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Janvier, amour qui endort et émulsionne

Janvier, amour qui endort et émulsionne
Je suis une boule de crème qui déborde. Je suis chantilly et Paris, je suis le retour dans la ville qui doit me faire rencontrer le rêve d'une séduction qui ne doit jamais se finir. À l'Aube de mes sentiments je parcoure une Terre encore recouverte d'un magma de verre... Se couler dans le fond d'un trou noir soulever d'éclosions étranges. J'ai envie de manger une étoile couleur crème fouettée... S'acheminer dans le restant d'un monde que l'on ne connaît pas encore. Avoir des battons dans les roues que l'on s'inflige soit même, croustillant qui irrite et en même temps, piquant qui écorche une proximité qui nous est du. Dinosaure à l'accent et au rythme sympathique que l'on a acquis dans nos habitudes, s'accommoder d'un poids qui n'a jamais gêné jusque là...
Se retourner vers quelque chose qui vise à la réussite. Se devoir à soi-même de ne pas échouer cette année. Mais ne pas se donner les moyens, se haïr de ne pas se respecter à ce point, de trop s'interroger, et ne pas penser que les voies toutes tracées ont le bonheur de ne pas être difficile si on arrive à s'en convaincre !
Je veux poursuivre, mais avant tout écrire des livres. Je veux devenir une femme à livre bien que mon talent de jongle avec les mots et surtout mon imagination en matière d'histoire soit si peu probant, ne pas s'illusionner, redescendre sur la Terre de l'avenir, ne jamais penser que les mots seront un jour un gagne-pain, chute du Niagara à la clef...
Dans le sourire de la Joconde il y a le mystère mélangé à la positive négativité du temps... Je suis le souvenir qui guette les arpèges d'un silence pré-modeler. Je veux colorer des paysages déjà fushia d'exister. « J'ai envie. », déjà moteur de créativité, ensuite l'imagination détournera les barrière et le vent terminera en douceur le travail soulevant avec effort ce corps pour qu'il termine la route... L'Aube vagabonde en moi, elle est l'apesanteur qui manquait à ma vie, elle est cette pensée qui complémente ce corps. Je suis le néant des souffles qui endorment. J'ai envie de tout éclairer de cette Aube, mais la fusion de nos deux chemins est-il pas dangereux dans une surélévation des doses que nous avons envie de nous prescrire, j'ai envie qu'elle ait accès à ces mots si tel est son désir de me connaître mais en même temps doit-elle suivre mes évolutions, mes questionnements avec une telle intimité, l'envie n'est-elle pas dangereuse ?... L'envie n'enlèverait-elle pas quelque chose à mes secrets intérieurs ?
Déposer des mots sur tout, est-ce trop dur pour ma voix ? C'est pourtant si facile pour mes doigts... J'ai envie de déguiser mon corps pour qu'elle l'adore... Je sais que ce corps est la prison de tant de sensations, ne pas se laisser détourner par mes visées comme dit l'Amérique...
S'ouvrir dans le néant d'un avenir qu'on veut construit de romantisme enrubanné dans une douceur enivrante vouloir s'adonner au jeu de l'amour et du hasard...
Je repense à ses mots que j'ai déposé avec douceur, rictus sur le papier... cette histoire d'horloge blotti au creux d'une femme... Cela me donne envie de devenir « Dicteuse de Temps »...
L'aube est proche, je vais sommeiller dans une expectative en attendant de retrouver ma lumière, celle qui va me confier sa douceur...




-3 janvier 2006-



Gloutonnerie de la vie. Se mouvoir dans un espace, dans un ventre. Ne pas travailler, ne pas avoir des remords visibles mais les sentir vous transpercer le foie. Se déplacer, attendre qu'elle arrive, cette Aube qui se prépare à surgir. Se laisser aller en attendant la pluie, les rires, les petits clapotis de la vie. Sourire, en attendant de se dévêtir enfin, pour montrer de soi ce qu'on aime le plus, même si ce sera dur de choisir quelle partie mérite plus de regard qu'une autre. Je suis Dieu et vous ?
Silence dans le sourire de Madame Joconde qui se fige là-bas au loin... Souvenir goût acre dans la bouche. Sang. Se tordre de silence trop lentement absorber. Trouver un objet qui lui correspond. Qui correspond à l'Amérique. Je suis pour lui un morceau de France, il est pour moi un morceau d'ailleurs, de douceur, de splendeur, quelque chose d'unique qui respire à l'autre bout de l'univers et que j'entends malgré moi dans mon monde si clos de ne pas comprendre ce détachement qui doit se faire en moi. Mes yeux ne s'embuent plus à l'idée qu'il m'a quitté, les yeux se remettent si vite des choses qu'il faudrait les frapper, les exploser avec mépris pour cela. Se souvenir de rien, de tout, de pendant, de pourquoi, de maintenant aussi...
S'apprivoiser, se mutiler, chose indécise qui survient parfois malgré le Moi qui lutte sans cesse pour ne jamais tomber dans une non reconnaissance de certaine souffrance inédite en moi. Pas de réponse, les jeux s'emmêlent, j'ai envie de sourire.
En attendant l'Aube il fait froid, aucune neige ne nous a réuni dans un Paris si entortillé qu'il nous aurait gâché la fête ? Peut-être...
Paris, La vie. Nantes, Ma vie. Souvenir d'outre tombe. Se départager d'exister dans un titillement de rire, de justesse, d'allégresse... se démantibuler d'aimer.
En attendant le temps qui passe éternellement et moi, qui je gis dedans, nous parcourons nos mémoires qui scintillent dans le souffle d'un vent pas assez glacé pour l'univers de la Terre.
Miaulement de frissonnement, j'ai envie d'entrer en moi, de faire sortir le plaisir de ma chair endormie, alors je déambule dans les bulles de mes entrailles, je déguste mes sécrétions sentimentales, et mes soupirs immémoriales. Délicatesse entre mes jambes qui se déchaînent dans le vide d'un silence trop plein de cris lentement abandonné sans absolution possible...
Je ne comprends pas mes mots, et les votre sont-ils beaux ?
Racontez-moi des histoires que je ne fasse jamais semblant de croire, que je les vive simplement. Écrire des livres c'est aimer. Aimer le noir et le blanc, aimer le crissement de ses doigts sous la plume ou le clavier... s'accoutumer à soi-même, aux autres, au délice d'outre-mer...
Nager à l'envers, se redresser vers la Terre, et saliver sur l'Univers qui défèque sa mère dans un gloussement planétaire, j'insurger de ses vers...
Pas de mérite à écrire dans un automatisme dégueulasse, qui vomit des absurdités. Écrire c'est penser, faire ce que je fais c'est se détester, ne pas se respecter. Écrire c'est donner une vision esthétique de part des mots choisit dans un instant plein d'une poésie marquée de ressentis. Je ne veux pas être abjection, je veux juste être MOTS. Je veux aimer mes mots car ils sont Moi, dans une homosexualité déclarée, je veux me comprendre et que mes mots, et moi-même nous fassions l'amour dans un élan de beauté dévoilé dans un instant mélancoliquement violent. Je veux que des corps comme le mien dispersent en moi la justesse qui éclos dans le jour des anniversaires perdus. Je veux le silence et ta voix, madame la neige, longuement désirée. Se toucher, s'enflammer...





-4 janvier 2006-




Avoir le c½ur au bord de mes lèvres, gouffre béant où se confond le souffle et le néant. Des mots beaux. Se détacher de soi pour devenir un peu plus ceux qui nous considère, mais rester ces mots qui font de votre personne une chose unique pleines d'aspérités, de silences, de méfiances, et en même temps, un être plein de souvenirs, de soupirs, de mélancolies, de joies, de demains. Sentir que après tout cela il y a aussi la vie. Se laisser transporter par la maladie. Avoir envie de vomir son âme pour lire enfin l'avenir en elle. Mais où aller, répond moi, toi qui est moi. Je suis dans un flou perdu entre la chaleur torride d'une envie de mon homologue, de mon autre, et glacée par le chemin sans retour que m'offre les jours qui passent et que je savoure sans penser que je me trompe éperdument de route. S'effondrer et assumer.
J'ai des frissons qui désarticulent ma voix, qui font de ce corps, un état grippal, qui font de ce corps un Rien au silence mortifère. J'ai envie d'elle. J'ai envie de la sentir, de replonger dans ses mots dénudés, dans ses yeux, dans son soupir. J'ai envie... Et refaire le monde c'est pour quand ? Je suis une ride aux petites ridules, ridicule...
Feuilles multicolores de mon esprit, entortillez-vous le long de mon corps... écrire pour une âme-frère, pour un autre que l'on aime, pour un père, pour une mère, écrire au nom de sentiments plus puissant que vous-même. « C'est beau, je ne sais même pas quoi dire... »
Peut-être que là est la clef de mes phrases s'enroulant sur elle-même, il faut que je les écrive pour autre que moi-même. L'égoïsme de ma plume me pousse à ne pas faire attention à la justesse de mes mots, mais quoi de plus beau que d'écrire pour se séduire soi ? Pour apprendre à s'aimer ? Tu me manques, toi petite chose blotti au creux de mon c½ur qui durant si longtemps à fait de moi une Umbrella. C'était pour Toi, pour te faire vivre que j'ai tracé tant de cercles sur des claviers déchaînés... J'ai envie parfois que tu sois une autre, que je t'épouse au creux du vent, mais tu es moi... Ne devrais-je pas te créer une histoire hors du temps, quelque chose de beau ? Quelque chose mêlant la féerie à la cruauté du monde, quelque chose sublimant ta présence, permettant que tu vives dans l'éternelle... Que tu sois un renouveau ?
Écrire, destinée, seule destinée que je me sois réellement prescrite pour survivre... S'abîmer dans des quêtes qui ne sont pas les nôtres... ne pas s'écouter au point de se détruire. Tu sais que tu n'es pas une artiste et tu souffres car dans ton esprit, l'art c'est un peu Dieu. Car Dieu est la métaphore de la création et la création, c'est l'Art, la Culture, c'est Dieu, c'est l'Homme dans toute sa beauté, dans toute sa sublimation...
Se laisser transporter par les frissons de l'existence. J'ai envie de partir dans un souffle de vie, exaltation. Nourris-moi de la merde du monde pour que j'en fasse, si je me l'accorde, quelque chose de différent, un arbre de vie, quelque chose qui n'aura plus cette fonction de putréfaction immensément repoussante et à la fois qui attire car nous sommes des êtres de changement... S'accoutumer du Rien...
J'abandonne. Fermer les yeux, voir le silence.

Et puis c'est reparti...
La maladie me rend morne. J'ai le regard, si ouvert à l'habitude, qui se perd dans une vague d mélancolie profonde. Je pense à Umbrella et me questionne sur son retour. Elle est moi, elle est l'entité impossible à faire mourir, héroïne au sang rose, héroïne parapluie, fée qui souffre, fée qui crée, fée/fait qui a un devenir... Comment faire d'elle quelque chose qu'elle est déjà, un être vivant... C'est dans le questionnement que se construit le roman... Alors peut-être qu'Umbrella est cette problématique existentielle qui puise ses forces dans le délice de mes larmes sucrées... S'aventurer...
Avoir le regard vide, ne pas attirer l'attention car n'être rien, se confondre dans son siège, se confondre dans l'espace. Vomir de ce déni d'exister. Aimer que le regard d'autrui vous rappel votre importance aux yeux de vous-même.
Umbrella a une existence puisqu'elle souffre, qu'elle laisse glisser sur son corps la pluie turquoisée. Peu à peu recommencer à vivre, s'éveiller... Aller la retrouver, ouvrir mon ombrelle sur la voie su « bizarre ». Citronnade, limonade, retrouver de la joie, une miette de sourire grâce à ce qui me fait vivre, VOUS ! Vous, « ma plus belle histoire d'amour », mes Mots. Éternelle métaphore qui font de moi un ½il luisant de pleurs, mais également de bonheur. Votre justesse fait de moi une chose fleurit de fantasme, de miracle. Création sous un soleil artificiel qui massacre ce poignet imprégné du sang qu'il déverse sur ces pages blanches. Rouge sur blanc, l'amour, fin'amor, mon amour...
Violence en ces geste. Je veux devenir ce que je veux, une fée, un ange, n'importe quoi, SURTOUT N'IMPORTE QUOI !
Ne plus être malade. Les mots ma guérison, encore une fois ! Vieillesse inachevée dans ses paroles sublimées par l'Art et la désapprobation...
L'Art mon interdit, moteur de ma reconstruction...




-7 janvier 2006-


Après avoir achevé l'envolé pour les États-Unis, je délibère en moi sur le pourquoi de mes maux de tête, le pourquoi des mots dans ma tête. L'Aube est partie dormir dans des plumes de soi... Et me voilà dans un silence entrecoupé d'une voix aux accents tonitruants. Je dévisage cette pièce, mon cocon, et me questionne sur la pureté de ma perversité qui éclos dans mes mots. Je ne demande rien aux étoiles car ce soir elles sont sourdes, recouvertes de nuages de brume, j'attends la dame brune. Je sens que je suis vide, mes mots ne glissent pas et ne font rien à mon moi, comme si, ils n'avaient aucun impact, aucune importance. Demain, la mer. Ma mère éventre de sa brise légère tout mes secrets et entre dans ma vie comme on entre dans un puit, évangile au regard perçant. Je ne dois pas écrire quand je ne suis pas dans un état d'embellissement de moi. Cela donne naissance à des sons creux, que du sens et du lourd, du poids sur le blanc des pages qui immaculées ne souhaitent pas être souillées.
Pourquoi ce négativisme alors que le bonheur s'ouvre de façon si probante dans cette insignifiante existence. Je relève cette phrase dictée par l'Aube : «  Nous ne sommes productifs que dans le mal-être. »
Est-ce tellement vrai que dans mon expiration de la clarté de mes pensées silencieuses j'en deviens plate et obselette. Je ne veux pas perdre le souffle qui m'anime grâce aux mots, grâce à cette sexualité sans tabou que je mets dans l'asexualité de mon regard. Je fais l'amour avec moi-même donnant à chaque instant quelque chose de plus pur pour révéler de moi le meilleur, les Mots. Les mots sont la naissance de la souffrance qui perdurent dans une continuité dont ce corps ne fera plus partit. Je serai poussière et ces mots resteront dans un élan, dans une décadence, une indécence retraçant les ascensions les pulsions de ce corps qu'ils ont inlassablement habité puis transporté dans leur roulement incessant. J'attends que le néant vienne caresser ma joue de sa langue rugueuse et qu'il m'emporte dans ses longs bras sertis de diamants. Les diamants sont la fleur de la jeunesse, ils sont l'ascension du corps contre la dureté du c½ur. Amer est la voix du soupir qui toujours veut entraîner le Rien.
Dans une philosophie s'affichant doucement sur l'avant bras envoûté du géant, je distingue l'écriture que je n'aurais jamais en ma possession. Je lirai les fées qui m'habitent sans jamais pouvoir les écrire moi-même sur mon corps pour l'offrir à d'autres corps. Je ne sais pas écrire, je sais juste l'automatisme. Les mots recommencent à me recoudre de leur pointes de fer, je les apprivoise, les adule, les admire.
L'Aube laisse papillonner ses grands yeux couleurs mer et je souris à son appel qui dessine en moi le début d'une nouvelle vie. Croyez-vous au changement ? Croyez-vous en la fin de l'inspiration quand l'Aube vient vous cueillir et vous faire naître ? Pensez-vous que mes mots aient perdu leur justesse, leurs sons, leurs assonances, leur poésie ? Dites-moi, secouez-moi, ne me laisser pas errer ici si vous pensez que je dois cesser de massacrer ce blanc... Hurlez et désarmé-moi si je deviens une insulte à ces pages qui innocentes sont peu à peu, par ma seule faute, abîmé par des mots mal habillés, mal mis en scène...
Je veux du Bruit, je veux que d'autres mots crissent près des miens.




-9 janvier 2006-



Écrire, néant. Journée bonheur, la mer. Et puis les retrouvailles avec ce soi-même qui est tellement réconfortant. On est bien dans ce cocon de douceur que l'on se crée exprès pour soi... C'est agréable de se faire du bien pour rien. J'ai le cerveau dans une éprouvette nichée de coton. Je suis chez moi dedans moi et j'y suis bien.
Aujourd'hui le vent a laissé ma folie extravagante de côté pour m'offrir les vêtements de la mer qui recouvre inlassablement d'amour les plages sableuses demandeuses de caresses. J'ai aimé être Elle, être ce morceau de couverture doucereux qui enseveli les corps avec une pureté attachante. J'ai aimé aimer. Je suis dans un linceul teinté de rose et de bleu, qui déteint sur mon corps repu d'un repos qu'il réclame avec une soudaineté époustouflante... « La vie c'est épatant. »
Avoir des petits glaçons à la place des membres, les sentir revenir à la vie à la chaleur d'un corps ou d'un espace habité par le chaud. Je suis cet iceberg qui déambule au loin des côtes... Je suis la solitude qui occupe un autre corps. Je suis le rien, je suis la fin de l'inspiration, le silence.
Théière s'évadant au file des vagues, caressant avec envie le ventre de la Terre. Je suis cette Mer orangée qui glisse dans les eaux agitées, qui soupire doucement. Je suis le clapotis des robes de veuves mainte fois éplorées. Je suis la vierge aux manches retroussées. Je suis la beauté calcinée.
Des feuilles multicolores s'évaporent dans la mer. Elles se fracassent contre la dureté des rochers. Je suis le ciel. Je suis ces mouettes qui admirent avec rêverie le chant des vagues... Et vous qui êtes-vous ? Répondez, récriez-vous dans ce silence implacable des mots que j'appose dans l'inlassable torture du temps...
Des frissons font de ce corps un nuage de sentiments entremêlés de visages filandreux. Je veux me muer en l'Eau. Je veux être pureté de violence légitime. Je veux être colère moi qui ne suis que Néant, je veux être rugosité moi qui ne suis que perplexité lisse et brillante, moi qui ne suis que malsain et animosité...
Les mots s'entrechoquent et s'ouvrent avec une délicatesse assassine sur le bout de mon sein. Il fleurit pour laisser transparaître une épine de rose, fragile bouton qui dénonce ce chemin sinueux qui emmène l'eau à travers le sable vers l'Océan...
L'Amérique me parle derrière cet Atlantique. Et je suis dans la jouissance de me savoir à l'intérieur d'autres corps dispersée au quatre vents, je vis ailleurs et c'est ce qui me motive à ne pas avoir peur de la mort. Je laisse assez pour ne pas l'appréhender. Je laisse mes mots en vous, avalez-les avec difficulté et rincez-vous le corps, le c½ur avec... Que je sois dans les moindres commissures de votre vous-même. Je veux exister. Et vous que faites-vous ?
Je me laisse persuader de mon souvenir et je déshabille avec mélancolie ce corps de femme qui me sourit. Je m'apprête à faire l'amour à ce corps maintenant dénudé de toute similitude avec autre que moi-même. Je le regarde avec une envie légitime, et secrète et le convoite avec une rigueur effarante. Je suis et vous ?
S'abîmer à s'aimer. Le miroir se brise enfin laissant de ma narcissique splendeur qu'un échos de douleur. J'ai défiguré mon Moi et il réclame dommage et intérêt, il m'aime et crie sa détestation de me voir aimer une autre... Je lui appartiens, nous nous appartenons, car la seule chose que nous possédons est nous-même. Je ne veux appartenir à personne d'autre qu'à ce Moi qui, si subtile, s'adapte à mes remous, à mes aléas, même s'il fait souffrir ce cerveau dans sa coquille de noix. Je suis le silence, il est ma voix.
S'émerveiller, se déguiser pour entrer en soi, pour s'astiquer la voix. Je suis le mélange inlassable de la vie et de la mort.
Je veux que vous explosiez sur des murs ma chair en déconfiture.



-10 janvier 2006-



J'écoute les mots qui sortent avec une justesse surprenante de cette boite noire à émotion, la radio. J'attends sans attendre. Je suis dans un malaise étrange que je ne sais pas qualifier. Je suis fatiguée les mots ne viennent pas en moi. Envie de fuir ?
Je suis le silence en attendant la Neige.



-11 janvier 2006-


Le bonheur me va bien au teint mais massacre ma plume de son sourire niaiseux. J'entends en moi des milliers d'oiseaux me torturer pour que je les laisse accoucher de millions d'½ufs aux teintes grises et sombres.
Écrire c'est aussi produire du beau. Le beau est-ce forcément du Rien ? Je regarde doucement le temps défiler dans le fond de ma gorge et je dévisage l'autre que je suis. Je confonds en Elle son corps dans mon corps. Je délie nos bouches et fais du ciel un néant de rose et noir. J'ouvre de grands yeux et plonge dans le silence aux écureuils. Je suis loin, loin de moi-même car je n'ai rien, rien dedans moi. Je suis un Rien de sentiments. Je suis juste bien.
Je vois devant moi un visage fermé aux tumultes des foules. Silence étrange s'étalant sur la dureté de sa peau, sourcils froncés.
C'est difficile d'écrire et en même temps, quand nos doigts sont dans l'enclave du temps, rien de plus simple que de les laisser se muer en notes aiguës et transparentes, en mots. J'apprends à tortiller en moi le souvenir du vide. J'apprends à laisser à mon autre le désir d'être Elle-même. Je suis le vide, plafond de verre aux nuances somnifères. Se détacher des écrans emplis de souffles sinueux. Je sécrète le domaine de l'angoisse de vivre. J'ai plus peur de vivre que de mourir. Mais n'est-ce pas intimement identique ? Avoir peur de mourir c'est, avoir peur de ne pas vivre assez intensément avant que la mort vous transperce, avant d'avoir terminer cette folle course aux oublis. Avoir peur de vivre c'est attendre la mort, c'est avoir peur de se fondre dans l'espace infini du temps. Avoir peur, c'est être faible, c'est être humain en définitive.
J'admire de mes grands yeux mes veines écarlates qui se vident sous mes sourires délictueux. Je transcende l'étendue qui prolonge, protège les vies des miracles.
J'écris, c'est vivre ? Sans l'écriture y-a-t-il sublimation de mon être ?
Je bonheur, tu bonheurs, il bonheur, nous bonheurons, vous bonheurez, ils bonheurent... Et je malheur ?
Le mal, la tristesse est-elle la garantie de la pureté de l'écriture ? Peut-on produire quelque chose de profondément beau en étant rongé de bonheur ?
Peut-on avoir de l'inspiration autre que quelque chose porté sur la neige, le blanc, qui soit quelque chose qui touche ? Puis-je donner, transmettre de l'émotion avec du banal, du souffle de silence, avec cette flamme qui doit m'avoir légèrement transformé durant ce mois de janvier ?
Janvier le froid cristallise mes paupières. J'ai le c½ur qui s'ébouriffe de gratitudes, sollicité par le renouveau. Je suis un cadavre exquis, ma chair s'ouvre avec une délicatesse alarmante. On entend dedans moi des morceaux de tôle se froisser, s'entrechoquer, cela fait du bruit, cela perfore avec violence la portée du temps. Je suis dans un gouffre clair, quelque chose de lumineux, excentrique. J'ai le vent qui provoque en moi du miel doré qui s'enroule avec lenteur autour de ma chair. Souffle petite voix. J'écris avec rien dans le ventre, seulement, quelques frissons m'animent avec une désinvolture surprenante. Ma « griffonnade » dégringole dans un nuancier d'arpèges grotesques. Elles ont le sourire saccagé par un couteau aiguisé, le sang coule le long de leurs dents à présent rouges de soupesons. Cela fait un tintement interrogateur dedans mon oreille. Il y a des sons, des tornades, des assonances qui se perdent, et qui ne retrouvent pas leurs mérites dans leur nouvelle prosodie.
J'abas avec mélancolie un champs de coquelicots frêles et vermillons dans un instant funèbre. S'apitoyer d'aimer.
Et puis tamiser les drôleries dans des lueurs anodines pour en faire un prodige. Je déambule dans le sautillement des tourbillons... Tornades, bégayements de luxure. Déluge de couleurs transcendantales. Je dénie le ciel. Rien n'existe car tout à une fin. En attendant la fin de mon monde, je dénonce les virtuosités du muet, « Noir et blanc sur l'eau bleu que le vent fait danser... ».
Magnificence que Barbara fait naître en moi, car elle est moi, elle fait partie de ce corps mainte fois ramené, transmuté. Musique d'enfance.
S'amadouer. Se déchirer, entendre des tissus crier... S'éponger, se renouveler... Pourquoi mes mots sont-ils toujours aussi eux-même, pourquoi sont-ils toujours idem ?
S'abandonner aux rêves. « Dormissures » biscornues.


-13 janvier 2006-


Et puis la peinture à recouvert mon moi d'un souvenir comparable aux tumultes des sons, des mots qui animent tout les corps qui s'éc½urent... J'ai entreprit de déguiser avec douceur cette peau tissé de soi et d'eau. J'ai appelé l'Aube avec une immédiateté étrange. Je sais que le vent m'a injurié alors je l'ai calomnié à mon tour, nous avons fait de nos combats une danse soulevée de nuances macabres. J'ai oublié mes soupirs et ainsi j'ai réussi à aller au bout de mon plaisir. J'ai entraperçut le néant dans une fente de désir, j'ai plongé lentement au fond du gouffre sacré et en ai rapporté un miracle coloré. Dans une douleur intense j'ai maquillé l'espace de mes poudres métissées. Je nage alors avec aisance dans les notes de l'Amérique. Je souris avec mélancolie à cette production qui devient le Rien. Je regarde de mes yeux vident ce que mes doigts ont produit...
Je sais que demain, le jour et avant les rêves auront fait de moi un repli de moi. Demain j'irai voir l'art de vivre. Sois Toi et je serai moi ! Voilà ce que je crie à l'Aube. C'est beau toute ses pépites d'or dans mes soucoupes vertes, les billes écarquillées je scrute le monde enjolivé par mes paroles si souvent recroquevillés sur un sourire de Terre.
Les notes m'animent d'un pincement au c½ur alors je tente de mourir avec Elles pour renaître dans la lueur du soir. Je suis le Matin, et toi le Coucher du Soleil. Décalage horaire qui fait de nous deux êtres à part. Écrivant sur ton ventre lisse et uni par les liens que je veux lui proférer, je fais de toi l'emblème d'une année de ma vie où j'ai trouvé tellement de questionnements et si peu de réponses, et pourtant, je sais que c'est l'année charnière qui fait de moi une personne Juste et Sincère avec elle-même. Le Je et le Jeu ont retrouvé leur place dans l'univers que je crée sans cesse en respirant encore. Mais pourquoi m'obstinais-je à vivre déjà. L'Amérique revient doucement frémir à mon oreille : « Laisse-toi surprendre par la Mort... »
« Heureusement que tu ne t'aies pas tué », murmure l'Aube... « Heureusement que je ne me suis pas tué... » susurrais-je à l'Aube, ma tête posée sur son sein. La clarté du jour me manque et en même temps je ne veux tellement pas qu'elle soit à mes côtés, c'est si beau cette solitude retrouvée, c'est si beau de faire corps avec soi, comme si je marchais à nouveau seule...
Être à deux c'est si beau et si dur à la fois... Quelle place laisser à l'autre en soi ? Cette envie qui demeure malgré tout de la tenir contre moi et en même temps cette sublimation de pouvoir s'adonner aux aléas de mes arts de vivre, mes arts qui me font vivre, qui font de moi un don de Moi...
Je suis sur la parcelle d'un Moi, le mien. Je m'en rends compte avec une bulle de savon légèrement entrelacée dans le creux de ma bouche. J'ouvre cette ouverture et laisse descendre vers le jour ma langue qui s'ébroue.
Diamants de verre, je transperce l'horizon de tournoiements intimes. Demoiselle Umbrella incline son visage diaphane vers le mien, posant ses lèvres contre les miennes. Ses yeux, paysages entremêlés de verts, de gris, de terre désigne ma ligne de conduite, elle exige de vivre à nouveau, elle exige, de faire rêver, de donner, de diffuser de la poésie, celle qui n'a pas de vers, seulement des proses dans début ni fin...
Je souris et lui promets son renouveau... mes doigts y courts...




-14 janvier 2006-



Revivre intérieurement des séquences de nos vies passées... Cela blesse, cela laisse, tellement de regrets... Il ne faudrait jamais pouvoir replonger sans pour autant oublier, difficultés d'avancer dans un monde où tout disparaît un jour ou l'autre, ils s'évanouissent les silences et remous d'hier... Mes yeux sont les gouttières de mes larmes muettement écoulées.
Savoir créer de l'Ethos, c'est savoir qui on voudrait être. Dans la difficulté d'être il y a le regard qui s'ébroue au loin... Dénonces tes attentes, soulèves le c½ur du monde pour admirer les cotes, les vicaires qui l'enserrent.
Se mettre dans une ridicule torpeur. Se révéler pour bousculer le regard du demain. Je silence en pensant aux demeures d'hier. S'attacher au temps comme on régresse dans le vent... Se muer pour paraître meilleur dans ce souffle de vigueur, s'accoutumer au dénie de vivre, admirer les gens qui construisent du beau sans penser à là-haut...
Tracer de ses yeux les lignes qui vous transporteront vers un ailleurs couleur nuit. Big Bang dans ton univers étrange...

-15 janvier 2006-


Écritures narcissiques inclinez-vous devant la splendeur des âmes-s½urs, devant les soleils couchant qui hurlent de beauté. Vous n'êtes qu'un reflet de l'égoïsme, qu'une facette égocentrique. Guitares qui implosent, qui crissent sous les doigts experts tout comme nos corps qui s'emmêlent de plaisirs dans un authentique recul de soi. J'ai faim de Moi, j'ai faim de Toi alors je démolie les tabous qui ont fini par nous unir pour découvrir les nuances du temps. Gris, bleu, violet, rose, noir, tout noir dans le placard au fond du grand couloir... Silence qui m'enveloppe de son sourire énigmatique. J'ai peur de marcher vers les étoiles, immense toile tissé de soupirs scintillants.
Dans ma limonade je lis l'avenir qui s'écueil sur les vagues de l'ennui. Je pense à cette nouveauté qui uni les genres et à toutes ses choses qui déambulent dans le lointain. Être floue, être l'accoutumance au choses qui font du bien. Je dessine mon histoire sur le seuil, les portes-fenêtres s'entrebâillent dans le vent. Cela fait tout doux dans le creux de mon cou.
Écrire ces marches funèbres qui soulèvent la terre de leurs oranges amères. Courage pour l'ange qui passe et trépasse dans la mouvance des ritournelles mélancoliques. S'adonner au souffle énervé des frasques déguisées. Libération subtile. Je chante au sommet des montagnes sacrés des âmes éternellement dénudées. Comme cela est étrange la monotonie, des jours effleurent avec sensualité mes chairs corsetées. L'horizon ce travers qui bouleverse l'univers.



-17 janvier 2006-



intimes aux regards bleutés de rimes, tu t'épanouis en moi, toi Écriture, au teint mat et froid. Je douleur d'être Moi et Toi ? Jongler avec les mots, cela fait tout doucereux dans le creux des ambitieux, c'est dur de vivre pour soi. Respirations, solitudes bienfaitrices dans le sillon des amours. To Nigth, demain le jour... coulures aux couleurs étrangement blafardes, je dessine au pastel le sourire de cette Mona Lisa qui picore mon c½ur. Ne pas s'enfermer, seulement s'ouvrir... Ne pas oublier les promesses qu'on s'est faites hier à soi-même, ne pas oublier à quel point tout ce que nous sommes est important pour notre Moi. Ne pas s'oublier.
Dans ma narcissique moiteur, je me regarde, nombriliste aux rires destructeurs. Trop s'aimer c'est aussi aimer son autre ? Dans le noir, les respirations s'entrecoupent de multitudes de caresses qui font danser l'esprit... C'est différent, difficile à entendre. Mes oreilles se bouchent d'amour. La jalousie ne vient pas faire de ce corps une douleur mais la culpabilité l'enivre...
S'écouter, se respecter en tant qu'Entité, en tant que respiration à part qui a vécu et vivra encore seule. Se libérer des poids d'ailleurs, se retourner sans contre c½ur. S'habituer à vivre à cent à l'heure et découvrir à quel point nous ne sommes que candeur. C'est agréable d'être un être de complaisance et non un déni du Rien.
Se culpabiliser de ne pas être assez là pour Lui cet ami qui compte tellement. Ne pas se détacher de quelque chose qui serait trop lourd à dessiner...
Je veux écrire les demains qui chanteront dans mon dedans moi. Je n'ai plus de mots, j'ai mal dedans mon ventre, laissez les chauves-souris dévisager mon âme. Je ne veux plus écrire, pardonnez-moi.




-18 janvier 2006-



Solitude acide n'existe plus, elle est morte, hier elle respirait encore... Larmes qui brûlent mes vues éphémères... Eau qui scintille dans l'obscurité blafarde. Sentiments qui s'emmêlent avec entrain dans mes veines, musique qui s'enroule avec lenteur dans mes conduits auditifs...
Ruelles qui se faufilent dans les méandres de mon cerveau, qui, ébullitions malsaines, dévorent mon ventre avec délectation.
Murs de briques, rouge sang qui s'écartent pour laisser émerger le plaisir qui s'enfuie dans les Tours de Cristal...
Lunettes qui dénoncent la vrai nature des choses, eau qui éclabousse de vie, eau bénite par mon âme, charnier aux pluie acides... Cadavres qui volent, guenilles qui soulèvent les c½urs, qui vomissent les notes du désespoir.
Maux morbides qui s'amoncèlent au bout de ce crayon qui noir, cauchemar, repeint de ce vermillon les papillons d'un jour...
Lèvres qui s'éreintent dans l'étreinte, sourires qui dévalisent les contours des deux Moi qui tournent dans un cercle de verre, aquarium qui prédit les avenirs médiocres que le Vent s'amuse à vouloir offrir...
J'ai envie de sauter dans le creux de tes vagues... De faire un avec le seuil de ton corps. Les guitares m'électrisent de bons retournement de situation.
Les rails s'emmurent dans l'abjection des retrouvailles, écueils meurtriers.



-25 janvier 2005-



Je, poison qui grandit en moi. Dans le Nous, les sentiments s'épouvantent de comprendre à quel point les compléments sont identitaires pour survivre dans cet univers hostile. Arrêter d'écrire, ma contre volonté que le temps presse de suppléer... Alors je relâche mon corps et fait de cette page blanche un retour en arrière en effaçant d'encre l'immaculée. Je, cadavre exquis dans ta bouche sanglante, tu, décolles mes vêtements de ma peau froissée et Nous, bouleverse avec violence les m½urs qui m'unie à moi-même... la justesse de ma vie est un mythe qui s'explose sur des murs de verre. On, indéfini infini qui s'étend sur les fils solides du Néant. Pique qui soulève tes mérites. Je... peinture que Pascal a massacré. Montaigne ne repose désormais plus en paix, que les encres se défassent, qu'elles laissent les autoportraits s'épanouir avec une floraison particulière, parfum délicat qui épouse les narines avec délice...
Hurlements de rage, les Je sont des âmes aux ombrages fragiles, qui s'offusquent et se flétrissent avec rapidité. Tel des mets périmés, les Je sont des nourritures amers qui déboussolent les esprits qui les consomment sans craintes. La pointe va vers le nord, partons, notre destiné nous attend là bas au loin, où s'en vont les ours et les oiseaux sauvages qui parsèment des nuées de cris. Sacrifices étranges les peuples s'alimentent de chemins rêvés pour palier leurs carences d'exister... Tu, manque au Je et tout deux s'entourloupent l'un pour l'autre, s'enroulant dans le navire silencieux de l'amour à deux. La beauté crève les yeux du monde, il pleure, demeure la créativité qui piétine les accents parallèles qui s'ouvrent avec absurdité sur les gouffres nuancés. Poésie qui s'éc½ure dans un champs de couleur, douleur au son étrange qui s'étrangle de pisser dans les herbes colorées. S'ébattant au vent, les Je souffrent, soufflent des obscénités mélancoliques dans les cavités dissimulés d'un univers créé dans l'immensité des jours... Fatigué, les Je s'évadent dans le vent, suivant les aspérités des herbes parties aujourd'hui en fumées... Je un de ces Je qui parcoure avec intensité les rugosités. La beauté a crevé mes yeux et je déambule, sournoise dans le remous des souvenirs palpés par des mains tortueuses. J'écris et me délivre des cauchemars qui autrefois on enchaîné nos ancêtres amenuisés dans leur capacité à encaisser des désastres miraculés.
Soupirs au fond des astres, je rêve à mes lecteurs qui inexistants...



-30 janvier 2006-

# Posté le dimanche 05 février 2006 18:18

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