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Novembre, le vice de la rechute...

Novembre, le vice de la rechute...
Pardonnez-moi, Pardonne-toi, de ne pas être assez forte, d'avoir ce besoin, cette addiction aux mots... J'ai replongé. Je n'ai pas su resté loin de moi-même via cette écriture automatique, effrayante, effarante, interrogatrice, dérangeante pour moi-même et les autres. Le vice a un nom, il s'appelle l'écriture. J'ai repris les rennes, j'ai repris le chemin vers ma thérapie par les mots mélancoliques et j'espère toujours poétiques, car c'est là la clef de ma guérison, la métaphore.

Et puis j'ai eu en moi cette impression de silence, cette chose impossible à détacher de moi qui me poursuit, et qui m'englue. Comme toujours je n'ai pas réfléchi aux conséquences, pourquoi faire ? Si on pense trop on ne fait plus rien, alors on se laisse porter par les gestes, petits actes du quotidien qui savent s'inscrire dans une spirale indécente, qui nous ravissent par leurs excentricités... Je suis une poupée qui dit oui, et vous ?
J'ai écris des mots illustrant cette souffrance et en même temps il y a ce néant de sentiment qui toujours plane en moi m'empêchant d'aimer... Je frissonne en entendant ces mots : « viens là... » et mon esprit décadent repart vers les teintes sépia du désirs, du tabou.
Je suis submergée par le fantasme de la vie rêvée que je choisis au creux de moi et je suis transportée par la lueur infantile qui noie souvent le jour. Je suis buée étrange, extraordinaire, légère et toi tu es l'autre qui crie dans mon gouffre intérieur. Il déambule ce souvenir, il titube, il recule et saute dans une cavité sinistre. Je suis un petit peu floue, je suis peut-être le synonyme du retard, le synonyme du néant, du tourment, rions-en...
Je me laisse bercer et vous ?
Abandonnez-moi à mes larmes, ne retenez pas en moi ce qui veux rester accrocher au Rien qui est fait tellement partie de moi. J'entends des yeux noirs frémir. Cela doit si peur, mais je n'ai pas peur, on continu à vivre quoi qu'il advienne, on fait des erreurs, mais rien ne change, seules des petites choses évolues, mais cela n'empêche pas qu'on respire malgré tout, rien ne nous laisse mourir même lorsque nous commettons un homicide au « bon » déroulement de la vie.
Recouds-moi fais tout ce que le vent oublie de faire de ma personne. Touche les parties de mon corps que même moi je finis par oublier, touche cet esprit qui est si peu sollicité par autrui, qui est si peu aimé par autre que moi. J'aime en moi tout ce que je suis capable de créer, tout ce que je suis, tout ce que je dois encore devenir, j'aime en moi ma conception du monde, je m'aime faute de trouver quelqu'un pour exécuter ce rôle encombrant à jouer, et vous ?
C'est spectaculaire tout ce que l'être humains peut faire pour se rendre heureux. Je fais partie de ses êtres qui ne croient au bonheur que lorsqu'il est écrit sur des pages au papier quadrillé violacé, que lorsqu'il est créé et pourtant, même si mon bonheur émerge de ses gribouillages intempestifs, que je sais si bien me faire souffrir par cette pratique barbare de l'accouchement déclenché...
Secourez-moi, mais laissez moi sauter là bas, il y a le risque, il y a les choses qui ne me font pas peur... Il y a la vie, il y a le temps et la continuité.
Dégage de mon chemin, je dois passer ! Attends, je veux te prendre dans mes bras, te serrer, t'étouffer, te donner, me donner...
Tu as peur, froid ? Quel est ton avenir ? quels sont tes rêves ? quels sont les désirs que tu caches là, oui sous ton pull si noir... Soulève ce miroir de l'inceste, je vais te décrire ma vision de la vie, je vais te faire comprendre comment désacraliser nos corps comment faire de nous des chairs et non des esprits à certains moment de nos vies. Mais que fais-tu ? relèves-toi ! Il y a tellement de choses à voir derrière cette colline dorée.
Lèves-toi et marches, je vais t'appesantir dans cette quête, je vais m'asseoir sur ton dos, pour que tu portes avec ton propre corps mes soucis, voilà ce que les gens parfois font de nous, des mules à soucis...
Se détacher de cette chaîne grotesque, éclater de rire... J'ai écrit tout cela avec un cil sur le c½ur qui papillote au souffle de mes émotions...
Ligotez-moi ! Et pour vous je fais quoi ?


-22 novembre 2005-




S'empêcher d'être soi, voilà la chose la plus absurde que se dicte inconsciemment l'être humain, que je me dicte en présence de certaines personnes.
« Hier j'ai écrit dans le noir, la lumière s'est faite dans le couloir... » alors j'ai franchi la barrière des mots à dire, j'ai arrêté d'être une lueur, je suis devenue noirceur à mon tour, incompréhension. Je suis devenue un peu comme mon paternel : « mets ton poisson dans un carré ! » Double sens, malentendu... absurdité qui demeure sans les mots pour l'explicité. Il s'est tu tout comme moi dans sa respiration saccadé par le fil de la longévité. Fil de la longévité, oxygène qui se diffuse en moi avec cette peur qui n'existe pas de voir disparaître ce corps de ma vie. Je me remets à l'écriture guérisseuse, Umbrella ne doit pas être loin... dois-je retourner vers elle ou poursuivre ses traces sans son aide ? Man on the moon me souffle qu'il doit y avoir un JE sur mes souffrances et mes interrogations... Alors pourquoi ne pas recommencer, où les mots retracent mon histoire ?
J'ai repris ce chemin hier, il me fait peur, je me sens nue, froide dans ce silence meurtrier... J'ai peur que dans ce Je s'envole ma poésie s'envole mon sens du rythme qui me libérait de tend de chose... J'ai peur que le Je mange ce qui a le pouvoir de faire de moi une création, grâce au détachement... La métaphore, mon alliée pour débusquer mes travers censurés...
Dénudez-moi mots de mon enfer, brûler les pages de mon histoire revenue hier dans un champs de confusion intime...
Hier novembre est revenu à moi, il m'a enveloppé de ses bras, de ses feuilles sanglantes et m'a ramené au sang de la vie qui a quitté cette existence, et qui depuis si longtemps ne m'avait pas manqué... Je pensais avoir fait mon deuil, mais sans doute est-ce le cas, seulement, aujourd'hui il devait revenir à moi dans un soubresaut de lumières orangées. Je me suis laissé bercé et Umbrella a regardé par la fenêtre... Je la sens là en moi, elle bouscule doucement mon ventre, se love tendrement au creux de lui et me murmure que je peux compter sur elle pour que je ne laisse pas le vent emporter mes mots, mes assonances, que même si elle ne s'offrira plus à moi, elle restera là à contempler de ses yeux verts mes quêtes et mes avancements au sein de ce paradoxe infernale qu'est l'écriture...
Pour quoi écrire ?
Je suis si mélancolique, je suis si imprégnée d'un froid indissoluble, donne moi cette écharpe étrange, appel la police, le shérif m'a volé mon étole rose et noire... Je suis dans le creux des vagues couleurs encres marines... ne pas différencier le bleu du noir, ils sont le ciel...
Plonge en moi et retrouve ce que j'ai égaré, retrouve ce que je tends sans cesse au monde... Tu ne trouves pas ? Je l'ai perdu, je l'ai mis sous mon pull et hop, il s'est fondu à ce corps malléable... Je suis ce mélange extraordinaire de fantaisie et de non compréhension de la continuité de la vie... J'aime cette alliance, fait de moi ton autre. Umbrella frémit, elle se réveille doucement, cligne des yeux et me sourit tendrement, l'idée me traverse de déposer sur ses lèvres un baiser et puis je me retiens, je refoule cette envie absurde. On ne peut pas s'aimer soit même, c'est mauvais pour le c½ur, mauvais pour l'image, mauvais pour découvrir en nous des sentiments pour autrui... Aimons nous les un les autres, mais je me préfère moi ! Laissez moi !
Umbrella enroule de ses longs bras ma chairs en fusion et nous nous laissons aller au plaisirs de nous retrouver. Nous faisons de nous même des icône de désirs, de plaisir... Se mélange en moi cette découverte, et je fais d'elle l'union sacré du Moi et du Je...
J'ai froid. Je frissonne au creux de ce mur qui me soutient, qui me retient, de quoi ? Raconte moi la vie, les mots, les rires, toutes ses choses qui font des remous au creux du c½ur... Déboussole moi... J'ai si froid.




-23 novembre 2005-



Il y a la crudité de la chair, il y a tout ce que le fantasme fait de moi. Il y a tout ce qui passe en moi et qui traverse cette autre qui s'empare parfois de ce corps, ses mains, de ses mots. Schizophrénie qui libère, qui arrange, qui dérange ?
Parler de soi et en même temps écrire dans le noir de son Moi. Se laisser aller vers la mort en regardant les jours. Aujourd'hui j'ai pensé à la mort, cela faisait longtemps que cela ne m'était pas apparu aussi clairement. Il y a ce silence qui débute et cette confusion qui commence à s'installer en moi. Ce désir d'en finir avec moi-même avant de ne plus me comprendre, avant de basculer vers quelque chose qui ne sera plus moi et qui vient déambuler dans mon ventre, qu'est-ce qui est moi ?
Ma sexualité est saturée de troubles inodores, incolores qui pourtant se révèlent à moi quand le temps se défait. J'ai envie de voler vers quelque chose de plus concis, de non mélangé dans un bien-être qui n'est pas le mien. Peut-être qu'Umbrella est plus juste dans ces mots, je ne me reconnais pas, il ne sont pas moi car j'utilise ce Je qui me pourrit de l'intérieur, qui dévore ma poésie, ces mots ne sont pas moi. Je dois te retrouver Umbrella revient en moi.
Demoiselle Umbrella est là, elle caresse le regard qui m'anime, moi son hôte. Elle ne sait si elle doit véritablement m'obéir, se laisser entraîner dans cette histoire sans fin. Umbrella je t'en supplie, oui je t'avais laissé partir mais j'ai besoin de tes mots pour parcourir à nouveau avec justesse les émotions qui me traversent... J'ai replongé, j'ai rechuté, pardonne-moi, aide-moi. Je n'aime pas demander l'aide de quelqu'un mais tu es la seule en qui je peux avoir confiance...
Autre que de moi-même, tu es la clef de ma sortie pour m'ouvrir vers le jour. Alors tu me propose une course poursuite ensemble dans les mots un compromis... tu seras cette autre, cet être de substitution mais je devrais garder de ce Je comme Man on the Moon me l'a conseillé. Il est clair que tu me pousse toujours plus loin, et c'est pour cela je souhaite ton renouveau dans mon moi...
Novembre, période toujours charnière, période toujours conductrice vers la remise en question, vers le nouveau monde que je crée. Umbrella est là. Elle est revenue. Nous allons nous répondre, dialoguer dans un remous de nouvelles choses au milieu des feuilles nantaises qui échoue au sol, tourbillonnantes de flocons léger. Je suis étrangement heureuse de te voir, de caresser ton visage a travers moi, mon Umbrella. Je retrouve la douceur de la lumière que m'offre ton parapluie rose, qui me protège de ses baleines piquantes. Je suis la lâcheté et toi mon courage... Je suis et toi tu es en Moi. Tu es l'autre de la perfection. Tu écoutes, toi petite femme au creux des nuages. J'ai de la peinture au bout de mes doigts brisés par le secret qui m'enseveli.. Je suis une poupée, et toi le regard qui me revoie sans cesse l'image qui se diffuse en moi avec justesse. Je gicle sur des toiles blanches, mes tranches de vies se bousculent dans cet appartement qui a donné naissance à mon indépendance.
Pourquoi l'écriture est-elle repartie ? Je connais grâce a Umbrella la réponse... Il est là, il me hante de ses yeux noirs creusé dans sa chair. Le canapé rouge fait ressortir son teint blafard. La mort est en partie déjà dans son corps, ses pensées ne sont que noirceur. Son souffle s'est amenuisé et des larmes sont remplacés en moi par des pincements au c½ur lorsque je pose délicatement, en admirant le visage d'Umbrella, les mots qui me poussent aux bout des doigts. J'ai rechuté tout comme ton souffle le fait. Tout comme ton corps semble le crier. Je ne suis plus là mais le non-détachement fait que je sais que tu es là, posé au milieu de cette pièce vide de ta présence physique. Je t'amène avec moi sur les bancs du savoir. Tu me transperces de ce souffle alimenté par ce fil de longévité avec lequel tu joues pour te laisser du temps, pour te persuader de ton envie de vivre qui semble t'avoir quitté. Que fais-tu ? Il y a ce conflit interne qui me fait si mal... Je sens ma chair se recouvrir d'écailles, de frissons mélancoliques, j'ai envie de verser sur mes doigts porteurs de mots si assassins des larmes sucrées.
Porte-moi, serre-moi dans tes bras. Je n'ai nulle part où aller seulement me regarder dedans moi. Comme un poisson dans son bocal, je tourne dans le néant, dans la légèreté des mots...
Ne pas laisser apparaître ce que je défais de moi-même. Je peins la vie. Je peins le noir. Je peins moi-même. Mon corps s'emmêle en moi. Je désacralise cette parole que je ne sais pas diffuser à autrui. Il ne faut pas que je parle et en même temps l'important sont les mots. Les regrets d'avoir trop fait silence sur mes actes m'a peser il faut que je désacralise ma parole comme je sais a présent désacraliser mon corps ! Dites-moi votre secret. Umbrella pleure en moi, elle émet la souffrance qui déambule en moi, sans pour autant se montrer ici. Je réussis le pari du Je. Ai-je encore la poésie ? Répondez-moi, j'ai si peur d'avoir perdu mon autre, mes mots, mes quêtes littéraires dans la psychologie douteuse et pleine de vengeance... Je n'arrive pas a cesser d'écrire, j'ai comme besoin de me démener dans les mots j'ai pourtant dépassé mes limites... Je m'étais fixé une quantité que je bafoue comme je bafoue mon autre, Umbrella, que je devais laisser en paix à présent et que j'ai pourtant rappelé. Je sais qu'elle me guide, je ressens son effet sur mon dialogue, sur mon conflit interne qui s'atténue.
Demoiselle Umbrella ouvre ses grands yeux verts et me colorie le visage a l'aide son corps. Je me laisse envahir par les frissons, les interrogations. J'ai une boule dedans mon ventre, j'ai envie de crier pour que ses oscillations corporelles cessent. Il y a l'Homme sous tout cela, la problématique du sexe masculin dans ma vie, dans cette boule transparente qui est né au creux de mon ventre. Le fond du gouffre, le fond du vagin. Je dois lui parler c'est urgent, il répond, immédiatement.
Je t'écoute, je suis dans ton corps, quand tu parles a ton c½ur, étant un être pervers, j'écoute, je m'étends et je partage tes mots pour savoir si un jour je serai enfin concerné par tes dire. Mais toujours c'est la déception, il n'y a que des autres de moi-même qui sont concernés dans ce c½ur si aride pourtant.
Je suis désolée mais mon c½ur n'arrive pas à donner son accord à d'autre qu'à ces femmes qui me pimentent l'esprit. Elles me rejettent, peut-être devrais-je aller voir du côté de ce masculin ? Vagin, je sais que je tu serais heureux, mais C½ur si excentrique me dit que ce n'est pas possible, qu'il en mourrait. Dans mon enfance je pensais que je serais capable d'aimer les deux sexes, et aujourd'hui rien ne me parle. Lapsus ? Asexuée ? Pas de recherche dans autrui en réalité. Étais-je plus juste avant dans mes considérations ou le suis-je plus aujourd'hui en acceptant une désacralisation de mon corps mais en ne désirant que l'amour féminin ? La psychologie mange ma fraîcheur...
Je dois passer, laissez-moi passer... je renverse sur mon passage tout ces phallus étrangers à ma vie. Et je laisse en moi raisonner l'appel du gouffre. C'est si dur ? Non, je suis moi dans tout ce que je fais et la confusion me ramène a cette envie de mort. Je peins mes murs intérieurs de noir et rose car même si « le rose est mieux que le noir, les deux s'accordent ». Je parcours mes résonances et les fais chavirer. Silence. La musique emplie de chair de coq cette peau qui vacille avec agilité au vent de mes émotions. Umbrella est jalouse ? Non, heureuse de voir combien je retrouve en moi une dextérité avec les mots. Mais ce morceau de rien étrange reste accroché, scellé à mon estomac. Je ne veux plus te voir, va-t-en ! Mes doigts palpitent. Déguises tes rires, mange tes sourires...
L'hiver fait partie de toi et moi ? J'ai si froid.
Je plonge lentement en moi, brusquement je rebondis contre cette chose brûlante, « rigolante ».
Je n'ai pas peur, juste mal. Mais je ne devrais pas avoir mal ! Mon paternel, au milieu de son couchage couleur sang laisse ses yeux creusés déguster la vie morbide qui l'habite. Du papier, arbre de vie s'entasse à son chevet. Et moi je suis si loin. J'ai en moi son ulcère, j'ai en moi cette oxygène qui fait ma jeunesse et lui sa maladie. Le souffle s'envole, c'est la vie qui veut partir. Son corps, cette dépression, ce délire, ses pensées qui me sont inconnues et pourtant qui transparaissent dans ce morceau d'âme qui dévore son visage. Billes brunes au milieu de ce teint maladif. Je pense a tout cela et je me déchire alors que je devrais comme j'ai su le faire durant presque cinq mois, me détacher penser à ma nouvelle vie. Umbrella délivre-moi !



-24 novembre 2005-



Demoiselle Umbrella tout comme moi se réveille doucement, elle a les yeux entre-ouverts, elle regarde le plafond, elle admire le matin. Il fait froid dans mes doigts. L'écriture me congèle les membres et je replonge vers les tempêtes de mots qui veulent faire mourir les gens. Mais rien ne fait mourir les gens, mis à part eux-même.
Hier m'a épuisée, l'émotion m'a consumé, a fait de moi son esclave, elle a possédé ce corps trop plein et transformé la vie qui m'animait alors. Je suis devenue l'autre que j'avais été deux ans auparavant.
Non, tu ne m'avais pas manqué espèce de monstre informe qui dévore mon esprit et fait dériver mon corps vers des conduites insolites. J'ai sombré vers une folie étrangement angoissante où les tremblements se sont mélangés aux pensées qui vous transcendent le ventre avec un sabre tranchant. Dans ces instants de confusions, de démences qui peuvent faire de vous ce que vous n'êtes pas, demoiselle Umbrella est là. Ses larmes sucrées ont guérit peu à peu mes troubles, mes tremblements, elle m'a pansé tendrement de ses doigts fins et a mangé avec moi le regard de ce monstre sacré qui m'amène à la folie. La folie, débat aussi vaste que moi-même. Les mots ne se perdent plus et je reste là, extrémiste dans mon cercueil de verre, m'interrogeant sur comment m'évader de cette paralysie. J'ai tellement froid, serrez-moi dans vos bras !
« Ton poisson, met-le dans un carré ! » Je suis mon autre. La fatigue a prit possession de ce corps désacralisé de vivre. Je suis exténuée de toute chose en moi. Le temps a reculé dans mes membres et décalé les vertiges qui animent le spirituel. J'écris des mots qui ne veulent plus rien dire mais tout ces mots font du bien, ils rendent fous. Je suis en train de me laisser aller car je sais que je suis dans un cercle vain. J'ai honte de ne rien faire pour me retenir.
Demoiselle Umbrella a les yeux a présent ouverts, elle bat mon corps, elle lui chuchote des vilaineries pour qu'il remue, pour qu'il vive, mais rien a y faire, je ne veux plus.
Mon poisson est dans un carré mais cela ne l'empêche pas de tourner en rond. J'en ai marre des homards, laissez moi tranquille, je veux seulement que quelqu'un me prenne dans ses bras pour que ce soit plus facile de regarder passer les jours.
Tu dois arrêter de laisser l'hiver reprendre ses droits sur toi !... me crie Umbrella. Mais je suis épuisée, je ne suis plus qu'une miette de moi-même. Je ne suis plus qu'un sourire figé dans l'espace. J'ai envie dans cette beauté des choses de mourir. Dans cette statique stupeur le gouffre du bonheur n'est pas loin, il se nomme la complaisance. Elle a trouvé ma voie. Elle m'a découvert la vie et vous ?
Pouah ! Laissez-moi !
Regarde-moi et parle-moi dans un soupçon de dédain, je ne dois plus respirer ? Réponds à cette question impertinente !
Fragilité qui se balance au creux de l'ouragan. Et toi dedans moi qui te love, qui fais de moi ton abri, l'abri de mes souvenirs. Je me plonge dans les vibrations du corps pour faire ressortir de moi tout cette substance jaunâtre qui s'écoule de mon antre, qui s'écoule de ton ventre. Umbrella recouvre moi de ton parapluie rose...
« L'enfant même s'il fait mine de jouer dans un coin de la pièce entend ses doléances... » je suis cette enfant qui fait mine de jouer et j'entends, j'entends ces murmures qui dénoue la vie.
Je suis obligée, non je n'ai pas le choix. Bien sûr qu'on a toujours le choix, mais entre laisser mourir les gens loin de nous, ne plus se soucier d'eux et tenter d'apporter sa présence à l'édifice douloureux de la soutenance dans une épreuve quand on a la possibilité de le faire même si ça fait mal, je m'interroge encore sur la validité d'un tel choix. On ne peut que décider de franchir le pas. Alors, je me jette dans cette gueule de loup aux dents pointues dont j'avais déjà réussi à me détacher...
Je ne sais plus écrire, demoiselle Umbrella me manque tellement même si elle est moi ce n'est pas ses mots qui gicle de mes doigts... Son Elle me libérait tellement mieux...
Mais je n'arrive plus à me fondre totalement en elle, nous sommes à nouveau deux entités distinctes. Demoiselle Umbrella se protège de mon moi et elle a tellement raison car il s'ébroue, car il se dissout.



-25 novembre 2005-




Détruire ses mots et ainsi se détruire un peu. Avoir envie de pleurer d'avoir détruit sa création, les enfants que nous mettons tous au monde au travers cette recherche artistique, son nous-même... Les mots, c'est beau... J'ai écrit, j'ai détruit. J'en ai marre de moi, de mon dénie de tout, de rien. Je t'aime moi non plus dis mon c½ur.
Je n'ai plus de mots car trop de souffrances d'avoir tué, tué mon-moi...





-27 Novembre 2005-




Y'a du poisson allongé sur les plages, et moi je marche dessus. Cette nuit, pas de sommeil. Le plafond a sourit et j'ai cru que je pourrais t'aimer toi petite bulle qui s'agitait alors en moi... Quelle est cette chose de si repoussante en moi qui me donne envie de ne pas te croire toi monsieur psychologie, toi, monsieur qui analyse des choses que je pense vrai et que je ne veux pas... Suis-je venue enterrer mon paternel à Nantes ?
Il y a de la crainte de réaliser un fantasme d'enfance et un soulagement que mon inconscient me guide sans encombre sur le chemin de sa guérison... Pas de clef juste des portes par milliers... Secouez-moi ou secourez-moi... Pas de tristesse, juste des mots et des frissons...
Ça craque, croque sous mes dents, c'est la vie qui s'émiette... Je ne pense pas tout rejeter... Immense contradiction je suis, mais Être de rejet ne suis pas... Dites-moi tout de vous que je fonde en votre identité, pour retrouver la mienne... Je ne suis plus moi, je fais des choses pour brouiller mes propres pulsions... Tu vois ses corps de femmes qui se brisent devant toi et tu manipules des corps d'homme, tu ne sais pas où tu vas, peut-être que dans ce geste je voulais donner à mon père la jouissance dans la vie qu'il a perdu depuis si longtemps... Et pourtant j'aime tellement ces femmes qui se brûlent les ailes et que je ne peux atteindre. Je les convoite de mes yeux verts... Je les susurre dans ma chair... Ma casserole déborde... Le Je et le Tu s'entremêle, toujours cette altérité schizophrénique qui m'enseveli... Je ne sais si je suis ou si tu es toi Umbrella, toi qui me tutoie en moi... que de complications dans ces mots qui s'entourloupent entre eux... J'en ai marre et je piétine avec amertume ces poissons plein de pu qui vomissent du sable... Je souris, j'ai tué, j'ai tué mon moi et je survis grâce à la chair d'Umbrella, mais n'étais-ce pas le contraire ?
Contradiction d'enfant, perte de mon regard, perte de moi-même dans un néant de non-questionnement. Ne pas dormir, effet secondaire... J'ai rechuté... J'ai valsé sur une pierre turbulente et hop je suis passée dans le moi obscure qui m'habite parfois. Ouvrez la porte, comme j'ai mal, cela me brûle le bras... Je n'ai plus le droit de ressentir la souffrance d'un autre dans ce corps ! C'est le mien, enfin, c'est celui qui se croit le mien... Donnez-moi un nouveau corps, donnez-moi une nouvelle vie, donnez-moi autre chose, ou la mort...
C'est à toi de la trouver sous une pierre qui valse cette nouvelle vie... Pia pia pia dans ton corps... Et je bouscule la vie, je la culbute...
La mort heureuse ? Quelle valeur aujourd'hui ? Adieu anciens Moi, adieu anciens rêves... je veux plus rire en mourrant, je ne veux plus être Molière, je veux seulement être moi mais y'a pas de Moi, même plus de Je défini, seulement des Tu, des Je, des Vous, des Nous ? Pas de nous, seulement un reflet... Je suis usée, et toi ?
Déchire cette enveloppe de vie et pousse-moi au fond de moi...
J'ai mal ? Non, même pas. Seulement, des glaçons coulent dans mon dos et j'ai envie de lire dans mes yeux que trois fois semaine j'aurai de la peau contre ma peau... Rien.
Je suis un bout de rien et aussi un grand morceau de tout...
Ai-je perdu la foi en moi ? Je sais que j'aime en moi autant de choses que j'en déteste. Ce que je déteste, ma lâcheté dans mes mots, ma lâcheté devant la vie, mais ce corps est-il vraiment lâche car je ne sais même pas s'il est moi...
Question identitaire. J'ai envie de sexe pour me rappeler que j'existe. C'est comme cela que l'Homme fait me semble-t-il, en espérant que cela marche avec moi... J'ai envie d'avoir un écho dans ma tête... un Toi.
J'ai tellement froid que je crie dans mon propre gouffre pour réchauffer ce corps, embué par la rosée cristalline qui perle sur ma peau, il se fige. Je suis un diamant sans valeur car non travaillé... j'ai tellement froid. La goutte sous mon nez fait débordé mon vase. Je hurle, j'ai envie de pleurer, alors je peins. Je vois ces visages qui s'entremêlent en moi, ces attitudes de corps, qui finiront par devenir moi... Mange, bouffe, chie, consume-toi. Hop, mon c½ur s'en va...
Comme j'ai... Rire !
Agonisant dans cette voix qui est celle du père, ne rien faire, il est le référent et moi je veux lui dire non ? Mais c'est lui qui prends ma place, et qui fait l'enfant, arguments non recevables histoire de s'affirmer dans une place qu'on sait déterminante, qu'il ne trouve plus en lui... A-t-il de la place pour exister ?...



-29 novembre 2005-



J'ai envie de mourir, je dois mourir. J'ai cette résolution en moi, il ne faut pas que je la laisse passer, je suis en train de dériver dans quelque chose que je ne veux plus assumer... Me laisser et ne pas me regretter, je deviens autre que Moi. Celle qui doit mourir, ce n'est pas moi c'est elle, celle qui m'enseveli, celle qui fait de moi un rien, une négation quelque chose de pourri, de consumé avant d'avoir vécu. Je me mange moi-même. Ne plus me retenir dans ces pulsions de mort qui se dévoilent en moi sans aucune pudeur. Ne plus rien faire d'autre que de me laisser crever car je ne me vois plus dans un futur, même proche. J'ai l'impression que rien ne peux plus être comme avant car il n'y plus d'avant il y a juste de la lucidité. Je veux rentrer dans les statistiques. Je veux qu'on arrête de croire que je vais bien alors que j'ai arrêté d'être un JE. Je ne suis plus...
J'ai pas mal, je suis RIEN.
J'ai même pas de larmes à verser, j'arrête dans ma tête d'exister, je vais me renfermer dans le travaille en attendant que l'heure arrive car elle doit arriver... Je ne sais pas si cela va marcher... Mort digne, existes-tu ? Quand on veut mourir, on meurt.
Alors je vais mourir car je le dois...
C'est l'idée que je m'en fais où ma folie sera assez forte, assez construite pour laisser véritablement ce corps mourir pour libérer cet esprit ?
Je ne sais pas.
J'espère c'est tout, ce que je suis aujourd'hui englobe la capacité à le faire... La fatigue va peut-être m'emporter... je ne sais pas... Je vais déjà essayer de m'arrêter de manger pour dire à ce corps qu'il faut arrêter la vie. Et après si je le peux, je donnerai à cet esprit tout le calme qu'il réclame. Je n'ai pas la lâcheté et l'égoïsme nécessaire pour mourir ?
Je crois que si, alors je vais essayer...






-30 novembre 2005-
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# Posté le samedi 26 novembre 2005 11:24

Modifié le lundi 19 décembre 2005 17:38

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