Rien, toujours « respirante », mais un peu éteinte. J'en ai marre et à la fois je me laisse emporter. Je dors plus que je ne vis pas véritablement. Je rêve. Je vois cette pièce sombre où mon esprit va finir par aller se renfermer. Je sens que tout mon univers est brisé. Je n'ai plus de volonté. Je regarde ces couleurs avec violence étalée sur des toiles dépareillées. Il y a ce chat. Il y a ce roucoulement dans ma voix. Je ne veux plus avoir de voix, juste des doigts pour tracer l'histoire. Épuisée de lutter contre le rien. Je sens cet air dans mes poumons, il m'apporte les frissons de mon dégoût de vivre. Je suis là sans être là. Je tente de me souvenir ce qui m'encourageait à rester lumineuse avant. Je ne trouve pas. Je sens le langage de la maternelle s'essouffler en moi. Il y a de la haine d'avoir fait ce que je suis. Ce morceau de culpabilité, et de redevance envers mon paternel. A-t-elle entretenu durant toute ces années la fusion qui nous unie, lui et moi en me « forçant » à rester liée à lui jusqu'au point de souffrir physiquement lorsque lui-même atteint certaines déchéances. Cette souffrance relevant de l'hystérie m'a quitté il y a peu... j'espère ne jamais la retrouver, ce bras qui se fend lorsque je vois le mal en lui qui se propage. Douleur mentale, retransmis avec violence dans ce bras qui le sert, qui est là pour répondre à ses attentes, que je suis toute prête à lui céder sans discussion aucune.
Je me suis tellement réservée à mon père que j'en ai fini avec les hommes. Je n'aime profondément que ceux avec lesquels je suis persuadée du néant d'un amour incestueux, d'un amour charnel. Et quand cet amour fratricide s'ouvre à moi, je le saisi, et me pose des questions, m'interpelle sur cet appel au père que je fais en ces gestes déplacés.
Je mâche ces paroles, et je les vomis quand mon corps le décide. L'alimentation imaginaire de ce corps fait des miracles indéniables. Je suis le corps, elle est l'esprit. J'admire ce corps qui étendu se laisse emplir de la vie aérienne. Et je déteste cet esprit qui ne fait rien pour empêcher ce corps de rester là, à se nourrir encore de cet air, qui devrait ne plus exister en lui.
Je suis fatiguée. J'ai ces paroles en moi, leitmotiv de la facilité. Quand le corps est fatigué, il ne lui est plus permis d'attenter véritablement à sa vie, trop d'efforts en conviendraient.
-1er décembre 2005-
Il y a cette musique qui va me relier à toi et à ton pays qui est finalement si lointain... Que c'est étrange de ressentir déjà ce manque et de voir à quel point ce n'est pas si intense dans ton corps. Je ne comprends pas ce que tu m'apportes qui me dises que tu es un peu indispensable à mon c½ur. Je sens mes yeux s'embuer à la simple idée que le ciel va t'emporter à nouveau avec lui vers l'ancienne vie que tu as en Toi ... Je me sens si seule d'éprouver ce chagrin si fort à l'idée que tu vas quitter cette vie, cette ville, dans laquelle tu as toujours avec moi fait parti... L'amitié éphémère est tellement dangereuse pour mes yeux, qui sans cesse, à chaque nouvelle séparation, s'emplissent de cette eau salée non justifiée. J'ai un lien invisible avec toi, invisible pour cet ½il qui dénudé à chaque fois se trouble. J'ai tellement envie d'être égoïste et de te garder dans cette ville, libre mais à la fois prisonnier de nos vendredi de l'après, lorsque deux belles heures de philosophie mélangée savamment à la littérature se sont écoulées et que tu viens te noyer en ma compagnie dans un bol de thé...
Nos mots se mélangent et je sais que c'est cela l'amitié, celle qui fait qu'on partage, que rien ne nous unie plus que tout ce que nous vivons intérieurement... Bien sûr la futilité parfois nous frôle et c'est alors tellement beau dedans moi, que je suis heureuse... Beaucoup penseraient que l'amour masculin a prit possession de ce corps, et que l'aveuglement de ma différence me fait ignorer ces sentiments étranges, mais je sais qu'il n'en est rien, juste que ces instants sont purs et pleins d'un bonheur qui même s'il n'est pas partagé avec la même intensité, car je ne sais... est vraiment présent en moi...
Michel, Michael, Mich, Mike... Peu importe tu es Toi et pas ton paternel, tu es seulement toi et cette fraîcheur, ce souffle du vendredi... ce souffle de ce dernier vendredi en ma compagnie...
En attendant que tu retrouves le chemin de la France en ayant fait le tour de la Terre, que le vent te donne tout ce que tu peux y puiser... En attendant que le 23 décembre t'enlève à mon existence physique, j'attendrai qu'on se recroisse au détour d'un sentier Nantais...
-2 décembre 2005-
Pas véritablement de mots, le jour se fait à peine en moi... Il y a cette poésie qui frôle le vent dans mes oreilles par des notes finement entrelacées. Cette pelote de chaleur se love contre ma poitrine et je l'admire avec mes yeux verts pour comprendre si c'est doux ou si cela fait du mal, si cela griffe, si cela démange, s'il faut s'en débarrasser...
Je me dévalorise et m'aperçois désormais qu'il n'y a plus d'Umbrella en moi. Je vous assure, elle est partie, elle a déserté ce corps, je crois qu'elle est morte de l'autre côté de la colline dorée. Cela fait du rire dedans moi et de la peine au creux du Rien. Tout mes mots s'accommodent comme ils peuvent pour former le rêve que je dois accomplir : « Vis ta vie rêvée... »
Cet ami d'ailleurs m'a dit qu'il voulait être surprit par la mort, j'ai aimé cette vision, j'ai aimé le fait que la surprise arrive aussi dans un tel moment, que la notion de contrôle ait pour une fois disparue... Je le vois posant doucement un doigt sur ses lèvres pour dire : « Je n'aime pas quand on veut que les gens fassent chuuuut... il ne faut pas montrer ses émotions juste regarder, juste arrêter d'exister... » Nous venions de terminer une séance de pièce noire où j'avais émis beaucoup d'émois devant l'écran et où j'avais mis beaucoup de corporel dans mes débordements émotionnels car cela était nécessaire pour assumer ce que cela faisait en moi...
Il est juste avec moi, il me révèle dans ses yeux, que nous ne nous sommes pas rencontré par hasard, et qu'il continuera d'être l'homme qu'il est et moi la femme que je suis. Je dois recommencer à me construire, à construire un système de défense et je crois que dedans, il n'y aura plus de pulsion de mort à assouvir, il n'y aura plus que de la vie a ne plus contenir...
Je n'ai plus de poésie en moi et mes mots s'affalent dans une platitude hors du commun sur ce clavier noir de geai... Je trouve dans mes couleurs plus de réconfort, plus de mots, plus de paroles que dans ses phrases qui s'étalent, rugueuses sur le blanc des écrans de la vie...
Je crois que grâce à cet Ami d'Ailleurs je parviendrai à poursuivre cette vie... Décembre sera encore étrange mais il sera le positif, il ne sera pas l'égoïsme... Si je suis un être exceptionnel mais malheureux, il faut avant tout que je sois exceptionnelle avant d'être malheureuse, et comme on ne rencontre pas les gens par hasard, je dois poursuivre ma route et regarder le vent passer sur les visages endormis par l'oublie du monde... Je vais aimer et être aimée car c'est tout ce qui manque à cette vie. Bien sûr il n'y a pas que cela, mais les questionnements, masturbations absurdes ne font que pétrir mon c½ur de rugosités indissolubles...
Je ne vais pas abandonner mes couleurs, je vais les étaler, je vais faire d'elle mon corps et ainsi je vais parcourir mon ego...
Souffle sur ce toit du monde, petite Farfelette à l'esprit emplie de gravier... Des femmes vont déambuler, vont se fondre en moi et sublimer ce corps, cette prunelle...
Retrouver avant tout mes mots sur le chemin d'hier... Demain, rimera avec le ciel, les supplications et les réussites sans sens, qui en trouveront avec le temps qui passe. Ne soit plus triste que les gens que tu aimes quittent ce corps car les fantômes de ta vie sont encore là... Tu apprendras les langues du passé pour comprendre les notes qui te caressent sans rien dire à ton cerveau défait d'origine linguistique...
Tu es d'ici est d'ailleurs et c'est ce qui fait la force qui vit en toi. Non ce n'est pas Dieu, mais c'est ce que le monde appel Dieu. En réalité, c'est Dieu. L'homme, Dieu, miniature qui encourage la vie a poursuivre son cours...
Se délivrer des mots, les enterrer même trois fois, mille fois, pourvu que cela ne sente plus d'odeur fétide, pourvu, qu'il reste juste en nous, mais qu'il ne s'étale pas sans rien dire dans le subliminale incestueux qui crève les yeux et ne nettoie pas le c½ur...
Vivre avec hier et observer les rigoles qui mènent à demain... Les rigoles rigolent et je me bouleverse le corps pour reprendre mes habitudes d'avant hier... Plaisirs d'amour dur toute la vie... Chagrin d'amour...
Ne pas se laisser manger, sourire seulement aux autres...
-3 décembre 2005-
Se replier sur soi, se lover dans ses draps. Draps de la honte, draps tachés du sang que l'on verse dans nos larmes sucrées. Parapluie mystérieux, parapluie qui cache la partie de nous qui s'enfuie. Il y a des airs de lumières qui transpercent mon moi et puis cette pluie qui lave tout, même toi. Je rêve de nuages emplies de rosée douce et soyeuse. Alors je roule mon corps sur ce tapis frais et frissonne tendrement. Il n'y a rien, seulement mon esprit chaviré par le monde... Je prie mon Dieu et exécute mes ordres suprêmes au fond de moi. Je suis la vie et vous ?
Je sens des vibrations intimes secouer mon c½ur, mon corps et m'apporter la délivrance de ce stress accumulé avec les jours... Je suis heureuse, amoureuse de ce moi qui s'en va. Mes larmes rouges, au goût cerise, échouent, navires hagards, sur mes joues diaphanes. J'entends le chant des sirènes miauler à l'entrée de mon c½ur. Le chat m'évade et m'entraîne vers le néant que j'adule tant...
Je suis reliée a moi-même par ce fil qui titube de ne plus vouloir se briser. Il frise, il s'ébroue, se secoue... J'ai froid. Je sens la fatigue qui s'estompe, et me trompe. Je suis un peu le ciel, je suis un peu le vent, je suis un peu moi et en même temps tout cela n'existe pas. Je suis dans le creux de la vague, le vague qui emporte la lucidité. Plus de brume dans ce corps, plus de souvenirs qui masturbe la chair... J'ai envie de secourir cet autre nous, cet ablation du risque et de la décadence...
Tu es le rien, je m'appartiens. Tu t'entortilles, et je languis sur les plages pleines de pâtes. Nadja est là, elle souffle sur moi, ses lèvres roses déguisent la vie. Je sens le rire qui engourdit ce qui reste du calendrier de l'avant. Je sais que demain sera hier et que hier sera après demain. Que les montres molles battent la mesure, respirent avec décadence...
Je suis une Drag Queen qui a oublié de se démaquiller et qui lutte pour qu'on ne l'assimile pas au monde de la nuit, à la « glauquerie ».
Mes ongles rouges griffent la vie jusqu'au sang et elle crie. Un sourire flotte sur l'indigo de la nuit, et le pourpre de ce visage remplie d'incompréhension devant l'échec qui n'existe pas, se cabre et dénonce les attentes du monde. J'ai la peau qui s'hérisse, qui fait de ce corps une exaltation, un redoublement de rien. Je suis dans une envie d'aller regarder de l'autre côté de la colline dorée, voir ma demoiselle adorée, Umbrella n'est pas là...
Elle me manque, je sais qu'elle s'épanouie, qu'elle vit... Elle n'est plus prisonnière, elle peut faire le tour de la Terre, dans sa montgolfière, laissant le vent s'enrouler dans ses baleines qui sursautent devant la violence. J'ai besoin de me taire, de me laisser faire, de saouler mon corps de drôles de sensations. Je suis le rien et toi le tout. Tu es la reine et moi le fou. J'ai besoin de noyer mon ennuie dans des mots sans regrets, dans des mots sans intérêts. Je ne sais pas écrire, alors je déverse des lettres en espérant que leur alignement fera naître en autrui des touches de couleurs infernales... je dois stopper mes gribouillages, mes rattrapages vertueux...
-4 décembre 2005-
Gouttes de bleues sur mon front désabusé. Gouttes de semblant d'amour sur cette route longuement parcourue... Je mange des pattes imprégnées, imprimées dans la neige matinale et je divague dans l'océan de murmure qui hante mes membres emplis de rien, comme toujours. Déglutir, subir l'intrusion d'un corps étranger dedans soi, ne pas toujours éprouver du plaisir... Se questionner.
Masturbation de la pensée, débit de parole trop peu constructif... comparez la vie au tumulte est une minimisation du phénomène paradoxale que les mots offrent à nous...
Toute approche est une définition cérébrale et déprimante. C'est dangereux la vie, ça fait du mal, ça fait du bien... Rions-en, déglutissons les mots, mordons-les avec insistance pour en faire morceaux de rien à digérer. Ça miaule dedans moi et mon chat noir sort avec violence de ce corps transit par le non-rire... Je veux nager dans une mer. J'adresse alors une prière à la matrice centrale pour ne pas me détacher totalement d'elle et pourtant mon désir de « rupturer » est puissant.
J'entends les dauphins envoyer leur ondes sur mon corps. Je les reçois, les apprivoise, les défaits de moi. J'entends sa voix américaine me bercer de sa mélodie criante... cela trou mes oreilles fragilisées par le vent que j'ai si souvent écouté pour me rendre folle. Non, malgré tout mes efforts, pas de réussite et pour vous ?
J'ai tellement voulu me détacher du monde réel que j'en suis devenue irréelle... Foutaise ! Trop réelle pour que les gens m'oublient...
J'ai peur, j'ai froid, je meurs, non, fantasme...
Soulagement, mythe, décomposition.
-6 décembre 2005-
Il faut écrire, obligation, lien avec la vie, besoin ultime ? Écrire c'est un peu se montrer qu'on existe ? Alors j'écris, je vis ?
Il fait froid, non, c'est seulement dedans moi. Mes mots ne sont pas uniques, ils sont « sphère d'expression commune », créer son propre langage, c'est un peu se créer, créer son identité. J'ai envie d'aimer. J'ai envie de tout trouver formidable, de m'emplir du rien qui dépasse le tout. Je veux lire, je veux me plonger dans un autre monde, je veux communier avec un autre moi, celui qui me conte des histoires, celui qui m'aime au point de faire le rôle de Maman. Je ne sais pas sauter dans la lecture à voix haute pour les autres mais ce que j'aime pardessus tout c'est lorsqu'on le fait pour moi...
Besoin d'écrire, mais pas de traits de plume sous les doigts... Alors SILENCE !
Je sens le « Beauty » s'emparer de mon moi et se déverser dans un autre au delà... Se taire, se défaire. S'emmêler de rouge, s'empourprer de silence, de confusions intimes. Jouer avec les mots en attendant des nouvelles de celui qui lit en moi que je viens enterrer mon paternel, ici, dans la ville de Barbara... Pourquoi pas...
Laissons le soir me gagner en abandonnant le blanc et m'emparer d'autres pages déjà inscrites dans l'histoire...
SILENCE !
Je l'ai regardé s'enfuir dans la nuit, pissenlit. Petites graines de vie qui s'évaporent dans l'obscurité. Ça c'est du bien qui fait mal. Alors je chamboule l'entre-deux qui nous anime. C'est frais dedans moi. Cela fait tout froid. Froid-Moi, glace-moi... Je m'entortille... je m'embobine dans le rien, dans le silence musical qui parfois fait parti de ce méli-mélo de ridicule. Je suis le gigoti du soleil levant... Pas de soleil pourtant, citrons verts au creux des allées maintes fois traversées. Quoi dire des mots s'enlacent, se dénouent font de moi des morceaux d'avenir anéanti par demain. C'est maintenant que le vent de l'expression a prit possession de mes doigts, de mes membres crazy de l'ambiguïté qui n'existe nulle part... Je ne crée pas d'ambiguïté car je suis l'ambiguïté du Rien. Couche-toi sur mon sein, que je te donne de ma maternité explicite, que je te donne de mon secours transcendantale. Je me lasse, m'enlace pour me donner tout ce bien qui m'étreint. Silence. Non seulement le bruit de mes mots qui s'étalent, couleur insolite, sur le papier glacé de ma vie translucide. Je suis mes mots, et vous ?
-7 décembre 2005-
Souffle dans le bois, souffle dedans moi. Glisse sur mes parois, traverse mes sous-bois. Sali mon regard asexué, bouscule mon antre parfumé d'embruns couleur miel. Petite cuillère au creux du silence s'écrasant dans ma bouche mastiquant le vent. Ne pas avaler le soleil, laisser la lune, les perles de pluie au creux des vagues longtemps oubliées... Se recroqueviller, dans les mots doucement prononcés... Ne pas admirer le sens de nos yeux translucides, ne pas soulever la peur, ne pas rigoler en pleure... en c½ur. Souffle dans le bois, souffle dedans moi, laisse transpercer mes chairs par ces échardes de verre. Silence dans le cargo. La mer se déchaîne.
Que c'est beau toute cette eau qui se mue en moi. Socrate (se) délibère en moi. Et les larmes de la vie se confonde à ce corps étrange, incorporation de lueur et de noirceur, clair obscure qui ne fait que distinguer la vie dans un gigantesque tunnel de brume sonore. Sourire. Pelotonnement. Les mots, source d'existence. J'écris donc je suis. Dictat rythmant certaines vies. Être dépendant des mots, des lettres, du sens pour se guider dans les ténèbres du rire sans tragédie, sans revers de médaille. Ne plus savoir ce qu'on dit, entrer dans la folie... S'écarquiller de rien. Se manger un grand bol de poésie faite d'assonance, de dissonance...
Avoir envie de crier car quelques heures de vie vont se fracasser dans un torrent de défection. Travailler, se fourvoyer, ne pas être soi, être juste un entrelacement d'anonymat abjecte... Se questionner sur ce qu'on ferait pour de l'argent, morceau de fer, de papier sans valeur...
Message, ne plus se plonger dans les messages, juste écrire des mots...
S'enrhumer des idées projetées dans les courants glacés, n'être qu'un être exceptionnel mais mal ou heureux. Se maquiller, se déguiser, n'être rien qu'un corps, ne plus avoir d'identité, jouer un rôle, jouer à la marchande, faire l'enfant.
-8 décembre 2005-
Fatiguée d'avoir cesser d'exister durant toute une journée. Journée perdue, paradoxe alors que la mort était la devise de ce même corps il y a si peu de temps... Éreintée, soumisse au loi du travailleur, au loi de la rigueur qui n'a pas de but. Ne pas écrire des mots qui ne servent à rien, alors qu'on en a prononcé tellement dans un vent rempli d'idiotisme toute cette mauvaise journée, qui semble avoir existée bien plus que moi. J'ai chaud, j'ai froid, malade de m'être fourvoyée pour de l'argent. Je vais rejoindre le pays des rêves pour échapper à ma condition de capitaliste effrénée.
-9 décembre 2005-
Fatigue, regard brouillé par ce trop plein de liquide bouillant dans mon ventre. J'ai la tête pleine d'une brume étrange, je suis le tout par le tout... J'ai le vent dans les nasaux et des marteaux qui opèrent des travaux dedans mon cerveau. Envie d'éternuer, envie de me coucher, de ne plus penser, de me rassasier de rêves, de silence et de sucreries étranges... Je ne ressens rien mis à part cette sensation entêtante d'éc½urement qui me dévisage, me défigure, me donne envie de jeter ce corps dans l'eau de cette porcelaine si blanche... J'ai les joues chauffées à l'encre rouge et le c½ur qui ne sait où partir. Mes doigts semblent briser par la glace et je suis dans la béatitude, envie de terminer de déverser mes mots pour pouvoir poser lourdement cette soupière trop pleine sur un oreiller peuplé de plumes aux couleurs chatoyantes... Si seulement, un peu de vent, chaud sur ce corps si trop plein de ce tout qui mange au creux de mon ventre...
Voyez-vous cette image d'un patient de Freud, « L'homme aux rats » ? Extraordinaire ce que l'humain peut créer grâce à son imaginaire, grâce à ses peurs, son passé... Cet homme voyait l'image effrayante qu'on le laisserai vivant se faire dévorer les intestins, le foie par une horde de rats affamés... Dans mon imaginaire je vois plutôt des vautours, mais la douleur est la même, si poignante, suffocante qu'on en meurt avec lenteur et agonie, qu'on la goût, qu'on la savoure, qu'on supplie même que tout cela cesse, que toute cela continu, on ne sait plus, qu'on nous met une balle, là au creux de la tempe...
Ma tempe me répond par une douleur aigu me ramenant à la réalité du sommeil me ramenant à ce trop plein de rien, ce trop plein qui fini par faire un Tout tellement encombrant qu'un placard même grand ne pourrait le contenir dans son entier...
Je suis tellement fatiguée...
-10 décembre 2005-
Je. Pourquoi Je ?
Y'a du soleil dans mon quartier, moi je le suis déjà à moitié... Soleil levant, soleil couchant, sur le divan de la mère-grand... écrire des mots sans mots, écrire des mots sans sens... écrire et puis c'est tout...
Dame fantôme aux mille visages défaisant lentement son corsage. Porte-jartels, et bas de soie noire. Cela fait des frissons qui parcourt ma peau... C'est tellement beau, cela fait chic, et peu distingué, cela donne envie de sexer. Qu'est-ce que le sexe sans amante ? Qu'est-ce que le soleil levant sans le divan d'où se relever encore frissonnante de sommeil, encore bouillante de charnel.
Je vois cette femme-homme, plus féminine que moi, que toi que le monde et sa Guerria contre l'ambiguïté, contre le vent et les marais. Des moules, des frites, des interrogations et moi qui me complais dans ce monde de questions... Cela fait froid sur mes doigts... Cela fait froid dedans moi. Je suis bien. Plus d'hommes que de femmes on dévêtu ce corps ? Non, foutaise !
Plus d'hommes que de femmes ont embrassé ce corps ? Oui et alors ? Celles qui l'ont embrassé l'ont vraiment mérité, alors que les hommes n'ont été que des « frivolations » intempestives, que des erreurs, du passe temps, de la tendresse volée...
Et vous ? Qui avez-vous dans votre lit ce soir ? Questionnez-vous... Il n'est jamais trop tard pour changer d'avis aller voir ailleurs si j'y suis... Regarde derrière toi, si n'y suis-je pas ?... Bien sûr, il y a le vent, mais qu'est ce que cela change, cela fait du bien...
Chaleur dedans ton corps, et le mien qui reste froid, « frivolations » qui ne rendent heureux qu'eux, alors s'arrêter ou être payer, au moins être malheureux et pouvoir se raccrocher à des choses matérielles, fautes que cela soit du bonheur partagé...
Parler pour ne rien dire, voilà ma doctrine, mon pêché.
-11 décembre 2005-
Je suis le vent et vous ? Vous rêvez de chaînes, de cuir, de douleur, de rire en pleure ? Frappez ici, au creux de vos yeux, pour que des eaux profondes sortent de votre corps. Bien sûr vous pouvez appeler les eaux de votre corps à faire de vous une fusion de détente, de plaisir, mais il faudra pour cela que vous mélangiez chocolat, douleur, douceur, salutations distinguées, envies partagées et délices, se lâcher...
Vous ne comprenez pas ce que je vous dis, réfléchissez, un jour vous saurez... C'est tout doux, doux comme les lèvres des femmes, en sang. Cela déchire le visage, le regard. Cela donne du sens au mots. Homo ? Ne vous imaginez rien, je ne suis que le désir de Sappho, rappelez-vous, cette sirène grec qui écrivit des poèmes à l'ode féminine, la petite coquine... Bien sûr, elle c'est une coquine et quand on voit des hommes faire de même, ce n'est que justice. Je suis en dehors des lois « naturelles » et vous ? je fais partie des gens bizarres comme dirait une demoiselle au c½ur tendre et empli de stresse, empli d'ambition...
Je suis le rêve qui chatouille le bout de ton nez, je suis l'autre que tu n'attends pas car, je suis là pour te soufflez les vérités que je crois juste au coin du rire...
Étrange musique qui ne me touche pas vraiment, qui fait de moi un nid de rien. Je veux du corsé, je veux un corset pour faire de ce corps un rien de bien. Je veux faire souffrir doucement ce corps avec délectation, avec soulagement...
Situation morbide qui crie dans le néant des astres, je veux franchir l'autoroute, je veux naviguer sur la route des Indes. Silence. Désapprobation, écrire des défections de rien, des choses sans vies. Déféquer soi-même son illustration de la vie, se réduire à la notion de rien, à la décompensation du vide. Je suis proche de la porcelaine laiteuse et entre en transe, en dérive amère, en une autre que moi, petite Moi au sourire défait, au rire argenté, aux dents rouges de ce maquillage qui si souvent à fait de moi une autre, qui a fait de moi, une prostituée du moi... Je suis le devenir de moi-même. Et je suppose que vous aussi. Vider son être de ses méandres cendrés. Détruire le rien, silence respectueux qui démange les riens, de la musique corporelle. De la nuisance de corps. Être un corps sans esprit, être un rien d'esprit. Soufflez sur le vent, il vous répondra, il vous écrira des mots silencieux, des mots diaphane, des mots rouges de sens, rouges de tout ce qu'il a vu, de tout ce sang qui déferle en moi. Je me vide de mon sang. Je me défais de la vie.
Un bonnet sur mon cerveau m'empêche de voir la triste méprise qui m'atteint. Je raconte n'importe quoi. Mes mots sont ma voix, et ma voix est enrouée par le trop plein d'absurdité qui toujours se contredisent en moi. C'est le néant du c½ur, du corps, de l'ailleurs. Je suis le silence du mal en toi... Secrets disparus dans l'autre que je suis parfois, que j'ai été. Demoiselle Umbrella. Morte une après-midi d'automne, morte car c'est le temps des cerises emportées par la foule qui a fini par avoir pitié de nous. Silsoudoulceur. Vouloir être un terme inconnu, vouloir se créer une identité propre, c'est la quête de quelques êtres, vous en êtes ?
Se dépasser par la disparition d'un voyage dans le carburateur interstellaire, avoir envie de remuer un organe inexploré. Secouez-moi faite ce que vous voulez de moi pourvu que vous soyez douce... Se mêler au désir d'être une autre...
-12 décembre 2005-
Comme dans la mer, je n'ai pas pied, mais cela fait du bien de se sentir nager, de se sentir voler. Comme dans l'océan je suis sur mon séant mais cela fait du bien d'être soustrait aux plaisirs interdits. Il n'y a rien et puis il y a cette pensée impossible à refouler, impossible à mettre dans les tiroir trop rempli de mon inconscient. Elle est là. Tu es l'homme que je pourrais aimer mais auquel je ne me donnerai jamais. Peut-on se préserver pour toujours pour l'être inaccessible, qu'une enfant a élevé au statut de dieu ?
Tu es, mais je ne suis qu'à travers toi. Pas de fusion et pourtant elle est là, omniprésente, sacrifiant la vie au trop plein de terre qui enseveli les corps, qui déterre les c½urs à corps. Sacrifier sa vie à la beauté des mots. Beauty, silence. Mes doigts arrêtent de vouloir penser pour moi mais mon idéal est caché en eux. Ils sont moi. Mais tu n'as jamais été toi, tu n'as jamais été qu'un faire-valoir pour ta propre personne. Conflits internes qui te transportent vers le rêve. Pelote de poil coincé dans le fond d'un gosier asséché par la spontanéité.
Je suis le souffle qui parcourt ta peau et qui fait d'elle ce morceau d'écailles irisées. C'est silencieux la beauté. Les mots finissent par devenir un trop plein de laideur de par leur vacarme assourdissant. Les faire taire. C'est la fin du monde que j'ai créé un jour. Il y avait de la neige sur mon corps, et je me réchauffer à son contact, je devenais braise de subir cette douche froide au creux du ventre de la matrice éternelle. Je ne suis que l'ombre d'un corps, je ne suis que le sourire vengeur de monsieur Jack. Déstabilisation, engloutissement du néant, du soleil levant. Ton corps effleuré par mes doigts font monter le suc en moi.
De tes nageoires de voilacté, tu manges les étoiles de tes yeux friands de malices étrangères à toi même. C'est cela le vrai plaisir, c'est cela le secret du rien, de la poésie qui voudrait tend naitre en moi, en mes doigts, en mon sein. Je voudrais donner le lait qui permettrait à mes mots de s'entrelacer pour supplier le monde sensible de faire moi une abstraction.
Silence en moi, quand vous bouillez dedans vous. Inconnu au silence doré, inconnu aux muscles tendus vers l'avenir...
-13 décembre 2005-
La mer. Elle me borde de son écume des jours, elle me berce d'un vent chaud froid, d'une bise marine qui effleure mes joues, elle fait de moi une plage de sable blond comme tes cheveux d'ange. Elle me caresse dedans moi de son souffle délicat. J'entends son murmure paisible qui fait de moi un sourire, un rêve profond, soyeux, plein d'un rien rempli d'un silence de plénitude. La mère.
Souffreteuse la plainte qui surgit d'ailleurs. Silencieuse, solitaire, la vague qui ensevelie la terre. Couleur miel, abeille aux ailes dansantes, chantantes dans une brise printanière.
Ça sent l'orange, le clou de girofle, la cheminée, l'herbe coupée. Une sensation de douceur embaume les c½urs engourdis par le froid de la noël rieuse. C'est tellement sirupeux toute cette mielleuse arabesque qui se déploie au loin, on entend l'orgue, on le distingue au travers l'exhalaison de la brume muette. Il y a cette quiétude qui repose dans le creux de tes reins solidement noués aux miens. Soulagement réciproque lorsque apparaît le croissant d'aurore.
Un robuste corps transporte des vies schizophrènes, décadentes de sens et de vigueurs sauvages. Cela se mue, se fait victime de transparence et fleurit dans le matin.
Un melon devient potiron quand on lui ouvre les entrailles. Le vert et le orange se complémentent avec souplesse et allégresse, il sont le jour et la nuit qui s'entrechoquent de galanterie. Cela fait du bien de recouvrir de cette peinture rougeâtre cette chair grise de sensation. Le bleu et le gris...
J'entends sans cesse cette phrase en moi, elle hoquette, haletante, se métamorphose en moi sans pourtant changer. « Le bleu et le gris sont pareils, ils sont toujours le ciel... »
S'effondrer, recommencer sa vie, sans cesse, sans jamais s'arrêter de courir dans le néant de la servitude. Nous sommes nos propres bourreaux. Pas d'inquiétude, pas de similitude. Pas de soulagement, la vie continue malgré tout ce que nous pouvons nous acharner à croire, à solliciter en nous pour se persuader qu'après il n'y aura plus rien, il y a toujours quelque chose, même s'il s'enfuit et que je reste.
-14 décembre 2005-
Je reviens à mes diables de l'enfance. « Bien sûr ce n'est pas la Seine, ce n'est pas le bois de Vincennes... mais c'est bien joli tout de même à Gottingen... » Je revois mes yeux d'enfant qui dégustent tendrement ces mots tellement justement posés. Je savoure silencieusement ces vers délicats qui toujours raisonnent en moi, qui font tellement partis de mon histoire qu'il s'agit d'un souffle, d'un murmure pour qu'ils se muent à nouveau en moi, tornade de sentiments, d'émotions mystérieusement arrivés dans le ciel bleu gris qui toujours s'offre à moi. Lentement je tournoie dans ces paroles de la défunte qui a brisé et réparé mainte fois ce corps, c½ur couleur rubis.
Je n'ai jamais été l'oiseau roi, je l'attends. Je le dévisagerai et l'embrasserai avec douceur, lenteur, tendresse... Retournons au pays d'autrefois... Des étoiles...
Silence transpercé de sa voix si triste et si profonde. Elle est moi, elle est toi. Elle est le souffle de ma vie puisqu'elle m'a guidé dans un chant intime, dans cette ville où je suis venue enterrer ce père qui toujours respire ce râle collé au poitrail. Je démonte la terre, je démontre la vie d'un signe de la main qui s'inscrit dans l'histoire.
C'est la fin de quelque chose, le début d'autre chose. Il faut absolument que je m'évade vers l'anglophone, vers les pays de l'ailleurs, même si malheureusement ce ne sera pas si différent d'ici, et je vais encore me massacrer le c½ur...
Partir, s'arracher vers nulle part... Je sais. Je sais que tu sais mais tu ne vois pas, tu ne sais pas vraiment. Je racontes n'importe quoi. Je pense aux feuilles, à tout cela que tu aimes tant. Je retournerai au « pèti Flore » comme tu dis... Je m'imprégnerai de ces images que tu as laissé un peu s'éterniser en moi...
Je suis silence quand tu me quittes et pourtant si tu savais comme j'ai des choses en moi pour toi... C'est triste, crois-tu ?
Mon c½ur sacrifié au nom de l'amitié noyée au delà de l'atlantique. J'ai tes poèmes sur dans mon esprit qui s'accrochent avec lenteur aux bribes de vie qui nous transportent...
Je suis le temps quand tu es le lendemain, quand je sais que tu poursuivras « The Life ». Je me tourmente, je me tournoie sur un moi-même incinéré de pleurs mainte fois refoulés. Je me « refuse » ses larmes qui hurlent pour couler, je leur chante une berceuse pour les amadouer, leur faire comprendre que rien ne s'arrête malgré tout, que je découvrirai d'autre gens grâce à ce vide perpétuellement « incomblable », bien sûr d'autres gens viendront se fondre, se transformer en moi, mais IL restera ce Toi qui ne peut pas être remplacé car l'unité que tu formes ne m'en laisse pas le choix, le droit...
Silence secourable en ces temps de recherche d'identité. Je suis toi, et toi, et toi aussi, car je suis Moi... Et pourtant il n'y a rien de plus beau, de plus précieux que ces liens invisibles qui se sèment, se saupoudre de personne en personne... Ne pas avoir peur d'aimer, et de donner, quelque soit la difficulté de le faire avec justesse et profondeur. Tu ne me manques pas, car le manque est un défaut, un défi à combler, et pourtant, tu me manques déjà sans savoir pourquoi, comment tu as envahi ma vie, la pénétrant de toute part... Je sais, je sens, que ce n'est pas si intense chez Toi, dedans ton être si juste... Je ne suis pas triste de cela, je suis triste de mon propre attachement qui fait de moi mon propre bourreau, comme toujours. Ces mots trop plein d'un sens secret, mais surtout TROP plein de sens... me donne la chair de poule, de coq...
Nuage lunaire... Nuage de plomb tout doux, tout froid... Mousse aux éclats d'or et de vif. Je me laisse usurper par un cumulus douteux. Dévoiler ce corps c'est avant tout déterrer de la peau, de la chair, du sang, éveiller du vomi qui se bouleverse en moi. Suis-je sale d'être honnête avec les mots qui se déversent en moi ?
Mûrir, laisser ce squelette se décomposer en notes absurdes, mollement...
-15 décembre 2005-
Bien sûr il y a l'amour, bien sûr il y a le désir. Il s'appelle femmes aux mille visages, il s'appelle féminité, délice sucré et parfumé à l'embrun léger qui sème la discorde dans le vent violent de l'hiver. Et pour vous c'est quoi ?
Cela fait du bien de se laisser envahir par l'attente. Cela renforce le désir, cela donne au goût du nuage toute sa saveur étrange et unique. Cela nous laisse s'appesantir et à la fois, se dissiper les craintes qui si douces nous transpercent de leurs fouets cuirassés, pas loin du « potenkine ». Je suis le rien du tout du virage qui se fait derrière la colline qui est cent fois traversée ,aimantée...
Je suis la muette qui parcourt le bruit sans pouvoir en faire partie. Je suis le devant de moi même et ma schizophrénie s'amenuise dans le mistral... Pas de mistral, juste des graviers jeter sur mon minois qui en devient gravas...
Une baleine passe elle flageole, se rétracte telle une huître isolée... Courage, demain le Dérisoire. Condamnation... Divaguer... se murer...
-16 décembre 2005-
Encore un jour perdu, égaré. Avoir trop mangé. Je sens l'odeur tellement agréable de l'orange piquée de clous de girofle. La noël rieuse... Pleureuse, peureuse. Offrir juste une terre bleu comme une orange... voilà un objectif loyal et ambitieux.
-17 décembre 2005-
Miroir intime, journal aux pages noires de non sens. Se dévider quelque part, se déverser de tout son rien. Mélancolie étrange qui fait de la vie une magie insoutenable. Se secourir grâce à l'espoir qu'on place en soi, en l'autre. Orange douce amère dans une main, amitié dans l'autre, succession de chose qui font que tout se lie de manière silencieuse, parfaite. Je crée, je donne... Tu reçois, confiture étrange qui donne le vertige. Tout s'encastre en moi et toi, électron libre tu va te désagréger dans mon espace... Disparaître du temps qui passe, réapparaissant dans ce culte de l'amitié que nous allons nous transmettre à travers les images du passé, les images de demain... Théière, parapluie, feuilles multicolores, lanterne qui nous guide sur les chemins d'hier mais avant tout d'après demain... Dans le train les vies s'entrechoquent c'est tout doux... La vieillesse hurle dans une technologie trop muette pour elle. Je pense à monsieur Apollon, et m'échappe furtivement avec prudence et délicatesse. Je brise les tasses qui se présente en moi, le thé, âme en exil, s'évade dans le tapis...
Cela fait du rien de faire du bien. Ne jamais se quitter être toujours fidèle à soi-même avant d'être fidèle aux autres... Souffle dans le courant d'air parfumé aux secrets, ne pas se murer, s'avouer à soi-même dans un élan de soucis mélancoliques et partager. Doctrines, nuancier de la vie. Courage dans cette entreprise bizarre qui se tortille dans l'air saturé de décembre. Pas de flocon sur moi, sur ma chair sublimé part le sépia de l'envie. Se laisser enterrer, transparaître, s'abandonner. Faire de soi une éternelle énigme. S'abîmer, survivre, regarder des corps les apprivoiser de nos yeux pervers. Je suis le mal et vous ?
S'adonner au rites sacrés du mystère, faire de soi une constellation ambrée et tournoyer dans le progrès de sa propre histoire. Conte s'enroulant sur lui-même. Tout est lié, les choses s'enchaînent avec justesse et adéquation avec les actes que précédemment nous avons bullé.
Continuer sa course dans l'écriture, en faire un sourire qui donne sur l'océan, ne pas oublier de s'y baigner nu, sans carapace aucune juste une communion entre sa peau et l'érosion de l'eau qui nous use tendrement. S'enivrer de souvenirs, de théories qui régissent nos vies dans la direction que nous choisissons. Ne pas perdre le fil, voilà tout... Et vous où en êtes-vous dans tout ce fouillis plus gris ?
Port Boulet.
Un des emblèmes de mes amitiés attachées se pourlèche joliment sous moi. Boule de poils sournoise qui adorable se pelotonne dans ce stress qui habite la vie.
Une voix sucrée me susurre de l'anglais dans mon corps et cela fait du bien. Tout doux, tout mauve, guimauve. Guy ?
Teint violacé par des sourires s'effacés avec tristesse sur le sol. Terre rouge aux embruns noirs, cirage qui embelli la planète. Bleu.
Se coucher et devenir transparent. Ne plus s'accoutumer à soi, seulement donner du ciel à la terre aride qui s'adosse au commémorations pour poursuivre sa mortelle ascension. Orage sans désespoir.
-18 décembre 2005-
Il y a des mots sur la rive... Écriture au c½ur amère. Come to me... Silence, overdosé de grésillements subtiles. Le baiser que je veux te déposer sur les lèvres tarde à éclore. Je décèle un alourdissement dans la mer. Je caresse une joue pleine de soupires, dérive, dévisage. Sauvage le minois que le miroir disperse sur le monde... Je désacralise l'univers et m'entraîne vers l'amour... A comme l'Aube. Le temps d'une cerise trempée dans un alcool étrange qui fait vivre les rêves... Je suis le miel, tu es l'Erdre. Je mélange la courtoisie au souffle précieux du temps qui a fait de moi un électron libre et obscure. J'ai envie de me jeter dans le vif, de brûler ces ailes de cire qui souvent me déforment le dos. Cela se putréfie sous mes doigts fins. Je me déplie, et je détaille le rire de mes compatriotes qui dénigre mon c½ur... Passer à une nouvelle vie, trouver l'amour et s'enfoncer dedans sans réfléchir, sans croire que cela va me détruire, seulement penser au beau, à l'insolite, à la découvert... À la construction du point du jour, je détourne les virages qui pourrissent dans les recoins de mon être... Je suis le nuage qui passe sur moi-même, mon corps s'enflamme, et je démoli ce qui reste de flou en moi, seulement vivre, ne pas s'interroger inutilement... S'apprivoiser.
J'observe la musique qui me parcourt de ses notes éjaculées sur mon déshabillage, corsage solitaire, évaser sur la terre. Rouge, ce miracle qui m'enseveli de poudre coloré de transparence. Je déambule, funambule qui titube de son courage défaillant. Il y a des poissons sur la plages qui se meurent et je les piétine, en c½ur, de mes pieds dénudés pleins de sables violacé, violenté...
Je suis le jour et vous ?
Je me préserve de la vie, petite boite contenant un appendis de latex pour me déguiser le corps, se camoufler des préjudices qui apparaissent sans prévenir dedans nous et qui ne savent pas disparaître. Ne pas attendre la mort, ne vous retournez pas elle arrive, elle regarde votre cou avec l'envie d'y planter ses dents. Délice. Souvenir d'hier, l'aphasie s'installe, ne pas communiquer.
Ne pas s'énerver pour rien. Ne pas se détacher dans la rivière, ne pas se disloquer avec insistance dans le peuple de l'âge. Raconter des bêtises, s'en délecter. Mentir et en jouer... Plonger dans le bleu de tes yeux, transparence intime. J'en ai marre. Je veux m'écrire. Je suis le néant des âges. Je suis heureuse mais encore trop lourde pour m'envoler. Ne plus avoir de mots. Cessez de se donner au grés des pages...
Des jours se lèvent sans moi, et vous ?
Noir et blanc dans nos sourires partagés par le secret du mauvais soupire. Manifestations légères, étrangères. S'entourer d'oranges, de clous de girofle qui sentent la noël...
S'embourgeoiser et se transformer en papier peint doucereux. Cela me fait tourner le c½ur, vomir son destin, s'y fondre, le parcourir, le distribuer...
Images si belles qu'on voudrait y vivre, en faire parti et pourtant on sait que c'est un décor. Ne pas s'éloigner des gens, des choses si ce n'est pour créer une rupture nécessaire à sa propre survit, ou à la survit de l'autre. Autrui, la vie.
Chanter avec de la beauté dans les yeux, dans l'existence... Se muer dans une photographie, y trouver de soi, de toi. Prodige, oracle au parole d'or. S'affronter et parcourir le bleu, le gris, la pluie.
S'entendre vivre, et s'écouter... Tu verras, demain le jour s'ouvrir dans le creux d'un bois. Chuchoter son amour dans la cavité dérobée d'un arbre centenaire. Parler à la vieillesse... S'inspirer de tout cela et ne jamais s'en défaire. En faire partie avant tout... Ne pas souffrir... J'aime...
-19 décembre 2005-
Presque deux jours de silence. Aujourd'hui Germaine est morte et l 'Amérique est partie pour une éternité mal définie. J'ai froid aux doigts. Des perles de pluie ont glissé avec douceur, douleur, sur mes joues rougeoyantes de froid. Nantes, il fait gris, froid, peur. J'ai envie de partir d'ici, mais sans aucune envie, ni idée d'où aller... Tout me manque, j'ai envie d'appeler l'Aube mais je trouve cela tellement étrange que je ne le fais pas. Je reste enfermée entre les quatre murs de ma pensée qui trop blanc, trop nuancé d'intimité, ne répondent pas à mes attentes, à mes besoins de parole. J'aurai l'obligation de communiquer. Mais pourquoi ne pas répondre avec la technologie à cette carence ?
J'ai appelé l'Aube. Elle était lumineuse et pleine d'un petit quelque chose tout doux qui m'a permis « d'oublier » la douleur de ce départ qui me ramène au fait que plus jamais je ne serai accompagné de cette façon si onctueuse les vendredis de l'après. C'est étrange de voir que les choses évoluent bien plus vite, qu'elles se défont et se refont bien plus rapidement dans ma nouvelle vie qu'ailleurs. Les gens sont encore moins stables qu'avant. Ils sont ces éternelles chaussettes accrochées sur ces sempiternels fils à linge affrontant inlassablement la tempête... Vouloir qu'on lise mes mots. Ne plus vouloir les garder pour moi. Espérer que la vie s'en échappe et fasse de ces notes de sonorité sensorielles un vagabondage plein de sourires, plein de souvenirs.
S'agripper aux épines des arbres. Ramasser des feuilles. Se nuer d'abeilles. S'étouffer de sommeil. S'apprivoiser de « rigoleries » décadentes. Je suis Toi.
Eucalyptus dérivant sous un paravent, frétillant. Je veux l'eau, les minéraux et les coquillages. Je veux du romantisme et des choses fragiles à partager. Coule toi dans Moi sans devenir mon ombre, je veux que tu sois toi au point de respirer et de comprendre qui je suis. Il y a si peu d'initié que cela en devient triste... S'accrocher au vent...
Repartir vers l'ailleurs qui raisonne comme un endroit douillé, recroquevillé dans le creux de mon Moi. Cela fait encore froid. Souffler sur les bougies de la vie. Ouvrir le flou sur nos corps lacérés de trop, ou de ne pas assez vivre. Se noyer.
Perdurer malgré tout ce qui dérive dans l'univers qu'on s'est créé. Je suis la pluie. Dessiner à l'encre noire ce qui brille dans ses yeux. Se blottir contre sa bouche, faire de ce délice un secret. Être une personne notoire et l'assumer. Se dévisager et penser. Bouder, ne jamais laisser exploser réellement sa colère car elle n'existe pas. Se défaire de la vie. S'enfouir dans l'Autre.
Poser une main sur son sein, l'épouser. Ne plus dormir, s'étouffer. Avoir envie d'obtenir l'Amérique, y rêver. Partir en voyage dans son corps imaginaire la regarder, l'entendre en soi. Penser à l'envie d'être à ses côtés. Épuration... se dévêtir s'organiser pour plaire. Ne pas être surchargé, être soi...
-21 décembre 2005-
Jour néant. Jour perdu dans l'empire, mainte fois parcourut, de la consommation. Pas de positif dans ce jour. Juste qu'on a respiré comme toujours et qu'on a su en rire grâce à quelques notes de musique qui savent donner le sourire et vous le faire garder. Et pour vous comment va décembre ?
C'est tout doux ces frissons qui déambulent, légers et vadrouillant sur cette peau qui autrefois fût diaphane. Muer, se libérer car ma peau impure de part mes fautes s'allonge dans une continuité étrange... Je suis rouillée par les passages d'une pluie acide qui s'en cesse tente de laver ce corps qui pourtant n'est pas salit mis à part par l'âme qui l'habite et qui parfois lui est infidèle en le maltraitant avec une dureté silencieuse et austère. S'aventurer sur les chemins de la souffrance intime. Je suis le rêve de la matrice. Je suis le rejet d'un monde trop pur dans l'idée qu'il veut projeter sur des murs blancs cassés. S'appesantir d'un rêve glacé. Ice Cream. « S'épouvantailler » de toute part, devenir un « effrayeur » d'oiseaux couleur ocre jais. Solitude éternelle en ce corps.
Plume de serpent dans le creux d'un grand peuplier brun seigneur. S'évanouir avec le rire d'un enfant tellement heureux, qu'il vous fait voir votre taciturne existence avec un dégoût proche de l'envie de la mort. Ne jamais mourir. Se laisser surprendre par cette mort qui n'existe que pour les songes. Nous vivrons jusqu'à ce que tout ceux qui vivent, contemporains, se quittent eux même, en attendant nous n'aurons pas de vrai mort. Se soulager...
Pleurer quand un ami s'envole vers sa vie. Mais ne pas oublier de regarder droit devant, l'avenir, car sinon on risque de louper son retour... Je te vois revenir toi l'ami perdu il y a si longtemps... Bien sûr tu n'es pas celui que j'ai quitté mais tu es quand même Toi et donc celui d'hier également... Penser à toi n'est plus une plaie ouverte, à présent je sais que tu veux vivre, que l'ombre de la mort qui t'habitait a construit sa niche dans une partie plus inconsciente de ton univers... Libération. Je sais que tu ne veux pas revenir vers moi... Enfin... je ne sais pas. Je ne suis pas non plus la même. Silence. Se murer dans l'amour... Souffleter sur la route des souvenirs pour les faire parvenir à soi dans une légèreté bleuté.
Raisonner dans un soupir givré. S'époumoner dans un ailleurs... Se glisser dedans soi... se crier des lois car il faut rester droit avec soi même et en même temps n'être que poésie et beauté profonde pour savoir éternellement se surprendre. Nous sommes des êtres exceptionnels mais malheureux, alors faisons briller le vent comme une teinte saphir dans nos cheveux. Nous ne devons la loyauté qu'à nous même. Ne jamais se décevoir est une raison de vivre et de poursuivre l'existence. Les autres nous donnent quoi que nous fassions car l'être humain communique et ainsi transmet la vie sans même le vouloir. Nous sommes des êtres généreux à notre insu donc il n'y a qu'à nous que nous devons réellement quelque chose car nous ne nous donnons pas de manière inné ce que nous offre autrui... Suis-je clair pour vous ?
Tournoyer dans sa tête, le froid rend fou... Avoir envie de crier mais ne pas le faire de peur de déranger Autrui, de créer une confusion alors que le calme règne... Dormir...
-22 décembre 2005-