ai honte de ne rien faire pour me retenir.
Demoiselle Umbrella a les yeux a présent ouverts, elle bat mon corps, elle lui chuchote des vilaineries pour qu'il remue, pour qu'il vive, mais rien a y faire, je ne veux plus.
Mon poisson est dans un carré mais cela ne l'empêche pas de tourner en rond. J'en ai marre des homards, laissez moi tranquille, je veux seulement que quelqu'un me prenne dans ses bras pour que ce soit plus facile de regarder passer les jours.
Tu dois arrêter de laisser l'hiver reprendre ses droits sur toi !... me crie Umbrella. Mais je suis épuisée, je ne suis plus qu'une miette de moi-même. Je ne suis plus qu'un sourire figé dans l'espace. J'ai envie dans cette beauté des choses de mourir. Dans cette statique stupeur le gouffre du bonheur n'est pas loin, il se nomme la complaisance. Elle a trouvé ma voie. Elle m'a découvert la vie et vous ?
Pouah ! Laissez-moi !
Regarde-moi et parle-moi dans un soupçon de dédain, je ne dois plus respirer ? Réponds à cette question impertinente !
Fragilité qui se balance au creux de l'ouragan. Et toi dedans moi qui te love, qui fais de moi ton abri, l'abri de mes souvenirs. Je me plonge dans les vibrations du corps pour faire ressortir de moi tout cette substance jaunâtre qui s'écoule de mon antre, qui s'écoule de ton ventre. Umbrella recouvre moi de ton parapluie rose...
« L'enfant même s'il fait mine de jouer dans un coin de la pièce entend ses doléances... » je suis cette enfant qui fait mine de jouer et j'entends, j'entends ces murmures qui dénoue la vie.
Je suis obligée, non je n'ai pas le choix. Bien sûr qu'on a toujours le choix, mais entre laisser mourir les gens loin de nous, ne plus se soucier d'eux et tenter d'apporter sa présence à l'édifice douloureux de la soutenance dans une épreuve quand on a la possibilité de le faire même si ça fait mal, je m'interroge encore sur la validité d'un tel choix. On ne peut que décider de franchir le pas. Alors, je me jette dans cette gueule de loup aux dents pointues dont j'avais déjà réussi à me détacher...
Je ne sais plus écrire, demoiselle Umbrella me manque tellement même si elle est moi ce n'est pas ses mots qui gicle de mes doigts... Son Elle me libérait tellement mieux...
Mais je n'arrive plus à me fondre totalement en elle, nous sommes à nouveau deux entités distinctes. Demoiselle Umbrella se protège de mon moi et elle a tellement raison car il s'ébroue, car il se dissout.



-25 novembre 2005-




Détruire ses mots et ainsi se détruire un peu. Avoir envie de pleurer d'avoir détruit sa création, les enfants que nous mettons tous au monde au travers cette recherche artistique, son nous-même... Les mots, c'est beau... J'ai écrit, j'ai détruit. J'en ai marre de moi, de mon dénie de tout, de rien. Je t'aime moi non plus dis mon c½ur.
Je n'ai plus de mots car trop de souffrances d'avoir tué, tué mon-moi...





-27 Novembre 2005-




Y'a du poisson allongé sur les plages, et moi je marche dessus. Cette nuit, pas de sommeil. Le plafond a sourit et j'ai cru que je pourrais t'aimer toi petite bulle qui s'agitait alors en moi... Quelle est cette chose de si repoussante en moi qui me donne envie de ne pas te croire toi monsieur psychologie, toi, monsieur qui analyse des choses que je pense vrai et que je ne veux pas... Suis-je venue enterrer mon paternel à Nantes ?
Il y a de la crainte de réaliser un fantasme d'enfance et un soulagement que mon inconscient me guide sans encombre sur le chemin de sa guérison... Pas de clef juste des portes par milliers... Secouez-moi ou secourez-moi... Pas de tristesse, juste des mots et des frissons...
Ça craque, croque sous mes dents, c'est la vie qui s'émiette... Je ne pense pas tout rejeter... Immense contradiction je suis, mais Être de rejet ne suis pas... Dites-moi tout de vous que je fonde en votre identité, pour retrouver la mienne... Je ne suis plus moi, je fais des choses pour brouiller mes propres pulsions... Tu vois ses corps de femmes qui se brisent devant toi et tu manipules des corps d'homme, tu ne sais pas où tu vas, peut-être que dans ce geste je voulais donner à mon père la jouissance dans la vie qu'il a perdu depuis si longtemps... Et pourtant j'aime tellement ces femmes qui se brûlent les ailes et que je ne peux atteindre. Je les convoite de mes yeux verts... Je les susurre dans ma chair... Ma casserole déborde... Le Je et le Tu s'entremêle, toujours cette altérité schizophrénique qui m'enseveli... Je ne sais si je suis ou si tu es toi Umbrella, toi qui me tutoie en moi... que de complications dans ces mots qui s'entourloupent entre eux... J'en ai marre et je piétine avec amertume ces poissons plein de pu qui vomissent du sable... Je souris, j'ai tué, j'ai tué mon moi et je survis grâce à la chair d'Umbrella, mais n'étais-ce pas le contraire ?
Contradiction d'enfant, perte de mon regard, perte de moi-même dans un néant de non-questionnement. Ne pas dormir, effet secondaire... J'ai rechuté... J'ai valsé sur une pierre turbulente et hop je suis passée dans le moi obscure qui m'habite parfois. Ouvrez la porte, comme j'ai mal, cela me brûle le bras... Je n'ai plus le droit de ressentir la souffrance d'un autre dans ce corps ! C'est le mien, enfin, c'est celui qui se croit le mien... Donnez-moi un nouveau corps, donnez-moi une nouvelle vie, donnez-moi autre chose, ou la mort...
C'est à toi de la trouver sous une pierre qui valse cette nouvelle vie... Pia pia pia dans ton corps... Et je bouscule la vie, je la culbute...
La mort heureuse ? Quelle valeur aujourd'hui ? Adieu anciens Moi, adieu anciens rêves... je veux plus rire en mourrant, je ne veux plus être Molière, je veux seulement être moi mais y'a pas de Moi, même plus de Je défini, seulement des Tu, des Je, des Vous, des Nous ? Pas de nous, seulement un reflet... Je suis usée, et toi ?
Déchire cette enveloppe de vie et pousse-moi au fond de moi...
J'ai mal ? Non, même pas. Seulement, des glaçons coulent dans mon dos et j'ai envie de lire dans mes yeux que trois fois semaine j'aurai de la peau contre ma peau... Rien.
Je suis un bout de rien et aussi un grand morceau de tout...
Ai-je perdu la foi en moi ? Je sais que j'aime en moi autant de choses que j'en déteste. Ce que je déteste, ma lâcheté dans mes mots, ma lâcheté devant la vie, mais ce corps est-il vraiment lâche car je ne sais même pas s'il est moi...
Question identitaire. J'ai envie de sexe pour me rappeler que j'existe. C'est comme cela que l'Homme fait me semble-t-il, en espérant que cela marche avec moi... J'ai envie d'avoir un écho dans ma tête... un Toi.
J'ai tellement froid que je crie dans mon propre gouffre pour réchauffer ce corps, embué par la rosée cristalline qui perle sur ma peau, il se fige. Je suis un diamant sans valeur car non travaillé... j'ai tellement froid. La goutte sous mon nez fait débordé mon vase. Je hurle, j'ai envie de pleurer, alors je peins. Je vois ces visages qui s'entremêlent en moi, ces attitudes de corps, qui finiront par devenir moi... Mange, bouffe, chie, consume-toi. Hop, mon c½ur s'en va...
Comme j'ai... Rire !
Agonisant dans cette voix qui est celle du père, ne rien faire, il est le référent et moi je veux lui dire non ? Mais c'est lui qui prends ma place, et qui fait l'enfant, arguments non recevables histoire de s'affirmer dans une place qu'on sait déterminante, qu'il ne trouve plus en lui... A-t-il de la place pour exister ?...



-29 novembre 2005-



J'ai envie de mourir, je dois mourir. J'ai cette résolution en moi, il ne faut pas que je la laisse passer, je suis en train de dériver dans quelque chose que je ne veux plus assumer... Me laisser et ne pas me regretter, je deviens autre que Moi. Celle qui doit mourir, ce n'est pas moi c'est elle, celle qui m'enseveli, celle qui fait de moi un rien, une négation quelque chose de pourri, de consumé avant d'avoir vécu. Je me mange moi-même. Ne plus me retenir dans ces pulsions de mort qui se dévoilent en moi sans aucune pudeur. Ne plus rien faire d'autre que de me laisser crever car je ne me vois plus dans un futur, même proche. J'ai l'impression que rien ne peux plus être comme avant car il n'y plus d'avant il y a juste de la lucidité. Je veux rentrer dans les statistiques. Je veux qu'on arrête de croire que je vais bien alors que j'ai arrêté d'être un JE. Je ne suis plus...
J'ai pas mal, je suis RIEN.
J'ai même pas de larmes à verser, j'arrête dans ma tête d'exister, je vais me renfermer dans le travaille en attendant que l'heure arrive car elle doit arriver... Je ne sais pas si cela va marcher... Mort digne, existes-tu ? Quand on veut mourir, on meurt.
Alors je vais mourir car je le dois...
C'est l'idée que je m'en fais où ma folie sera assez forte, assez construite pour laisser véritablement ce corps mourir pour libérer cet esprit ?
Je ne sais pas.
J'espère c'est tout, ce que je suis aujourd'hui englobe la capacité à le faire... La fatigue va peut-être m'emporter... je ne sais pas... Je vais déjà essayer de m'arrêter de manger pour dire à ce corps qu'il faut arrêter la vie. Et après si je le peux, je donnerai à cet esprit tout le calme qu'il réclame. Je n'ai pas la lâcheté et l'égoïsme nécessaire pour mourir ?
Je crois que si, alors je vais essayer...






-30 novembre 2005-
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#Posté le samedi 26 novembre 2005 08:24

Modifié le lundi 19 décembre 2005 14:38

Juillet, partir, découvrir... tourner la page...

Demoiselle Umbrella devrait partir dans un sommeil sans fin, sans fil, dans un sommeil tourment, tournant. En dormant elle a rêvé de ces temps passés qu'il faut sans cesse oublier pour construire demain. Mais les gens affluent doucement toujours au bon moment pour ne pas oublier, pour ne pas laisser tomber le souvenir, pour ne pas quitter les chemins d'hier... Demoiselle Umbrella sent cette odeur de papaye, sent cette odeur de sang, sent ce vent qui froid dans son dos la parsème de tristesse. Demoiselle Umbrella a des bougies dans la gorge qui vont s'allumer pour accueillir la vie, pour accueillir son avenir. Elle attend, elle regarde le temps. L'odeur de papaye l'envahie de ses yeux mi-clos qui pleurent des larmes de sueur, des larmes tourmentées, des larmes de bontés. Demoiselle Umbrella devrait s'envelopper dans le sommeil pour oublier son futur mais elle s'enroule dans les couleurs qui lui prédisent son avenir... Sépia rien que pour Toi, technicolor pour que mon présent s'endort... Et l'avenir, la perpétuité, le temps qui lui ne s'arrête jamais, pas de codes, pas de mode, juste du rire... Juste un baiser sur le front, juste une caresse dans la paume de la main, juste une douceur incommensurable, et toujours ce J qui déambule, qui fait des bulles, des bulles de rien, des bulles de tourments dans le sommeil d'hier et de demain...

-2 juillet 2005-





Demoiselle Umbrella a accomplie son devoir. Elle doit être fière de sa réussite. Elle a gravit l'obstacle pour parvenir a une nouvelle vie. Demoiselle Umbrella, parapluie rose aux cheveux bleus regarde enfin devant elle.
Il y a des airs connus qui errent dans sa tête des sourires secrets qui déambulent lentement, des yeux écarquillés qui veulent applaudir, mais demoiselle Umbrella ne veut pas, pas de récompense, juste une preuve qu'elle peut réussir, que malgré tout les mépris, malgré tout les regards médisants, malgré sa propre décontenance, elle peut, elle doit et parvient...
Cheveux bleutés par la vie, Loire coulant contre elle même... Demain, la vie... demain, l'eau qui descend dans son elle-même... Et puis ses mots qu'elle ne parvient pas a guider, confiance en le monde, confiance en demain.
Demoiselle Umbrella se laisse emporter, elle admire, et retombe dans l'expectative... Ah, oh, hi ! Tourbillons d'avenirs, sommeil de plomb, et pas encore de tourment... Bientôt, les boules qui font mourir les gens seront un peu plus loin de demoiselle Umbrella, mais toujours là dedans elle, pas de frontière, pas de kilomètre assez suffisant pour mettre un terme a l'angoisse et le tourment des boules qui font mourir les gens que demoiselle Umbrella transporte au fond de son c½ur...
Juillet, l'été, les rires, l'eau, le vent, la chaleur de l'enfance... Le temps des vacances qui brillent dans les yeux de demoiselle Umbrella et là, ailleurs, des souvenirs qui tourbillonnent qui disent non à la terre, à la mer, à l'avenir... Demoiselle Umbrella devrait mourir...




-7 juillet 2005-




Demoiselle Umbrella est épuisée d'avoir replongée dans tous ses mots... Elle les a parcourut, a admiré son parcourt... Elle ne sait toujours pas si elle doit poursuivre cette quête, si elle doit continuer a entretenir ce double lien, cette relation étrange avec cette hôte. Demoiselle Umbrella a des perles de sueurs qui la contemplent, qui parsèment son corps pour l'explorer dans les recoins...
Y-a-t-il encore une demoiselle Umbrella ici ? Son hôte l'appelle doucement, un morceau de chocolat remplit de noisettes brillantes dedans pour l'obliger à se montrer, mais on dirait qu'elle est partie, qu'elle a prit son grand parapluie couleur enfance, qu'elle l'a refermé doucement, et que sans faire ses adieux pour ne pas faire de mal, elle a quitter son hôte avec douceur, sans bruit elle a refermé la porte. Son hôte ignore si elle va revenir, si elle le doit, mais demoiselle Umbrella, icône, reflet d'une certaine époque semble peu à peu s'être détachée de cette femme qui lui servait de corps. Demoiselle Umbrella avec son parapluie a emporté la lettre « J ».
Son hôte se sent plus libre, elle a chaud, regarde ce miroir qui lui fait face, et quand elle écrit, elle ressent seulement la chaleur, elle ne ressent plus cet autre, et même si c'est étrange, ce n'est pas désagréable...
Demoiselle vient de partir, et pour l'instant, elle ne va sûrement pas revenir...



-19 juillet 2005-
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#Posté le dimanche 21 août 2005 16:13

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